Nicolas Sarkozy occupe le terrain au Proche-Orient

Publié le par Adriana Evangelizt



Nicolas Sarkozy occupe le terrain au Proche-Orient



En tournée au Proche-Orient, le président français tente de trouver une issue à la guerre à Gaza. Et déploie une telle énergie, au nom de l'Europe, qu'il pourrait irriter.


Comme il est dur d'abandonner certaines habitudes! Lors de sa tournée express au Proche-Orient, ce lundi, destinée à trouver une issue à la situation dans la
bande de Gaza, Nicolas Sarkozy s'est exprimé comme s'il était encore président en exercice de l'Union européenne. Il a même volé la vedette au ministre des Affaires étrangères tchèque, Karel Schwarzenberg, présent sur place, dont le pays vient de prendre le relais de la France. Une attitude qui commence à irriter. "Quand chacun conduit sa propre mission, cela affaiblit la position stratégique [de l'Europe]", avait déclaré plus tôt le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini.

Au cours de son premier point de presse, à Ramallah, en début de soirée, aux côtés du président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas et des représentants de la mission européenne conduite parallèlement par le chef de la diplomatie tchèque, le président français a cité quinze fois le terme Europe, deux fois seulement le mot France... "L'Europe a une responsabilité, l'Europe a un rôle, l'Europe veut l'assumer, l'Europe veut vous aider à faire la paix", a déclaré le chef de l'Etat. "Nous, l'Europe, nous voulons un cessez-le-feu, le plus rapidement possible", a insisté
Nicolas Sarkozy, qui a proposé une trêve provisoire afin d'acheminer une aide humanitaire à Gaza.


Le président français déploie la même énergie que lors de la guerre entre
la Russie et la Géorgie, l'été dernier. En quelque 27 heures dans la région, il aura déjeuné avec Hosni Moubarak, le président égyptien dont il appuie le plan de règlement du conflit, tenté de conforter Mahmoud Abbas en se rendant pour la première fois à la Mouqata, siège de la présidence palestinienne et de feu Yasser Arafat, dîné avec Ehud Olmert, le Premier ministre israélien. A l'issue de cette rencontre, ce dernier a d'ailleurs rejeté tout cessez-le-feu qui ne garantirait pas l'arrêt total des tirs de roquettes palestiniennes contre l'Etat hébreu.


Ce mardi, Nicolas Sarkozy s'entretiendra également avec Bachar el-Assad, le président syrien, à Damas, puis avec le président libanais Michel Sleimane, à Beyrouth. Enfin, il terminera par ses voeux aux armées, but initial de son périple, devant les 1863 soldats français engagés dans la force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul II). C'est la première fois qu'un président se déplace à cette occasion dans une opération extérieure.


Avec le conflit géorgien - mais aussi à cause de l'
embuscade de la vallée d'Uzbin en Afghanistan qui coûta la vie à dix militaires français - Sarkozy, président de l'UE, n'avait pas connu de trêve estivale. "La France est de retour!", avait-il clamé lors du conseil des ministres de rentrée, en septembre dernier, tout fier de sa politique étrangère qui l'avait tout à coup accaparé et lui avait donné une nouvelle dimension internationale. La crise financière mondiale l'avait ensuite totalement absorbé. Profitant de l'interminable passation de pouvoir entre Georges Bush et Barack Obama, qui laisse une Amérique sans voix, Sarkozy continue d'occuper tous les terrains étrangers. Avant que la grisaille de la politique intérieure ne le happe à nouveau...

Sources L'Express


Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LA FRANCE COMPLICE

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