Divergences au sein du gouvernement israélien sur la poursuite de l'offensive à Gaza

Publié le par Adriana Evangelizt



Divergences au sein du gouvernement israélien
 sur la poursuite de l'offensive à Gaza



par Michel Bôle-Richard



Le cabinet de sécurité israélien a approuvé, mercredi 7 janvier, la poursuite des opérations terrestres dans la bande de Gaza et s'est prononcé en faveur "d'une troisième phase qui élargira l'offensive en pénétrant plus avant dans les zones peuplées". Les militaires ont estimé qu'en l'état actuel des choses, les objectifs de l'opération "Plomb durci" n'ont toujours pas été atteints.

L'état-major de Tsahal et les responsables des services de renseignement ont fait remarquer que les milices armées de la bande de Gaza n'avaient pas été suffisamment touchées, car la plupart des combattants se sont réfugiés dans les agglomérations. Ils attendent que l'infanterie pénètre au cœur des villes pour se livrer à une guérilla plutôt que d'affronter l'énorme machine de guerre d'Israël et s'exposer aux bombardements intensifs. "Nous sommes très violents. Nous n'hésitons pas à utiliser toutes les moyens pour éviter des morts dans nos rangs", a admis le lieutenant colonel Amir, cité par le Haaretz.


Des divergences sont apparues parmi les dirigeants politiques sur la nécessité de poursuivre ce conflit. Tzipi Livni, ministre des affaires étrangères, est favorable à mettre un terme à l'opération "Plomb durci" maintenant, tandis qu'
Ehoud Olmert, le premier ministre, est partisan d'en finir avec la menace que représente le Hamas. Le ministre de la défense, Ehoud Barak, s'est, pour sa part, prononcé en faveur d'une trêve. Aucune décision définitive n'a été prise pour le moment. Elle devrait l'être vers la fin de la semaine lors d'une nouvelle réunion du cabinet de sécurité. En attendant, des milliers de réservistes ont été rappelés sous les drapeaux. Leur entraînement sera terminé à la fin de la semaine.

Parallèlement à cette possible extension du conflit, les autorités israéliennes ont décidé de donner une chance à la diplomatie. Une délégation israélienne était au Caire, jeudi 8 janvier, pour discuter du plan mis au point par les présidents égyptien et français, Hosni Moubarak et Nicolas Sarkozy. Cette initiative en trois points a reçu un accueil favorable de la part d'Israël. "Il y a un accord sur les principes, mais il faut les traduire par des actions concrètes", a déclaré Mark Regev, porte-parole du gouvernement.


Le premier point consiste en l'instauration d'un cessez-le-feu d'une période limitée pour faciliter l'acheminement de l'aide d'urgence et donner du temps à la diplomatie pour trouver une solution durable. Le deuxième point prévoit de réunir les Palestiniens et les Israéliens pour obtenir "une sécurisation" de la frontière entre l'Egypte et la bande de Gaza, la réouverture des points de passage et la levée du blocus. Le dernier point consiste en l'obtention d'une réconciliation nationale entre l'Autorité palestinienne et le Hamas sous l'égide d'une médiation égyptienne.


COULOIR HUMANITAIRE

Israël se montre très réticent à la levée du blocus. L'Etat juif souhaite avant tout rendre imperméable la frontière avec l'Egypte afin d'éviter la contrebande d'armes. "Israël ne peut prendre ce qui l'intéresse et laisser ce qu'il ne veut pas", a fait valoir Osam Hamdan, représentant du Hamas au Liban. Ghazi Hamad, conseiller d'Ismaïl Haniyeh, premier ministre du Hamas, a insisté pour qu'il y ait "des garanties", contrairement à ce qui s'est passé lors de la conclusion de la trêve de six mois, le 19 juin 2007.


Pour le moment, après la décision prise par Israël d'ouvrir un couloir humanitaire et d'observer un cessez-le-feu de trois heures chaque jour pour que la population de Gaza puisse se ravitailler, le Hamas a également décidé de respecter cet arrêt partiel des combats.


Mercredi soir, des raids ont lieu à Rafah, détruisant plusieurs maisons, une mosquée et une quinzaine de tunnels, selon un communiqué de l'armée. Jeudi matin, une colonne de chars appuyée par des hélicoptères a pénétré dans le sud de la bande de Gaza en direction de
Khan Younès, tandis que la pression s'intensifiait sur la ville de Gaza.


Michel Bôle-Richard

Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE MARTYRE DE GAZA

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