La politique de l’archéologie à Jérusalem-Est

Publié le par Adriana Evangelizt

Cet article est le pendant à ce que nous disions ICI. Il faut savoir qu'en haut lieu Sionique, on s'intéresse beaucoup à l'Archéologie, notamment dans tous les pays entourant Israël et la Palestine. Ou même dans le monde. Pour diverses raisons. D'abord, ON cherche des preuves pour donner une crédibilité à l'Etat sioniste. Des preuves historiques. Dans l'immédiat, l'existence de David et de Salomon, par exemple, n'est nullement prouvée. On n'a même pas retrouvé un seul écrit. Lire aussi ICI. Il faut se méfier car leurs experts sont passés maîtres dans l'Art de la falsification. Il est facile de rajouter un graffiti sur une pierre où il est question d'Israël. L'inscription de Joas en est un exemple type. Les archéologues patentés et subventionnés par le Haut Sionistan ne sont pas à court d'idées. Ils existe des méthodes pour faire paraître vieux ce qui est neuf. La contrefaçon est coutûmière en Israël. Nous en avons déjà parlé ICI. Mais il ne peut pas en être autrement puisque les Sioniques ont créé cet Etat sur un Mensonge et une Imposture. Pour rameuter les juifs, ils leur ont fait croire des choses qui ne sont pas. Leur force c'est le Mensonge. De plus ils se servent du Religieux et des religieux nationalistes extrêmistes pour coloniser toujours davantage. Alors qu'eux ne sont pas du tout croyants. Et pour cause. Ils connaissent très bien la vérité sur les mensonges de la Torah qui passe sous silence le fait que Moïse et ses Lévites étaient Egyptiens. Même la circoncision vient d'Egypte. Demandez aux Sioniques pourquoi ils mettent des symboles Egyptiens, notamment des obélisques, sur leurs tombes. Parce qu'ils savent très bien qui était Moïse et son Vrai nom. Mais ils entretiennent une fausse croyance pour duper les juifs.


La politique de l'archéologie à Jérusalem-Est


Yigal Bronner & Neve Gordon, publié dans Counterpunch le 11 avril 2008


« L’archéologie est devenue une arme de dépossession », nous a dit Jonathan Mizrahi, un archéologue israélien, lors d’un récent entretien téléphonique. Il voulait parler de la manière dont l’archéologie est utilisée à Silwan, un quartier palestinien de la plus ancienne partie de Jérusalem où, croyons-nous, des fouilles archéologiques sont menées dans le cadre d’une campagne concertée visant à expulser des Palestiniens de leur demeure ancestrale.

Cet effort est orchestré par une organisation israélienne de colonisation appelée Elad (acronyme hébraïque de « Vers la Cité de David »). Cela fait des années qu’Elad recourt à toute une variété de procédés pour expulser les Palestiniens de Jérusalem-Est de leurs maisons et les remplacer par des colons juifs. Silwan est aujourd’hui parsemé d’une douzaine de semblables avant-postes. En outre, pratiquement tous les espaces verts de ce quartier densément peuplé ont été transformés en nouveaux sites archéologiques qui ont alors été clôturés et placés sous la surveillance de gardiens armés. Déjà, sur deux de ces nouveaux sites archéologiques, des maisons juives ont été bâties.

Bien que l’équilibre des forces soit clairement en faveur des colons, les habitants de Silwan ont lancé une campagne –« Citoyens pour Silwan »– afin d’arrêter les fouilles. Ils sont rejoints par un certain nombre d’intellectuels internationaux et par une poignée de professeurs d’universités israéliennes, qui essaient de les aider à rester dans leurs maisons. Parmi les personnes qui se sont engagées, on trouve David A. Bell, doyen de faculté et professeur en philo et lettres à l’Université Johns Hopkins ; Judith Butler, professeur de rhétorique et de littérature comparée à l’Université de Californie, à Berkeley ; Lorraine Daston, directrice de l’Institut Max Planck pour l’histoire des sciences, à Berlin ; Natalie Zemon Davis, professeur d’histoire émérite à l’Université de Princeton ; Rashid Khalidi, professeur d’études arabes à l’Université Columbia ; Thomas W. Laqueur, professeur d’histoire à l’Université de Californie, à Berkeley ; Sheldon Pollock, professeur de sanskrit et d’études indiennes à l’Université Columbia ; Marshall Sahlins, professeur émérite d’anthropologie et en sciences sociales de l’Université de Chicago ; et Robert A. Schneider, professeur d’histoire à l’Université de l’Indiana, à Bloomington, et éditeur de « The American Historical Review ». Comme signataires israéliens, nous avons rejoint David Shulman, professeur d’études de l’Asie du Sud, et Yaron Ezrahi, professeur de sciences politiques, tous deux à l’Université Hébraïque de Jérusalem. Sont notoirement absents de cette liste d’éminents archéologues israéliens, dont beaucoup dépendent des fonds octroyés par l’Autorité Israélienne des Antiquités.

Silwan est à un jet de pierre du Mont du Temple et de la mosquée Al Aqsa – parmi les lieux les plus saints et les plus sensibles du Proche-Orient. Bien que la mission de l’archéologie soit d’étudier l’histoire des peuples par des fouilles et par l’analyse de leur culture matérielle, inscriptions et autres vestiges, elle a souvent été mise au service du nationalisme. En Israël, par exemple, elle a typiquement été utilisée pour faire ressortir le passé juif et biblique de cette terre, afin de distinguer le sionisme d’entreprises coloniales plus traditionnelles. Après tout, le sionisme s’est toujours dépeint lui-même comme un retour à la patrie juive originelle et non pas comme une conquête de terres étrangères.

D’après l’Ancien Testament, le roi David aurait établi Jérusalem comme sa capitale, mais plus tard, les Juifs ont été envahis et expulsés. Israël a occupé Jérusalem-Est au cours de la guerre des Six Jours, il y a quatre décennies, et depuis lors, des archéologues israéliens ont tenté (sans succès) de produire la preuve de la présence de David dans cette zone. Il leur est même arrivé de s’abstenir de documenter la longue présence musulmane qui constitue l’héritage culturel des habitants palestiniens. Et en tout cas, le fait que pas une seule construction musulmane n’a été préservée dans l’ensemble du parc national qui a été établi à Silwan constitue une indication claire de cette stratégie d’effacement. En se concentrant presque entièrement sur l’exhumation de vestiges du royaume de Judée tout en ignorant les 3000 ans qui ont suivi, ces archéologues ont violé plusieurs règles éthiques stipulées par le Congrès Mondial d’Archéologie. Celles-ci comprennent la reconnaissance de « l’héritage culturel indigène, y compris les sites, lieux, objets, restes humains » ainsi que l’établissement de « partenariats et relations équitables » entre archéologues et populations indigènes dont l’héritage culturel fait l’objet des recherches.

En 1998, Elad a reçu un fameux coup de pouce lorsque l’Autorité Israélienne de Protection de la Nature et des Parcs Nationaux et la municipalité de Jérusalem ont embauché l’organisation colonisatrice comme sous-traitant pour s’occuper de « La Cité de David », le parc national situé à Silwan. Par la suite, Elad, qui a reçu des subsides gouvernementaux et l’autorisation d’entreprendre des fouilles archéologiques dans le secteur, a délégué ce travail à une agence de l’Etat, l’Autorité Israélienne des Antiquités.

Doté de pouvoirs par différentes instances du gouvernement israélien, Elad a accéléré ses efforts visant à judéiser Jérusalem-Est. Le groupe a exercé une pression efficace sur la municipalité pour que celle-ci lance des ordres de démolition à l’encontre de 88 maisons palestiniennes de manière à pouvoir construire un parc archéologique dans le quartier – projet temporairement suspendu à cause de la pression internationale.

Plus récemment, l’Autorité Israélienne des Antiquités a commencé à creuser sous les maisons de plusieurs habitants de Silwan sans les en informer. Craignant que les fondations de leurs maisons ne soient minées, les habitants ont déposé une requête auprès de la Cour Suprême israélienne. Le soir même du jour où ils ont déposé cette requête, leurs maisons faisaient l’objet d’une descente de police et cinq personnes ont été arrêtées.

Bien que la Cour suprême ait ensuite rendu une injonction à l’encontre de l’Autorité des Antiquités, mettant une pause aux fouilles archéologiques les plus récentes, la Cour pourrait, après audition, trancher en faveur d’Elad. Après tout, dans le passé, la Cour suprême a hésité à agir contre Elad, en refusant, par exemple, d’évincer l’organisation colonisatrice du parc national, même après qu’il eût été prouvé que les protocoles légaux de base n’avaient pas été suivis lorsque l’Etat avait autorisé l’organisation à gérer le parc.

Ces intellectuels qui sont venus en aide à Silwan se rendent compte que les Palestiniens de l’endroit sont devenus un symbole de la lutte pour Jérusalem : une lutte qui pourrait facilement exploser non pas juste en un nouveau cycle de violence israélo-palestinienne, mais, du fait de la proximité du quartier avec le Mont du Temple et la mosquée Al Aqsa, en une conflagration susceptible d’embraser tout le Proche-Orient.

David Shulman, qui a organisé la campagne, a adressé une protestation à Benjamin Kedar, professeur d’histoire à l’Université Hébraïque de Jérusalem et président du conseil d’administration de l’Autorité Israélienne des Antiquités, ainsi qu’à Shuka Dorfman, directeur général de l’Autorité Israélienne des Antiquités, et à la Ministre des Affaires étrangères, Tzipi Livni. La campagne demande aux autorités israéliennes d’arrêter les activités d’Elad et de dépouiller l’organisation colonisatrice extrémiste du droit de pouvoir mener quelque fouille archéologique que ce soit à l’avenir. Il revient maintenant à d’autres savants de par le monde de se joindre à leur appel.

Yigal Bronner enseigne au département des langues et des civilisations d’Asie du Sud à l’Université de Chicago.

Neve Gordon enseigne les sciences politiques à l’Université Ben Gourion du Néguev (Israël). Son livre « Israel’s occupation » sera publié en novembre aux presses de l’Université de Californie. Il peut être contacté à l’adresse
nevegordon@gmail.com

www.counterpunch.org/bronner0411200...

traduction Michel Ghys

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans JERUSALEM

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