Tsahal n'est plus une "vache sacrée"

Publié le par Adriana Evangelizt

Tsahal n'est plus une "vache sacrée"

par Philippe Gélie

C'est le genre de fait divers qui plonge tout Israël dans la consternation. Vingt-quatre soldats de l'unité d'élite Golani viennent d'être condamnés aux arrêts ou à la prison pour mutinerie. Les faits se sont déroulés lors d'un entraînement nocturne sur le plateau du Golan, face à la Syrie. Les conscrits achevaient un cycle de trois mois au Sud-Liban, dans la « zone de sécurité » occupée par Tsahal depuis 1985. Sur ce front très actif, le face-à-face avec la guérilla chiite du Hezbollah est réservé aux éléments les plus aguerris et les plus motivés.

Mais, le 29 novembre au soir, les mutins ont soudain arrêté leur exercice. Déférés illico en cour martiale, les rebelles ont été condamnés à des peines allant de vingt-huit jours d'arrêt à soixante-dix jours de prison. Maigre consolation : leurs griefs feront l'objet d'une enquête. À Tsahal, on ne plaisante pas avec la discipline, mais on sait ce que valent des combattants d'élite. Or ces Golani accusent un de leurs officiers de s'être endormi pendant une embuscade, un autre d'avoir commis une erreur de navigation qui a failli leur coûter la vie. Dans un pays où chaque génération a connu la guerre, où l'armée constitue le creuset de l'identité nationale et où les trois ans de service militaire obligatoire comptent autant pour une carrière que l'université, l'opinion ne sait qui blâmer le plus.

Le phénomène risque de se répéter. En 1998, 6 549 plaintes ont été adressées au médiateur de Tsahal : 80 % émanaient d'hommes du rang, le reste provenait des parents. Selon le Pr Reuven Gal, directeur de l'Institut Carmel d'études militaires, le taux de « volontaires » au service national est passé de 75 % il y a vingt ans, à 30 % ou 40 % aujourd'hui. Si les objecteurs de conscience restent peu nombreux, un « mouvement féministe pour la démilitarisation de la société israélienne » commence à faire parler de lui. On a vu cette année des pilotes de chasse - élite de l'élite - observer une grève au sol pour une question d'assurance. « Tsahal n'est plus une vache sacrée », constate le Jerusalem Post. Le Pr Gal résume ainsi la nouvelle donne : « L'accomplissement personnel a pris le pas sur le service du pays. »

Sources : JEUNE AFRIQUE

Posté par Adriana Evangelizt

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