Ghaza complètement paralysée

Publié le par Adriana Evangelizt




Renforcement du blocus israélien


Ghaza complètement paralysée


par Fares Chahine



La communauté internationale semble frappée de cécité. C’est un grand cri d’alarme que vient de lancer le sous-directeur de l’autorité de l’énergie palestinienne, en assurant que la seule station de production de courant électrique dans la bande de Ghaza risque de cesser de fonctionner dans les heures qui suivent si l’Etat hébreu refuse de livrer les quantités de carburant nécessaires à son fonctionnement.



Les stocks en carburant de la station sont presque vides. La bande de Ghaza qui vit au ralenti depuis presque une année à cause de l'embargo imposé par Israël risque d'être complètement paralysée. Les institutions sanitaires seront alors incapables de subvenir aux besoins des malades, surtout ceux hospitalisés dans des services où le courant électrique est nécessaire aux machines qui maintiennent des malades en vie, comme ceux des urgences, de réanimation, des blocs de chirurgie... La pénurie de certains médicaments utilisés à grande échelle par des patients atteints de maladie chronique pèse aussi de son poids sur le système de santé. D'un autre côté, sans courant électrique, les citoyens risquent de souffrir de soif, car les moteurs qui pompent l'eau potable à partir des puits fonctionnent aussi à l'électricité. Quant à l'eau utilisée dans l'agriculture, elle a besoin aussi de mazout, des produits qui ont disparu du marché depuis plus de 10 jours. Le litre de mazout qui coûte initialement un peu moins d'un euro se vend au marché noir à près de 5 euros. Mais, en revanche, avec l'arrêt des stations d'épuration, les eaux vont inonder les rues, ce qui ouvrira la porte aux épidémies en tout genre.

A cause de l'absence de carburant dans les stations d'essence depuis la décision prise par le ministre de la Guerre israélien, Ehoud Barak, plus de 90% du parc automobile à Ghaza n'est plus opérationnel. Dans cette situation où des centaines de voitures stationnent durant plus de 10 jours devant les stations d'essence fermées, on peut deviner la crise que vivent 1,5 million de Ghazaouis réellement pris en otages par Israël. Des ambulances forcées à l'arrêt, des médecins et des agents paramédicaux qui ne peuvent regagner leurs postes de travail à cause du manque de moyens de transport. D'un autre côté, le système éducatif n'est pas mieux loti. Des universités ont fermé les portes, des écoles qui ne fonctionnent que partiellement à cause de l'absence des instituteurs qui ne trouvent plus de moyens de locomotion, des enfants qui marchent de longues distances depuis que les bus scolaires ont arrêté de circuler. Des perturbations dans le domaine de l'agriculture se répercutent négativement sur la vie de l'ensemble des citoyens. Le prix de certains produits agricoles est parfois multiplié par 5 à cause de sa rareté sur le marché, soit par manque de moyens de transport pour le faire parvenir aux clients, soit que la production a été décimée par le manque d'eau d'irrigation. Des exemples similaires dans d'autres domaines de la vie économique sont très nombreux. Par le biais de sa machine médiatique, le mouvement islamiste Hamas, qui contrôle la bande de Ghaza depuis le mois de juin 2007, prépare l'opinion à une grande explosion au niveau de ce territoire meurtri. Plusieurs de ses hauts responsables ont menacé de faire sauter la frontière avec l'Egypte, à l'instar de ce qui s'est passé à la fin du mois de janvier 2008. Le voisin égyptien, qui a permis à l'époque le passage de centaines de milliers de Palestiniens vers son territoire, a menacé d'interdire par la force la répétition d'un tel scénario. Une coupure générale d'électricité pourrait constituer le détonateur de cette grande explosion dont ne cesse de parler le Hamas. Quelles que soient les justifications israéliennes, ce qui se passe à Ghaza devant une communauté internationale atteinte de cécité et de surdité ne constitue rien d'autre qu'une punition collective qui porte atteinte aux conventions de Genève régulant la relation entre l'occupant et l'occupé. Qu'attend le monde dit civilisé pour intervenir ? Voir des milliers de cadavres joncher les rues ? Ce jour-là, il sera trop tard, la communauté internationale sera coupable autant que l'assassin.

Sources El Watan

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

Publié dans LE MARTYRE DE GAZA

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