Les Israéliens méfiants à l'égard d'une base américaine de radar dans le Negev

Publié le par Adriana Evangelizt



Les Israéliens méfiants à l'égard d'une base américaine de radar dans le Negev



Par Tim McGirk et Aaron J. Klein



Quand un contingent de soldats américains ouvrira une base de radar sur un sommet de montagne dans le désert du Négev le mois prochain, Israël accueillera pour la première fois en ses 60 ans d'histoire une base militaire étrangère sur son sol. Et, en dépit de l'alerte rapide que le radar américain fournira si l'Iran lance une attaque de missiles sur Israël, certains hauts responsables israéliens sont néanmoins prudents quant à sa présence. Un haut responsable s'est plaint : "C'est comme une paire de menottes en or pour Israël."

Du haut de son perchoir sur la montagne Har Keren, le radar américain sera en mesure de suivre le décollage de tout avion ou de missile sur 1500 km – en donnant à Israël entre 60 et 70 précieuses secondes supplémentaires pour réagir si l'Iran tirait un missile, ont déclaré des sources de l'armée israélienne au TIME. Israël possède son propre système de radar braqué sur l'Iran, mais sa portée est beaucoup plus courte.

Cependant, certains voient dans le radar plusieurs inconvénients pour Israël, et blâment le Ministre de la Défense Ehud Barak qui a demandé son déploiement en Israël, sans consulter qui que ce soit d’autre que son chef d'état-major. Certains hauts gradés des Forces de Défense Israélienne craignent que, bien que le radar permette d'améliorer la protection d'Israël contre l'Iran, il donnera aussi aux Américains les secrets militaires d’Israël.

Le radar permettra aux États-Unis de suivre de près tout mouvement israélien dans le ciel, "même celui d’une abeille", a déclaré un haut responsable israélien qui a demandé à ne pas être identifié.

Les États-Unis sont peut-être un proche allié, mais Israël a néanmoins des secrets d’aviation qu’il préfère ne pas partager. "Même un mari et sa femme ont un certain nombre de choses qu'ils ne partagent pas entre eux», explique cette source. "Maintenant, nous sommes tous nus devant l'Amérique».

Israël n'aura pas d'accès direct aux données recueillies par le radar, qui ressemble à un taco géant. Les Américains ne fourniront que des renseignements de seconde main qui concernent Israël – sauf si le radar intercepte une attaque directe et immédiate contre Israël, affirment des sources israéliennes.

Les responsables israéliens ont exprimé des craintes que l'installation du radar mette Moscou en colère, puisque sa portée permettra aux États-Unis de surveiller les avions dans le ciel du sud de la Russie.

Lorsque les États-Unis ont installé des systèmes de radar anti-missiles et d'interception en Pologne et en République tchèque - apparemment dans le cadre d'une future menace iranienne - bien que les Russes estimaient que leur propre capacité de missiles soit le véritable objectif - Moscou a informé ces pays que cette initiative pourrait entraîner leur ajout sur la liste des cibles des missiles de la Russie.

Des sources militaires israéliennes disent que Barak a demandé le radar au Secrétaire américain à la Défense, Robert Gates, en Juillet, après les demandes américaines d’installer un tel système en Turquie et en Jordanie aient été rejetées.

Barak voulait acquérir l'avantage de l'alerte rapide fournie par le système dans le cas d'une éventuelle attaque iranienne.

Mais avec les Russes qui sont déjà en rogne contre Israël après avoir découvert des conseillers militaires israéliens en Géorgie lorsque la guerre a éclaté en Ossétie du Sud, le déploiement du radar en Israël, déclarent les officiels, pourrait inciter encore plus Moscou à fournir à l'Iran et à la Syrie ses batteries missiles anti-avions SA300 très précises.

Le radar à bande X top-secret sera géré par près de 120 techniciens et gardes de sécurité américains dans le Négev, disent des sources militaires israéliennes. Mais les responsables des forces aériennes et les stratégistes israéliens sont perturbés par le fait que le ministre de la Défense, Barak, n'a pas procédé à une estimation de l’impact possible du radar sur les opérations militaires israéliennes avant de l'approuver.

Les experts de la Défense israélienne craignent que les ondes du radar à bande X puissent gêner l'exactitude du nouveau missile antichar Gil qui est également testé dans le Négev.

"L'administration Bush est prête à nous donner n’importe quoi tout pendant que nous n’attaquons pas l'Iran," se plain un haut responsable. "Alors, pourquoi avons-nous pris ce radar?"

Sources
ISM

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans CONNEXION ISRAEL USA

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