Le Sionisme

Publié le par Adriana Evangelizt




 
Le Sionisme

"Ce n’est plus mon pays"

Pour moi, cette entreprise qui s’appelle l’Etat d’Israël est terminée… Je ne supporte plus de voir tout cela, l’injustice faite aux Arabes et aux bédouins. Toutes sortes de racailles venant d’Amérique et qui, dès leur descente d’avion, accaparent des terres dans les territoires et les revendiquent comme étant à eux… Je ne puis rien faire pour changer cela. Je ne peux que partir et laisser cette bande d’ordures aller en enfer sans moi. L’actrice israélienne, de son vrai nom, Rivka Mitchell, citée dans le périodique israélien du mouvement pour la paix, "The Other Israel", août 1998.

Les effets du sionisme sur les Juifs américains

Le détournement du judaïsme, en tant que religion basée sur des valeurs universelles, à travers sa politisation par le sionisme et la substitution de son dévouement à Dieu et à la loi morale par la consécration d’Israël, est la raison qui l’a écarté d’un si grand nombre de jeunes Américains qui, cherchant à donner un sens spirituel à leurs vies, ne trouvèrent pas grand chose dans la communauté juive. Allan Brownfield, "Issues of the American Council for Judaism", Printemps 1997.

Le sionisme et l’holocauste

Les décisions des Nations-Unies de créer une partition de la Palestine et d’accorder ensuite l’admission en son sein à l’Etat d’Israël furent, entre autres, une réponse émotionnelle aux horreurs de l’holocauste. Dans des circonstances normales, la juste revendication, exprimée par la majorité arabe, d’accéder à la souveraineté aurait prévalu. Cette réaction de culpabilité de la part des alliés occidentaux était compréhensible, mais cela n’était pas une raison pour que les Palestiniens payent pour des crimes commis par d’autres – un exemple classique que deux erreurs additionnées qui ne se transforment pas en une juste cause. L’holocauste est bien souvent utilisé comme argument en faveur du sionisme, mais cette connexion est-elle justifiée ? Il y a différents aspects qui doivent être considérés pour répondre honnêtement à cette question. Tout d’abord, nous examinerons les archives pour savoir en quoi le mouvement sioniste a aidé la communauté juive européenne contre les nazis.

Quand Shamir proposa une alliance aux Nazis

Dès 1941, le groupe sioniste LEHI, dont un des leaders, Yitzhak Shamir, devint Premier ministre d’Israël, approcha les nazis en utilisant le nom de son organisation mère, l’Irgoun [NMO]… [Voici sa proposition] : ‘l’installation de l’Etat hébreu historique, basée sur le nationalisme et le totalitarisme et liée à un traité avec le Reich allemand, serait dans l’intérêt du renforcement du futur rapport de force allemand au Proche-Orient… Le NMO en Palestine propose de prendre une part active dans la guerre aux côtés de l’Allemagne’… Les nazis rejetèrent la proposition parce que, selon ce qui a été établi, ils considérèrent la puissance militaire du LEHI[11] comme quantité ‘négligeable.’ Allan Brownfield dans "The Washington Report on Middle Eastern Affairs", juillet/août 1998.

Le but principal du sionisme n’était-il pas de sauver les Juifs de l’holocauste ?

En 1938, une trente et unième conférence sur la réinsertion des victimes du nazisme eut lieu à Evian. L’Organisation Sioniste Mondiale refusa d’y participer, craignant que la réinsertion de Juifs dans d’autres Etats réduise le nombre de candidats disponibles pour immigrer en Palestine. John Quigley, "Palestine and Israel: A Challenge to Justice."

Il a été résumé, lors du meeting [de l’exécutif de l’Agence Juive, le 26 juin 1938] que la meilleure attitude sioniste consiste ‘à déprécier autant que faire se peut la Conférence [d’Evian] pour l’amener à ne rien décider… Notre principale inquiétude est qu’elle pourrait conduire des organisations juives à collecter d’importantes sommes d’argent pour venir en aide aux réfugiés juifs, et ces collectes pourraient interférer avec nos propres collectes’…

Voici la déclaration que Ben Gourion a faite lors de ce meeting : ‘aucune justification ne peut transformer la conférence pour la faire passer de dangereuse à utile. Ce qu’il est possible et doit être fait, c'est de réduire les dégâts au minimum.’ Boas Evron, auteur israélien "Jewish State or Israeli Nation ?"

[Ben Gourion a déclaré] 'Si j’avais le choix entre sauver tous les enfants d’Allemagne en les transportant en Angleterre et en sauver seulement la moitié en [les transportant en] Palestine, je choisirais la seconde possibilité – parce que nous ne devons pas seulement faire face à la reconnaissance de ces enfants, mais nous nous retrouvons face à la reconnaissance historique du peuple juif.’ A la suite des pogromes de
Kristallnacht[12], Ben Gourion observa que ‘la conscience humaine’ peut conduire divers pays à ouvrir leurs portes aux réfugiés juifs d’Allemagne. Il considérait cette éventualité comme une menace et mit en garde : ‘Le sionisme est en danger.’ Tom Segev, historien israélien, "The Seventh Million.

Même son sympathique biographe admet que Ben Gourion n’a rien fait de concret pour [leur] porter secours, consacrant toutes ses énergies aux perspectives d’après guerre. Il délégua les opérations de sauvetage à Yitzhak Gruenbaum, qui [déclara]… ‘Ils diront que je suis antisémite, que je ne veux pas mettre fin à l’Exil, que je n’ai pas un
varm yiddish hartz[13]… Laissons-les dire ce qu’ils veulent. Je ne demanderai pas à l’agence juive d’allouer une somme de 300.000 ou de 100.000 livres sterling pour aider la communauté juive européenne. Et je pense que celui qui fait une telle demande commet un acte anti-sioniste.’

En Amérique, les sionistes… adoptèrent la même position. En mai 1943, lors d’un meeting de l’American Emergency Committee for Zionist Affairs
[14], Nahum Goldmann argua, ‘Si une brèche est ouverte contre le Livre Blanc [la politique britannique de restreindre strictement le nombre d’immigrants juifs en Palestine], les manifestations de masse protestant contre le meurtre de la communauté juive européenne devront s’arrêter. Nous ne disposons pas d’une force suffisante pour les deux campagnes.’ Peter Novick, "The Holocaust in American Life."

Le mouvement sioniste… empiéta sur d’autres organisations, juives et non-juives, et leur fit obstacle à chaque fois qu’il pensait que leurs activités, politiques ou humanitaires, différaient des objectifs sionistes ou qu’elles entraient en compétition avec eux, même lorsqu’elles auraient pu s’avérer utiles pour les Juifs, et même lorsqu’il s’agissait de vie ou de mort… Beit Zvi
[15] prouve par des documents que les dirigeants sionistes ne s’intéressaient pas à sauver les Juifs de la menace nazie sauf dans les cas où les Juifs pouvaient être emmenés en Palestine… [par exemple] la proposition du dictateur de la République Dominicaine, Raphaël Trujillo, d’intégrer cent mille réfugiés, et le sabotage par le mouvement sioniste de cette idée – comme d’autres, telles que les propositions d’établir des Juifs en Alaska et aux Philippines…

La stupidité du mouvement sioniste envers le sort de la communauté juive européenne ne l’empêcha pas, bien sûr, d’accuser plus tard le monde entier d’indifférence vis-à-vis de la catastrophe juive et d’avoir des exigences insistantes, matérielles, politiques ou morales sur le monde entier à cause de cette indifférence. Boas Evron, auteur israélien, "Jewish State or Israeli Nation ?"

J’ai déjà expliqué en détail le motif de notre présence ici, raisons, que je peux affirmer en tant que pionnier de 1906, qui n’ont rien à voir avec les Nazis ! … Nous sommes ici car cette terre est la nôtre. Et nous sommes ici parce que nous l’avons faite nôtre une nouvelle fois grâce au travail que nous y avons consacré. Le nazisme et notre passé de martyre à l’étranger n’ont pas de lien direct avec notre présence en Israël. David Ben Gourion, "Mémoires."

Rétrospectivement, il est facile de dire que les millions de Juifs qui furent assassinés pendant l’Holocauste auraient pu être sauvés si la Palestine avait été une destination permettant une immigration illimitée. Toutefois, l’histoire de cette période n’est pas simple. Premièrement, il faut garder en mémoire que d’autres plans réalistes d’intégration furent proposés, mais rejetés activement par le mouvement sioniste. Deuxièmement, en Europe, la grande majorité des Juifs n’étaient pas sionistes et n’essayèrent pas d’émigrer en Palestine avant 1939. Troisièmement, une fois la guerre commencée, les Nazis occupèrent divers pays et refusèrent de laisser partir les Juifs, rendant l’émigration virtuellement impossible. Et la Palestine, ainsi que nous l’avons démontré, était déjà occupée ; les Arabes natifs avaient des raisons autrement plus valables que d’autres pays pour limiter l’immigration juive. Lisez donc ceci :

L’émigration vers la Palestine avant la deuxième guerre mondiale

En 1936, la Ligue Sociale Démocratique (Social Democratic Bund) remporta une large victoire dans les élections de la kehilla[16]juive en Pologne… Ses caractéristiques principales comprenaient ‘une hostilité inflexible au sionisme’ et à l’entreprise sioniste de l’émigration juive de la Pologne vers la Palestine. La Ligue souhaitait que les Juifs polonais combattent l’antisémitisme en Pologne en y restant… Les principaux partis et mouvements de la communauté juive polonaise d’avant 1939 s’opposaient aussi, par principe, à l’objectif sioniste… "Partout ailleurs en Europe de l’Est… les sionistes étaient encore plus faibles."Prof. William Rubinstein, "The Myth of Rescue."

En fait, le sionisme à subi sa propre défaite par l’Holocauste ; en tant que mouvement, il a échoué. Après tout, il n’avait pas réussi à persuader la majorité des Juifs de quitter l’Europe pour la Palestine alors qu’il en était encore temps. Tom Segev, historien juif, "The seventh Million."

L’émigration pendant la deuxième guerre mondiale

[Avec le commencement de la guerre, le Nazi] instaura dans tous les pays sous son contrôle direct l’interdiction d’émigrer : après 1940-1 il était en effet impossible pour les Juifs d’émigrer légalement de l’Europe occupée par les Nazis vers des lieux de sécurité… Les portes… étaient solidement fermées : par les Nazis, faut-il le souligner. Prof William D. Rubinstein, "The Myth of Rescue."

La Palestine n’était pas non plus un havre de sécurité évident

En septembre 1940, les Italiens, en guerre contre l’Angleterre, bombardèrent le centre-ville de Tel-Aviv, causant une centaine de victimes… Alors que l’armée allemande avait envahi l’Europe et l’Afrique du Nord, il semblait possible qu’elle conquît aussi la Palestine. Pendant l’été 1940, le printemps 1941, et aussi l’automne 1942, le danger semblait imminent. Les yishuv paniquèrent… De nombreuses personnes tentèrent de trouver un moyen de quitter le pays mais ce ne fut pas simple… Quelques-uns… ne prirent pas de risques ; ils avaient sur eux des capsules de cyanure. Tom Segev, historien israélien, "The Seventh Million."

De toute façon, la Grande-Bretagne ne pouvait pas donner la Palestine ; elle était déjà occupée.

Nous arrivâmes dans ce pays qui était déjà peuplé par des Arabes, et nous étions en train d’y établir un Etat hébreu, c’est à dire juif… Des villages juifs furent bâtis en lieu et place des villages arabes… Il n’y avait pas une seule communauté dans le pays qui n’avait pas une population arabe antérieure. Moshé Dayan, dirigeant israélien, cité dans "Original Sins" de Benjamin Neit-Hallahmi.

On peut admettre l’argument selon lequel une minorité persécutée a le droit de trouver refuge dans un autre pays qui peut l’accueillir ; c’est plus difficile, cependant, d’admettre l’idée qu’une minorité pacifique ait le droit de supplanter politiquement et peut-être physiquement la population autochtone d’un autre pays. Pourtant… ce fut la véritable intention du mouvement sioniste. Norman Finkelstein, "Image and Reality of the Israel-Palestine conflict."

L’utilisation de l’Holocauste à des fins politiques

[En 1947] les Nations Unies nommèrent un organisme spécial, the United Nations Special Committee On Palestine [UNSCOP], pour prendre les décisions concernant la Palestine, et l’O.N.U. avait demandé aux membres de l’UNSCOP de visiter les camps constitués par les survivants de l’Holocauste. Nombre de ces survivants voulaient émigrer aux Etats-Unis, un vœu qui sapait la revendication sioniste affirmant que le sort de la communauté juive européenne était lié à celui de la communauté juive en Palestine. Lorsque les représentants de l’UNSCOP arrivèrent dans ces camps, ils n’étaient pas conscients que des manipulations en coulisse limitaient leurs contacts aux seuls survivants qui avaient souhaité émigrer en Palestine. Ilan Pappé, historien israélien, dans "The Link," janvier-mars 1998.

A l’intérieur des camps de DP [Displaced Persons, personnes déplacées], des émissaires du Yishuv organisaient l’activité de rencontre des survivants – fait décisif, les témoignages que les DP rapportaient au Comité d’Enquête Anglo-Américain et à l’UNSCOP à propos de l’endroit où ils souhaitaient aller…

Les envoyés de l’Agence Juive rapportèrent à leur siège qu’ils avaient réussi à éviter l’audition de témoins ‘indésirables’. L’un d’eux écrivit à sa petite amie de Palestine qu’ils ‘devaient constamment changer le style et leur écriture afin de leur faire croire que les questionnaires étaient remplis par les réfugiés.’ Peter Novick, "The Holocaust in American Life."

Le conseiller de Roosevelt explique pourquoi les Etats-Unis n’offrirent pas le droit d’asile aux réfugiés juifs après la deuxième guerre mondiale

Et si le Canada, l’Australie, l’Amérique du sud, l’Angleterre et les Etats-Unis avaient tous été d’accord pour ouvrir une porte à une certaine immigration ? Encore aujourd’hui [écrit en 1947] mon jugement est que, et je suis allé en Allemagne depuis la fin de la guerre, seule une minorité de DP choisirait la Palestine…

[Roosevelt] proposa un budget mondial pour faciliter l’émigration de 500.000 européens battus. Chaque nation devait ouvrir ses portes à des milliers de réfugiés… Pendant la guerre, il me suggéra qu’à l’occasion des voyages que j’effectuais pour son compte en Angleterre je sonde d’une manière générale et non-officielle les leaders de l’opinion publique britannique, à l’intérieur et à l’extérieur du gouvernement… L’unique réponse : La Grande-Bretagne s’alignera sur les Etats-Unis, homme pour homme, pour les admissions en provenance d’Europe… Cela semblait réglé. Considérant que le reste du monde serait prêt à donner l’asile à 200.000 personnes, il y avait une raison solide pour faire pression sur le Congrès d’accepter au moins 150.000 immigrants après la guerre…

Cela nous libérerait de l’hypocrisie consistant à fermer nos propres portes alors que nous formulons des exigences supérieures auprès des Arabes… Mais ça n’a pas marché… Il est possible que le manquement des principales organisations juives à supporter avec zèle ce programme d’immigration ait amené le Président à ne pas y donner suite à ce moment-là…

J’ai parlé à de nombreuses personnes militant dans des organisations juives. Je leur ai soumis ce plan… et j’ai été surpris et je me suis même senti insulté lorsque des dirigeants juifs de ces organisations militantes me décrièrent, me méprisèrent, et enfin m’attaquèrent comme si j’étais un traître… Je crois connaître la raison de leur opposition. Il y a un intérêt personnel, profond, réel, souvent fanatique et émotionnel, à mettre en valeur le mouvement [sioniste] palestinien. Des hommes tels que Ben Hecht ne se sentent pas très concernés par le sang humain tant qu’il ne s’agit pas du leur. Morris Ernst, avocat juif et ami du Président Roosevelt, "So Far, So Good."

Victimologie

Les Juifs, partisans de jouer la carte ‘victimes’ ont non seulement conscience de son efficacité sociale mais aussi de son utilité comme moyen pour renforcer la solidarité juive et, par voie de conséquence, sa survivance. Si nous sommes haïs par tous et sommes condamnés à l’être jusqu’à la fin des temps, alors nous ferions mieux de nous serrer les coudes et d’en tirer le meilleur parti possible… Personnellement, je n’ai jamais trouvé que cette vision des Gentils haïssant éternellement [les Juifs] ait une quelconque ressemblance avec la réalité. Cela ressemble à un pur et simple mythe, et même, particulièrement hideux.

S’agit-il d’un bon moyen de contrôle social ? Peut-être. Mais à quel prix ? En asséchant la foi et en vidant l’histoire, aussi bien celle des Juifs que celle des Gentils, de tout son contenu sauf de leur antagonisme ? Procéder ainsi, c’est se vautrer dans des images diaboliques et établir comme postulat que le Juif, toujours moralement supérieur, est la victime du ‘goy’, toujours moralement inférieur. J’ai passé la plus grande partie de ma vie d’adulte parmi des Juifs hassidiques, dont la plupart étaient des survivants de l’Holocauste, et je n’ai pratiquement jamais entendu ce rabâchage incessant sur la victimologie et sur notre besoin de l’immortaliser pour toujours… [La victimologie] permet aux Juifs de contourner leur propre foi et substitue à sa place l’allégeance Holocauste/Israël.
Rabbi Mayer Schiller, cité dans "Issues of the American Council for Judaism," Eté 1998.

[11] [NdT] Acronyme pour Lohamei Herut Yisrael (combattants pour la liberté d'Israël.) Le LEHI était une organisation clandestine qui opéra entre 1940 et 1948. Branche dissidente d'Etzel (organisation militaire nationale, elle-même dissidente du Haganah - branche militaire clandestine du Yishuv), et composée essentiellement d'un groupe conduit par Avraham Stern, elle avait trois points de désaccord avec l'Irgoun : (a) le groupe réclamait que la lutte armée contre le gouvernement britannique se poursuive sans tenir compte de la guerre contre l'Allemagne nazie ; (b) son opposition à l'enrôlement dans l'armée britannique ; et (c) sa volonté de collaborer, comme mesure tactique, avec tous ceux qui soutenaient la lutte contre les Britanniques en Palestine. Les objectifs du LEHI étaient maximalistes : la conquête et la libération d'Eretz Yisrael ; la guerre contre l'Empire britannique ; le retrait total de la Grande-Bretagne de Palestine ; et l'établissement d'un "royaume hébreu, allant de l'Euphrate jusqu'au Nil."

Les institutions du Yishuv condamnèrent le LEHI et la police britannique recherchèrent ses membres (guère plus de quelques centaines) sans relâche. Le 12 février 1942, Avraham Stern fut capturé à Tel-Aviv et assassiné par des policiers britanniques. Une nouvelle structure de commandement prit la suite et les combattants restants continuèrent leur guerre en poursuivant leurs actes de terrorisme, dont l'assassinat de Lord Moyne (Ministre britannique en charge du Moyen-Orient au Caire) le 6 novembre 1944. Les coupables furent arrêtés et pendus en mars 1945.

Le LEHI rejoignit, en même temps que le Haganah et Etzel, le Mouvement de Résistance Hébreux qui fut créé en novembre 1945. La plus grande opération qu'il mena pour le compte de ce mouvement fut l'attentat à la bombe des ateliers du chemin de fer d'Haïfa en juin 1946, dans lequel 11 membres du LEHI trouvèrent la mort. Mais le Mouvement de Résistance Hébreux se disloqua à la suite à l'attentat de l'Hôtel King David (QG des forces et de la police britanniques) à Jérusalem en juillet 1946, et le LEHI retourna à ses activités de harassement et de guerre d'usure. En 1947, le LEHI décida de concentrer ses activités sur Jérusalem afin d'en empêcher l'internationalisation, ainsi que l'application du plan de partition.

Lorsque l'IDF fut créée le 31 mai 1948, le LEHI fut dissout et ses membres intégrés dans la nouvelle armée d'Etat. Il n'y eut qu'a Jérusalem où le LEHI resta une organisation indépendante, arguant que le sort de Jérusalem n'était pas encore déterminé. Le 17 septembre 1948, le Comte suédois Folke Bernadotte, médiateur de l'O.N.U., y fut assassiné et l'on suspecta les membres du LEHI. Le nouveau gouvernement israélien déclara alors illégale cette branche de l'organisation à Jérusalem, et deux de ses dirigeants furent condamnés à de lourdes peines de prison par un tribunal militaire, mais ils furent relâchés à l'occasion d'une amnistie générale.

Source : Ministère des Affaires Etrangères Israélien

[12] [NdT] Le 9 novembre 1938, les sections d'assaut nazies (SA), les SS et les Jeunesses hitlériennes s'en prirent aux synagogues et aux locaux des organisations israélites, ainsi qu'aux magasins et aux biens des particuliers. Près d'une centaine de personnes furent tuées à l'occasion de ce gigantesque pogrome, une centaine de synagogues furent brûlées et 7500 magasins pillés. Avec un certain cynisme, les Nazis ont donné à ces premières violences antisémites planifiées en Allemagne le nom poétique de «Nuit de Cristal», en référence aux vitrines et à la vaisselle brisées cette nuit-là.

[13] [NdT] Yiddish signifiant ‘un grand cœur juif.'

[14] [NdT] Comité d'Urgence Américain aux Affaires Sionistes.

[15] [NdT] Historien israélien spécialisé dans les recherches sur l'Holocauste.

[16] Communauté, en hébreu.

 

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Posté par Adriana Evangelizt

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