Obama, Israël et la Palestine

Publié le par Adriana Evangelizt



Obama, Israël et la Palestine



Par Khaled Amayreh > amayreh@p-ol.com


Barack Obama a finalement entrepris son pèlerinage attendu depuis longtemps en Israël, un rite de passage que tout candidat américain, et pas seulement le candidat à la présidence, ne peut se permettre de manquer ou d'ignorer.

Là-bas, (ou plutôt ici), Obama a prononcé tous les mots politiquement corrects que les dirigeants israéliens, et en particulier les pro-israéliens purs et durs au pays, voulaient entendre.

Il a qualifié la création d'Israël en Palestine en 1948 de "miracle", ignorant complètement le presque effacement de la Palestine et l'expulsion vers les quatre coins du monde d'un grand nombre de ses habitants indigènes, chrétiens et musulmans.

Le prétendant à la présidence a dit au Premier Ministre israélien Ehud Olmert : "Je dois vous exprimer mon soutien fervent à Israël".

A Sderot, au sud d'Israël, on a cité Obama comme ayant dit : "Si quelqu'un envoyait des roquettes sur ma maison, où dorment mes deux filles la nuit, je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour y mettre fin, et j'attends des Israéliens qu'ils fassent de même."

Il n'a évidemment absolument rien mentionné de la campagne israélienne de meurtre et de terreur contre Gaza, en particulier le blocus draconien d'un an maintenant contre les 1,5 million d'habitants de l'enclave côtière, qui a tué et blessé des milliers d'hommes, de femmes et d'enfants innocents, dont le seul "crime" est d'avoir osé élire un gouvernement que l'administration Bush et Israël n'aiment pas.

Comme on pouvait s'y attendre, Obama a fustigé l'Iran, disant que "une situation dans laquelle l'Iran serait capable de fabriquer des armes nucléaires changerait la donne et aurait des répercussions sur le monde entier."

Il a, là aussi, complètement et totalement ignoré les quelques 300 têtes nucléaires d'Israël, comme si une simple allusion à ce fait bien connu était tabou.

Obama n'ignore pas la réalité du Moyen Orient. Il est évidemment au courant de la nature diabolique de l'occupation israélienne de la Palestine et du traitement criminel subi par le peuple palestinien.

Il sait aussi qu'une paix véritable et juste avec les Palestiniens est le dernier point de l'ordre du jour israélien, comme le prouve l'expansion continue des colonies juives en Cisjordanie, et en particulier à Jérusalem Est arabe occupée.

Et Obama est parfaitement conscient du théâtre putassier de la politique américaine, où le politiquement correct outrepasse et bafoue toujours la droiture politique.

Il sait que la domination juive presque totale du "discours médiatique" en Amérique ne lui laisse que deux options : soit il se laisse guider par sa conscience, auquel cas il est vraisemblable qu'il perde ; soit il joue le jeu politique dévoyé avec habileté, et il a de bonnes chances de gagner. Obama a, à l'évidence, opté pour le deuxième choix.

Il est évident que la seule raison derrière la visite d'Obama en Israël, un pays qui a impliqué les USA dans deux guerres au Moyen Orient et qui essaie maintenant à toutes forces d'obtenir que l'administration Bush s'engage dans une troisième, cette fois contre l'Iran, a plus à voir avec ses efforts pour impressionner les électeurs juifs américains, en particulier les dirigeants sionistes aux USA, que pour exprimer sa solidarité à "Sderot" ou pour souligner son engagement pour la paix au Moyen Orient.

Mais ceci n'est vrai qu'en partie. Il y a bien plus d'électeurs hispaniques aux USA que d'électeurs juifs, mais Obama n'a fait aucun pèlerinage à Mexico, comme il l'a fait en Israël.

De la même manière, il y a probablement autant d'électeurs musulmans américains que d'électeurs juifs, dont on s'attend, contrairement aux Juifs, à ce qu'ils votent massivement pour Obama, étant donné leur expérience cauchemardesque de l'administration Bush, spécialement sa campagne de chasse aux sorcières contre les musulmans américains.

Pourtant, nous avons vu Obama réagir de façon phobique envers tout ce qui était islamique, allant jusqu'à refuser d'être photographié récemment avec deux supportrices portant le voile, ou désavouant avec force l'héritage islamique de son enfance, comme si la religion de l'Islam, qui a tant donné au monde en termes de civilisation et de culture, était quelque chose dont il faudrait avoir honte.

Ceci explique probablement pourquoi Obama a soigneusement évité de visiter l'esplanade du Haram al Sharif, à Jérusalem Est, un des sites les plus splendides au monde, de peur d'être pris par inadvertance en train de montrer des signes de respect à ce lieu saint ou de serrer la mains à un écolier musulman.

Dans ce cas là, ses adversaires politiques, à son retour à la maison, auraient saisi avec enthousiasme "cette opportunité en or" d'avoir enfin la "preuve" ultime qu'Obama est bien un "crypto-partisan d'Osama ben Laden". Après tout, le dernier nom d'Obama et le premier d'Osama ont 80% de similitude !

Bon, tout peut marcher dans un pays qui se laisse aussi facilement envoûter par des conseillers en communication et tromper jusqu'aux abysses par le mensonge organisé.

Oui, ce sont les conseilleurs en communication, ces menteurs professionnels, qui inquiètent Obama, et je dirais bien plus que ne l'inquiètent les électeurs juifs. C'est certainement la raison pour laquelle il ne veut leur donner aucune chance, même au dépens d'un quelconque crédit moral qu'il peut avoir.

Je sais que la direction juive pure et dure, en Amérique, ne l'apprécie ni ne lui fait réellement confiance, principalement parce qu'ils ont détecté, dans le ton de sa voix, une propension à refuser une totale soumission au pouvoir juif. C'est pourquoi leur soutien au candidat noir se voile d'une façade très mince d'hypocrisie et d'insincérité.

Mais pourquoi le "lobby omnipotent" ne dévoilerait-il pas ses doutes et son manque de certitude au sujet d'Obama et orienterait son soutien sur le Sénateur McCain, qui est pour Israël, corps et âme ?

Eh bien, parce qu'ils craignent que dans le cas où Obama gagnerait la course, leur lobby perdrait probablement la faveur du prochain maître de la Maison Blanche. Et ça serait très mauvais pour Israël. D'où leur slogan : "nous ne devons pas permettre à ce nègre de se montrer plus malin que nous ou de nous manœuvrer".

Le sionisme américain et son puissant lobby, qui contrôlent effectivement les politiques et les politiciens américains, adorent ce que dit Obama. Mais ils ne sont sûrs ni de son esprit ni de son cœur.

Jusqu'à présent, Obama a fait un travail remarquable pour cacher une quelconque contradiction entre son discours et sa conscience. C'est ce qui irrite le plus les pro-israéliens acharnés.

Eh bien, espérons qu'Obama sera le prochain Président des Etats-Unis. S'il ne peut pas tenir tête à Israël, dont l'ancien Premier Ministre Ariel Sharon avait dit, selon la rumeur : "Nous, les Juifs, contrôlons l'Amérique et les Américains le savent", lui, à tout le moins, serait un moindre mal, puisqu'une présidence McCain signifierait quatre autres années de politique Bush.

Sources
ISM

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans CONNEXION ISRAEL USA

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