1 Rapport du Secrétaire général sur le règlement pacifique de la question de Palestine

Publié le par Adriana Evangelizt

  Le rapport sera en deux parties car il n'entre pas dans sa totalité en une seule fois...

 

 

 

 

QUESTION DE PALESTINE  1/2


Rapport du Secrétaire général sur le règlement pacifique de la question de Palestine (A/63/368)


Dans ce rapport, portant sur la période allant de septembre 2007 à août 2008, le Secrétaire général souligne que de nouvelles perspectives de règlement pacifique de la question palestinienne sont apparues, avec le lancement du processus d’Annapolis et des négociations bilatérales régulières entre Israël et les Palestiniens, tout en reconnaissant que la situation sur le terrain est demeurée difficile, aussi bien en Israël que dans le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.


Rédigé en application de la résolution 62/83 de l’Assemblée générale, le rapport contient les observations du Secrétaire général sur l’état actuel du conflit israélo-palestinien et sur les efforts menés au niveau international pour relancer le processus de paix en vue de parvenir à un règlement pacifique.  Il présente également les réponses reçues de la part du Président du Conseil de sécurité et des parties concernées aux notes verbales envoyées, conformément à la demande figurant au paragraphe 20 de ladite résolution.


Le Secrétaire général signale que malheureusement, les actes de violence entre Israéliens et Palestiniens –et entre Palestiniens– se sont poursuivis durant la période considérée.  Selon le rapport, au total 35 Israéliens, dont 4 enfants, et 600 Palestiniens, dont 87 enfants, ont perdu la vie entre le 1er septembre 2007 et le 19 août 2008 lors d’incidents liés au conflit.


Le Secrétaire général met cependant en exergue certaines avancées dans la mise en œuvre de la Feuille de route.  Il note avec satisfaction que l’Autorité palestinienne, sous la direction du Premier Ministre Salam Fayyad, a fait des progrès importants pour ce qui est d’imposer l’ordre public, et notamment désarmer et arrêter les militants, durant la période considérée.


Il déplore la poursuite de l’expansion des colonies en Cisjordanie par le Gouvernement israélien, qui entrave le processus politique bilatéral.  À propos de la construction du mur, il rappelle que les travaux ne suivent pas la Ligne verte et contreviennent à l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 9 juillet 2004.


Le Secrétaire général souligne également que le gouvernement de M. Fayyad a également pris d’importantes mesures de réforme économique et budgétaire qui ont permis de limiter la masse salariale de l’Autorité palestinienne et de relancer le processus budgétaire.  Malheureusement, le Gouvernement israélien n’a pas sensiblement assoupli le régime de bouclage en Cisjordanie.


Selon le Secrétaire général, la situation demeure critique à Gaza.  Par conséquent, il demande à Israël de revoir et de cesser sa politique consistant à faire pression sur la population civile de Gaza en réponse aux actes inacceptables perpétrés par le Hamas et d’autres militants. 


En conclusion, le Secrétaire général assure que l’ONU continuera d’œuvrer à la création d’un État palestinien d’un seul tenant, indépendant, démocratique et viable, vivant côte à côte avec Israël dans la paix et la sécurité, dans le cadre d’un règlement régional global, conformément aux résolutions 242 (1967), 338 (1973), 1397 (2002) et 1515 (2003) du Conseil de sécurité, à la Feuille de route, à l’Initiative de paix arabe et au principe de l’échange de territoires contre la paix.

 

Déclarations


M. MIGUEL D’ESCOTO BROCKMANN, Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, a déclaré qu’il importait, pour les Nations Unies, d’employer le terme « apartheid » pour qualifier les mesures politiques israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.  Il ne faut pas avoir peur d’appeler les choses par leur nom, et ce sont les Nations Unies, après tout, qui ont adopté la Convention internationale contre le crime d’apartheid, a-t-il lancé.  Il y a plus de 20 ans, a-t-il poursuivi, l’ONU a écouté la société civile qui lui réclamait des sanctions comme moyen non violent de faire pression sur le Gouvernement sud-africain et de l’amener à mettre fin à ses violations des droits de l’homme.


Aujourd’hui, a estimé le Président, les Nations Unies doivent écouter la nouvelle génération de la société civile qui appelle à des actions similaires.  « Je suis stupéfait que l’on continue d’insister sur la patience alors que nos frères et nos sœurs sont crucifiés », a-t-il dit.  Après avoir rappelé sa condamnation de l’Holocauste et de tout abus commis contre les « frères et sœurs juifs », le Président a déclaré que la souffrance du peuple juif ne donnait à personne le droit d’abuser d’autrui, en particulier ceux qui ont des relations profondes et exemplaires avec ce peuple. 


Je tiens également à rappeler à « mes frères et sœurs israéliens », a poursuivi le Président, que même s’ils ont le « bouclier » des États-Unis ou du Conseil de sécurité, aucun acte d’intimidation ne changera la résolution 181 appelant à la création de deux ÉtatsL’absence d’un État palestinien tourne l’ONU en dérision et nuit gravement à son image et à son prestige, a insisté M. d’Escoto qui a ensuite engagé les « frères et sœurs du pays hôte » à mettre fin à une politique qui ne fait que retarder l’avènement de la justice au Moyen-Orient


La communauté internationale ne doit épargner aucun effort pour aider les Israéliens et les Palestiniens à réaliser la solution à deux États, et les Nations Unies ont la responsabilité de résoudre la question de la Palestine, a ajouté le Président.  Faisons en sorte que ce soit une « responsabilité permanente », a conclu le Président, en exhortant la communauté internationale à mettre fin à l’impasse politique qui perpétue « avec cynisme » la haine, l’isolement et les abus.


M. PAUL BADJI, Président du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, avant de présenter les quatre projets de résolution élaborés par le Comité, est revenu sur la situation dans le Territoire palestinien occupé et l’évolution du processus politique.  Il a rappelé qu’il y a un an, la communauté internationale s’était félicitée de la tenue à Annapolis d’une Conférence internationale organisée par les États-Unis pour donner suite à une initiative du Quatuor.  Cette Conférence s’était traduite par une reprise du processus politique entre Israéliens et Palestiniens et un soutien politique, économique et financier sans précédent de la communauté internationale à l’Autorité palestinienne, puis par d’importantes promesses de dons lors de la Conférence des bailleurs de fonds qui s’était tenue en décembre 2007.


Notre Comité a participé à ce vaste mouvement de relance du processus de paix et s’est employé, dans le cadre de son programme de travail, à créer des conditions favorables pour faire avancer les négociations relatives au statut permanent, a indiqué le Président.  Aujourd’hui, a constaté le Président, il existe un fossé de plus en plus profond et un décalage saisissant entre les négociations bilatérales, les efforts de la communauté internationale et la dégradation de la situation sur le terrain. 


« L’unique solution consiste à engager des négociations sérieuses sur les questions de fond », a-t-il estimé.  Parallèlement, il faut que les actions sur le terrain changent radicalement.  Il convient de mettre un terme à la poursuite des implantations de colonies de peuplement, s’est-il expliqué, avant d’affirmer que les extrémistes devaient répondre de leurs actions devant la justice.  « Le blocus de Gaza doit être levé, le cessez-le-feu maintenu, l’activité économique dans le territoire palestinien relancée et les restrictions à la circulation des personnes et biens levées », a-t-il ajouté. 


Le Comité estime que la cause fondamentale du conflit demeure la poursuite de l’occupation illégale du territoire palestinien, a indiqué le Président.  Un règlement négocié de cette question doit s’appuyer sur les résolutions 194 de l’Assemblée générale et 242, 338, 1397 et 1515 du Conseil de sécurité.  Le Comité, a-t-il ajouté, reste vivement préoccupé par les divisions internes palestiniennes qui font obstacle à une réconciliation nationale et à la réunification de la Cisjordanie et de la bande de Gaza, sous le contrôle de l’Autorité palestinienne.  Il a souscrit aux efforts que déploient les pays arabes et les autres pays, ainsi qu’aux initiatives du Président Abbas visant à restaurer l’unité nationale préalable à un règlement durable de la question palestinienne.  Soulignant enfin le rôle de l’ONU, le Président a espéré en conclusion que le Conseil de sécurité s’acquittera des obligations qui lui incombent en vertu de la Charte.


M. RIAD AL-MALKI, Ministre des affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, a souligné que la commémoration de la Journée internationale de la solidarité avec le peuple palestinien rassure le peuple palestinien sur le maintien de l’engagement international, y compris celui des Nations Unies.  Cet engagement a aidé à fortifier la persévérance des Palestiniens pendant les nombreuses années de combat contre l’injustice, l’absence d’État, l’oppression et l’occupation qui parsèment le long chemin de la réalisation de leurs droits de l’homme inaliénables et leurs aspirations nationales.  Il a rappelé que plus de la moitié du peuple palestinien, constituant plus de trois générations, continue de vivre en exil, alors que l’autre partie continue de vivre sous le joug de l’occupation israélienne. 


Le Ministre a souligné que le peuple palestinien éprouve du chagrin et du ressentiment face aux injustices, aux humiliations sans fin et aux affronts à leur dignité.  Les Palestiniens sont profondément déçus, a-t-il déclaré, par les nombreuses promesses si souvent répétées mais jamais tenues.  Mais ils gardent l’espoir, assurés de la justesse de leurs causes et de l’appui de la communauté internationale.  Ils n’ont jamais renoncé à leurs aspirations légitimes, a-t-il insisté, avant de rappeler que les Palestiniens se sont engagés en faveur de la solution de deux États comme moyen d’édifier pacifiquement leur État indépendant de Palestine, avec Jérusalem-Est comme capitale, en territoire palestinien sous occupation israélienne depuis 1967. 


M. Al-Malki a rappelé l’engagement des dirigeants palestiniens en faveur des termes de référence de la Conférence de Madrid, y compris les résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité, ainsi que le principe de la terre contre la paix.  Les dirigeants palestiniens se sont efforcés de remplir les obligations de la Feuille de route du Quatuor et de soutenir l’Initiative de paix arabe ainsi que les memoranda d’Accords d’Annapolis. 


Malheureusement, a regretté le Ministre, aucun progrès significatif n’a été enregistré depuis la reprise du processus de paix, l’année dernière, à cause des politiques et pratiques illégales israéliennes.  Israël, a-t-il accusé, a continué, avec impunité, de tuer, blesser, emprisonner, déplacer et punir collectivement les civils palestiniens, en détruisant leurs maisons, leurs propriétés, leurs infrastructures et leurs terres.  Israël, a encore accusé le Ministre, a poursuivi sa campagne de colonisation illégale, par la construction et l’expansion des colonies de peuplement et du mur sur le Territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est.  Tout cela, a expliqué le Ministre, pour modifier le caractère, le statut et la composition démographique, consolider sa présence et mettre en pratique son agenda expansionniste.


Depuis l’année dernière, a encore dit le Ministre, Israël a continué son usage excessif de la force tandis que ses colons extrémistes sèment mort et désolation.  Comme punition collective, Israël a continué d’imposer des restrictions aux mouvements des biens et des personnes, a ajouté le Ministre, en dénonçant les 630 barrages en Cisjordanie qui s’ajoutent à un régime très restrictif.  Israël a aussi maintenu son siège à Gaza qui est devenu une prison à ciel ouvert.  Aujourd’hui à Gaza 80% des civils vivent en-dessous du seuil de pauvreté alors que 50% des adultes sont au chômage et 90% des entreprises sont fermées. 


Les activités de colonisation ont été particulièrement intenses à Jérusalem-Est, a indiqué le Ministre.  Les colonies de peuplement, le mur, les points de passage, les barrages et les autres installations militaires occupent désormais environ 50% du territoire de la Cisjordanie.  La poursuite de cette campagne illégale de colonisation menace les perspectives de paix, a prévenu le Ministre.  Tous ces actes, a-t-il voulu, doivent être fermement rejetés et condamnés.  Il est  du devoir collectif de la communauté internationale, y compris le Conseil de sécurité, de faire respecter la loi et de contraindre Israël à obéir à ses obligations légales, a-t-il affirmé.  La situation actuelle est intenable et inacceptable et il ne peut y avoir de paix au Moyen-Orient aussi longtemps que la question palestinienne demeurera irrésolue, a aussi prévenu le Ministre. 

 

 

La suite...

 

 

Sources ONU

 

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans ONU ISRAEL

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