Etat des lieux le 22 février en Palestine et ailleurs

Publié le par Adriana Evangelizt

Mahmoud Abbas demande à Ismaïl Haniyeh de former le gouvernement

Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, a officiellement confié à Ismaïl Haniyeh, l’un des dirigeants du Hamas, la tâche de former le gouvernement, et celui-ci a laissé entendre qu’il acceptait.

Abbas a rencontré Haniyeh à Gaza et a remis à celui-ci une lettre d’accréditation. Haniyeh, qui a une réputation de pragmatique, a été tête de liste du Hamas aux législatives du 25 janvier, largement remportée par ce mouvement puisqu’il dispose désormais d’une majorité absolue au Conseil législatif palestinien.

Haniyeh, âgé de 43 ans, a cinq semaines pour mener à bien sa mission. Il a laissé entendre mardi 21 février au soir qu’il acceptait de former le prochain cabinet, disant qu’il avait déjà entamé des consultations en ce sens.

"Nous avons entamé des consultations avec les factions palestiniennes(...) et cherchons à conclure l’accord de coalition le plus large possible, afin d’obtenir la confiance du parlement", a dit Haniyeh après son entretien avec Abbas.

Au moment où Haniyeh rencontrait Abbas, Condoleezza Rice entamait par l’Egypte une tournée dans le monde arabe, dont Washington espère qu’elle contribuera à isoler le Hamas ainsi que l’Iran. Rice doit rencontrer mercredi 22 février le président égyptien, Hosni Moubarak.

Dans la lettre qu’il a remise à Haniyeh, Abbas, qui est membre du Fatah battu le 25 janvier, expose les grandes lignes de conduite d’un futur gouvernement dirigé par le Hamas, qu’il souhaite voir respecter les accords passés avec Israël depuis les années 1990, a déclaré un conseiller du président.

Les observateurs palestiniens de la scène politique prédisent une crise constitutionnelle si le Hamas continue de rejeter les objectifs de paix qu’Abbas veut voir poursuivis.

Avant ce premier tête-à-tête entre Abbas et Haniyeh, le chef du bureau politique du Hamas Khaled Méchaal, en visite à Téhéran, avait réaffirmé la position intransigeante du Hamas en assurant que "parler à Israël est une perte de temps tant qu’il n’envisage pas de se retirer de la Palestine".

Méchaal a ajouté que l’Iran serait amené à jouer un rôle de plus en plus important désormais dans les affaires palestiniennes : "Eu égard aux défis auxquels nous voici confrontés, le rôle de l’Iran dans l’avenir de la Palestine va prendre plus d’importance". "Si l’Occident ne fournit pas d’aide économique à la Palestine, elle pourra bénéficier du soutien des pays arabes et musulmans", a poursuivi Méchaal.

Le Hamas avait d’ores et déjà répliqué ces dernières semaines aux menaces des Etats-Unis et de l’Union européenne de couper leur aide à l’Autorité palestinienne en demandant à l’Iran et à d’autres partenaires de les remplacer en tant que fournisseur d’une assistance aux Palestiniens.

Les dirigeants du Hamas, dans l’optique de constituer une large coalition, ont déjà pris langue avec les autres mouvements palestiniens, dont le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), qui semble prêt à s’associer au pouvoir, et le Djihad, qui a décliné l’offre.

Selon le FPLP, le Hamas a promis de ne pas entraver la poursuite des opérations armées des groupes résistants et de libérer tous les militants actuellement dans les prisons palestiniennes.

Israël, qui se refuse à traiter avec le Hamas tant que celui-ci n’aura pas renoncé à la violence, a prévenu le mouvement qu’en pareille hypothèse il se sentirait en droit de remettre la main sur les militants libérés.

Le Hamas souhaiterait associer au pouvoir non seulement les autres groupes mais aussi le Fatah de Mahmoud Abbas.

Privée des revenus fiscaux perçus par Israël au nom de l’Autorité palestinienne, menacée d’une réduction drastique du milliard de dollars d’aide extérieure annuelle indispensable à son fonctionnement, l’administration du Hamas semble confrontée à un isolement international. Selon un parlementaire du mouvement, Ahmed Hadj Ali, le mouvement n’en sera que plus farouche. "Un chat se transforme en lion s’il est mis en cage. Nous ne nous soumettrons pas."

Jimmy Carter exhorte les Etats-Unis et Israël à ne pas sanctionner financièrement les Palestiniens

L’ancien président américain Jimmy Carter a exhorté lundi 20 février les gouvernements américain et israélien à permettre aux Palestiniens de former un gouvernement sans interférence financière, malgré les inquiétudes concernant le Hamas qui a remporté une majorité de sièges aux élections législatives.

"Pendant cette période de fluidité dans la formation du nouveau gouvernement, il est important qu’Israël et les Etats-Unis jouent des rôles positifs", écrit Jimmy Carter dans une tribune publiée lundi dans "The Washington Post".

"Toute collusion tacite ou officielle entre les deux puissances pour perturber le processus en punissant le peuple palestinien pourrait être contre-productive et avoir des conséquences dévastatrices", ajoute-t-il.

Villepin : "la France ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël"

Alors que le Hamas a entamé ses consultations en vue de la formation du gouvernement palestinien issu du scrutin du 25 janvier, Dominique de Villepin a répété lundi 20 février "avec force" que "la France ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël".

"Je veux le redire avec force : la France ne transigera jamais avec la sécurité d’Israël. La France sera toujours aux côtés d’Israël, pour réaffirmer notre refus absolu du terrorisme, du fanatisme, de la violence", a-t-il déclaré lors du dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France).

Le Premier ministre a rappelé que Paris a posé trois conditions, qui constituent "un préalable indispensable à un dialogue des autorités françaises avec le futur gouvernement palestinien" : "la renonciation à la violence", "la reconnaissance de l’Etat d’Israël" et "la reconnaissance des accords signés par le passé entre Israël et l’OLP".

Peu avant, le président du CRIF Roger Cukierman avait exprimé son "inquiétude" face à la victoire électorale du Hamas. "La France est aujourd’hui en position de jouer le rôle du médiateur qui inspire confiance à toutes les parties. Elle est en position d’être entendue", a-t-il plaidé.

Le Hamas vient chercher un soutien en Iran

Le chef politique du Hamas, Khaled Mechaal, se trouvait mardi 21 février à Téhéran où il a réclamé un soutien pour l’Autorité palestinienne, dont les finances sont menacées par la décision d’Israël de geler des transferts de fonds.

"Nous avons demandé le soutien et l’aide de la République islamique au peuple palestinien, comme nous l’avons fait dans nos voyages dans d’autres pays musulmans", a déclaré Khaled Mechaal, arrivé dimanche 19 février en Iran.

Ces dernières années, l’Iran a apporté une aide, officiellement uniquement morale, aux groupes islamistes palestiniens et en particulier au Hamas. La victoire du mouvement a été saluée par l’Iran, qui estime ainsi sa position renforcée sur la scène régionale.

M. Mechaal, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse commune avec le chef de la diplomatie iranienne Manouchehr Mottaki, a minimisé l’impact de la décision israélienne de geler des fonds dus à l’Autorité palestinienne, tout en la jugeant "injuste". "Nous aurons certains problèmes (...) mais nous pouvons les compenser avec le soutien du monde arabe et islamique", a déclaré M. Mechaal.

Le Guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, a proposé que tous les musulmans du monde apportent une aide financière annuelle aux Palestiniens, lors d’un entretien lundi 20 février avec Khaled Mechaal. "Il faut élaborer un plan pour que tous les musulmans puissent apporter (...) une aide annuelle financière aux Palestiniens", a dit M. Khamenei, cité par la télévision d’Etat.

Cette aide "créera un lien important entre les musulmans et la cause palestinienne et aura un impact important dans le monde", a ajouté le numéro un iranien. Pour sa part, le chef de la diplomatie iranienne a affirmé que Téhéran soutenait "une proposition du Premier ministre de Malaisie (Abdullah Ahmad Badawi) pour une décision de l’Organisation de la conférence islamique (réunissant les pays musulmans) afin d’aider le gouvernement et le peuple palestinien".

Le chef du bureau politique du Hamas a rejeté par ailleurs toute négociation avec les Israéliens en affirmant qu’elle représentait "une perte de temps" à ce stade. "La direction israélienne se cantonne dans des actes unilatéraux pour assurer les intérêts sécuritaires d’Israël, sans tenir compte des intérêts des Palestiniens. Par conséquent, négocier avec Israël sur cette base est une perte de temps", a dit M. Mechaal.

"Israël doit d’abord reconnaître nos droits et accepter de se retirer des territoires palestiniens et ensuite nous prendrons une décision sur des négociations", a-t-il ajouté. Lundi 19 février, le numéro un iranien avait soutenu la position du Hamas qui "refuse de reconnaître l’Etat d’Israël et de mener des discussions avec les Israéliens, exige le retour des réfugiés palestiniens et réclame que Jérusalem soit la capitale de la Palestine". L’ayatollah Khamenei avait ajouté que "le respect de ces lignes rouges était la seule voie pouvant mener à la victoire".

Le chef politique du Hamas se trouve à Téhéran dans le cadre d’une tournée de plusieurs pays de la région. L’Iran est l’un des plus fervents soutiens du Hamas, tout en affirmant que l’aide à ce mouvement est morale et pas financière.

Condoleezza Rice entame au Caire une tournée dans le monde arabe

Condoleezza Rice est arrivée en Egypte, première étape d’une tournée dans le monde arabe dont Washington espère qu’elle contribuera à isoler le Hamas, vainqueur des élections législatives palestiniennes, et l’Iran.

Rice devait s’entretenir dans la journée avec le Premier ministre égyptien Ahmed Nazif, son homologue Ahmed Aboul Gheit et le chef des services de renseignement égyptiens, Omar Souleiman, qui s’occupe des contacts avec le Hamas.

Elle sera reçue mercredi 22 février par le président Hosni Moubarak, avant de se rendre en Arabie saoudite puis de prendre part dans les Emirats arabes unis à un sommet du Conseil de coopération du Golfe où elle demandera aux pays arabes de retirer leur soutien financier à un gouvernement palestinien dirigé par le Hamas.

L’Egypte devait conseiller à Rice de donner davantage de temps au Hamas et de se garder de tout jugement hâtif sur la formation du gouvernement palestinien que dirigera le Hamas, a rapporté lundi 20 février l’agence officielle de presse Mena.

La semaine dernière, dans un entretien accordé à une chaîne de télévision israélienne, Hosni Moubarak avait estimé que priver l’Autorité autonome de l’assistance financière dont elle dépend serait une erreur parce que cela pousserait les Palestiniens vers "l’extrémisme".

Les discussions avec Condoleezza Rice, selon Mena, devraient également permettre à l’Egypte d’inviter les Etats-Unis et leurs partenaires du Quartet international (Russie, Nations unies et Union européenne) à une relance des négociations israélo-palestiniennes sur la base de leur "feuille de route" pour la paix.

Quant à la question du programme nucléaire, l’Egypte devrait réaffirmer sa position en faveur d’un Moyen-Orient débarrassé de toute arme de destruction massive, formule diplomatique incluant l’arsenal nucléaire israélien.

Maroc : la presse indépendante victime d’un "terrorisme judiciaire"

Le directeur du Journal Hebdomadaire, condamné en première instance à une lourde amende pour diffamation, a dénoncé mardi 21 février un "terrorisme judiciaire" contre la presse marocaine indépendante, lors d’une conférence de presse à Rabat.

Aboubakr Jamaï, directeur de la publication et Fahd Iraki, journaliste, ont été poursuivis en diffamation par un centre de recherche européen, et condamnés le 16 février à verser un montant global équivalent à 280.000 euros comme amendes et dommages et intérêts.

"Il y a un terrorisme judiciaire qui fait que n’importe qui peut vous torpiller", a déclaré Aboubakr Jamaï lors d’une conférence de presse tenue au siège du Syndicat national de la presse marocaine (SNPM).

"Nous allons interjeter appel", a-t-il ajouté, en affirmant toutefois "ne pas avoir un gramme de confiance dans la justice". "Il ne s’agissait nullement d’un procès équitable, mais d’un procès politique", a-t-il dit.

Le Journal Hebdomadaire avait mis en doute la probité d’une étude de l’ESISC (Centre européen de recherche, d’analyse et de conseil en matière stratégique (ESISC)", basé à Bruxelles, sur le Front Polisario - qui dispute au Maroc la souveraineté sur le Sahara occidental.

L’ESISC avait notamment affirmé dans son rapport, très critique, que les cadres du Polisario pourraient se tourner vers le terrorisme ou la criminalité internationale.

"Les mauvais arguments d’un rapport téléguidé par Rabat", avait notamment rétorqué Le Journal Hebdomadaire au contenu du rapport, assurant qu’il y avait des arguments plus puissants pour défendre la position marocaine sur le conflit du Sahara.

"Il ne faudrait pas que ce droit (de recourir à la justice contre la presse) se transforme en vengeance, en règlements de compte et en rétrécissement de la liberté de la presse", a déclaré le SNPM dans un communiqué distribué mardi aux journalistes.

Aboubakr Jamaï a également dénoncé l’organisation, le 14 février, d’une manifestation devant le siège de son journal au sujet des caricatures du prophète Mahomet. "Elle a été encadrée par des agents du ministère de l’Intérieur à Casablanca", a-t-il affirmé.

Le porte-parole du gouvernement, Nabil Benabdellah, avait affirmé que "le gouvernement n’a rien à voir avec tout cela".

Le Journal Hebdomadaire avait publié la photo d’un journal étranger reproduisant les caricatures de Mahomet, mais les avait barrées de noir, les rendant quasi-invisibles.

Liban : l’opposant Aoun opposé à des manifestations contre le président

Le dirigeant d’opposition Michel Aoun s’est dit opposé aux manifestations de rue pour faire tomber le chef de l’Etat Emile Lahoud, les assimilant à un "coup d’Etat" contre les institutions du pays et faisant assumer au gouvernement tout dérapage.

De son côté, l’influent patriarche maronite Nasrallah Sfeir a estimé que la présidence est "presque vide" en raison du boycottage national et international de M. Lahoud, mais réitéré son attachement à un départ de M. Lahoud par les moyens légaux.

"L’appel pour descendre dans la rue lancé par le gouvernement, les ministres et les partis au pouvoir est inacceptable. Cela représente un coup d’Etat contre les institutions constitutionnelles" libanaises, a affirmé M. Aoun, cité mardi 21 février par la presse libanaise.

Le gouvernement n’a pas appelé à faire tomber le chef de l’Etat mais la majorité parlementaire qui s’est déclarée déterminée à forcer M. Lahoud, homme lige de Damas, à démissionner avant le 14 mars par des moyens légaux et pacifiques, y compris des manifestations.

"Il ne revient pas au gouvernement de monter le peuple contre les institutions", a dit lé général Aoun qui considère que le gouvernement représente cette majorité parlementaire. "Nous ne pouvons accepter, en aucune manière, de sortir du cadre de ces institutions". Aoun, qui a récemment effectué un rapprochement avec le Hezbollah, a indiqué que de telles manifestations pouvaient se révéler "dangereuses".

Le gouvernement "portera la responsabilité d’éventuels troubles ou du sang versé", a-t-il insisté. Se montrant menaçant, il a ajouté : "Nous aussi nous pouvons mener des actions pour faire chuter le gouvernement". M. Aoun s’est interrogé sur les moyens sur lesquels se base la majorité parlementaire pour arriver à ses fins. "Vont-ils le faire par une action militaire ou quoi ?" a-t-il demandé, en mettant l’accent sur la nécessité d’"un dialogue au sein du Parlement".

"Seul le dialogue doit être utilisé pour les questions problématiques. Personne ne doit user de la force", a-t-il ajouté, indiquant que sa prise de position n’avait pas pour but de "défendre" M. Lahoud mais les institutions libanaises et la Constitution. "Il ne faut pas que M.Lahoud contiue son mandat mais il ne faut se comporter aussi d’une manière non étudiée. Il y a une constitution qu’il faut respecter", selon lui.

Dans une déclaration publiée par le journal As-Safir, le patriarche Sfeir a indiqué : "Le président doit superviser tout ce qui se passe dans le pays et gérer. S’il n’arrive plus à le faire son poste devient presque vacant. L’on voit que des forces internationales ne le reconnaissent plus et il est marginalisé". "La démission de Lahoud doit être traitée de manière légale. Que la population se rende au palais présidentiel pour dire au président qu’il faut partir, cela serait inacceptable. Il faut que l’on respecte la dignité du Président en tant que personnalité et institution présidentielle", a dit le patriarche. "Ils peuvent descendre dans la rue mais pas se rendre au palais".

Egypte : affrontements entre musulmans et chrétiens dans un village du sud du Caire

La police égyptienne a interpellé 15 personnes après des affrontements entre musulmans et chrétiens coptes dans un village du sud du Caire.

Selon un responsable de la police qui a requis l’anonymat, les policiers ont bouclé le village d’Ezzbat Wassif, mardi 21 février, et la police montée patrouillait dans les rues à la recherche de personnes impliquées dans ces heurts et pour restaurer le calme.

Les villageois se sont affrontés à coups de bâtons et de pierres, laissant au moins 11 blessés dont un grave. Les émeutiers ont également mis le feu à trois maisons.

Ces affrontements auraient éclaté quand les musulmans se sont opposés à la construction par les chrétiens d’un foyer communautaire dont ils affirmaient qu’il pourrait servir d’église. Selon la loi égyptienne, il faut l’agrément du gouvernement pour bâtir une église.

Les coptes constituent environ 10% des 72 millions d’Egyptiens. Ils vivent généralement en paix avec la majorité musulmane mais se plaignent de la discrimination dont ils estiment être l’objet sur le marché du travail, notamment dans la haute hiérarchie de la fonction publique.

( Avec les agences de presse )

Sources : ALOUFOK

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans palestine

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