Sud : interrogations inquiètes sur la capacité de nuisance des provocateurs

Publié le par Adriana Evangelizt

Où il est encore question de la fameuse batterie de huit roquettes posées au nez et à la barbe des casques bleus...


Sud : interrogations inquiètes sur la capacité
 de nuisance des provocateurs



Le commentaire d'Émile Khoury


Une batterie de huit roquettes à Naqoura pointées sur Israël, à deux pas de la frontière et du QG de la Finul. Dans un potager à ciel ouvert ! Donc au nez et à la barbe des Casques bleus comme de l’armée qui contrôlent la région. Le président Michel Sleiman a de suite réagi en se rendant dans la zone pour y proclamer que le Liban ne servira plus de lice aux conflits d’autrui ni de rampe de lancement pour des engins de guerre.

Une mise en garde aux provocateurs. Mais qui sont-ils donc ? À ce jour la partie commanditaire reste aussi mystérieuse que les exécutants. Ce qui confirme un déficit inquiétant de la surveillance, car ce n’est pas la première fois que des incidents de ce genre se produisent.

Le Liban reste donc en danger. Les récentes assurances israéliennes de non-agression ne peuvent être prises au sérieux, en regard des précédentes. Au mieux, elles sont d’ordre ponctuel et valent pour la période Gaza-Hamas. Mais ensuite, ne serait-ce pas le tour du Hezbollah, sous le premier prétexte venu ?

En fait, la persistance du péril tient à la non-application complète de la 1701. Cette résolution édicte, pour pacifier le Sud comme pour stabiliser le Liban, un ensemble de dispositions indissociables les unes des autres. Le déploiement de l’armée et de la Finul sur la ligne bleue, le retrait du Hezbollah derrière le Litani, seuls points réalisés, n’étaient en tête que dans l’ordre chronologique du plan. Lequel comprend, en outre, et même principalement, le désarmement milicien, le démantèlement des bases palestiniennes hors camps, la sécurisation frontalière sur le front syro-libanais, voire le retour à l’orthodoxie politique de Taëf.

Les huit roquettes, on ne sait pas qui les a placées. Ou peut-être même ne cherche-t-on pas trop à le savoir. Il paraît en effet raisonnable de penser qu’avec une franche coopération du Hezbollah et des organisations palestiniennes, on aurait assez vite identifié les coupables.

Le président Sleiman a voulu souligner, pour sa part, la criminelle responsabilité de quiconque entraînerait le Liban exsangue, qui ne se remet pas encore de la guerre de juillet 2006 ni des incidences internes qui l’ont suivie, dans un nouveau désastre.

La facture économique

Politiquement, économiquement et socialement, la facture d’une confrontation avec Israël serait extrêmement lourde. Il faudrait annuler ou reporter les législatives. L’infrastructure serait détruite, la dette publique démultipliée, les faillites s’enchaîneraient, toute croissance brisée, le chômage centuplé, l’inflation exploserait et la monnaie nationale, encore résistante aujourd’hui, se trouverait réduite en charpie.

Le gouverneur de la Banque centrale, Riad Salamé, promet que le Liban ne connaîtra pas, du fait de la crise mondiale, de répercussion négative importante sur son taux de croissance. Mais il précise, tout de suite : « À la stricte condition de préserver un climat démocratique, politiquement, et qu’il n’y ait pas de secousses sécuritaires. » Il rajoute un regret doublé d’un avertissement : « Le retard dans la concrétisation des réformes arrêtées dans le cadre de Paris II et de Paris III prive le Liban d’une occasion, rendue encore plus précieuse et nécessaire par la crise mondiale, d’édifier une économie moderne dynamique, pouvant assimiler les quelque 24 000 diplômés annuels de ses universités. Et renforçant, en même temps, les rentrées ou revenus ainsi que le pouvoir d’achat. »

Les propos du président Sleiman comme du gouverneur Salamé mettent donc en garde aussi bien contre les effets d’une guerre avec Israël que contre les retombées de heurts sécuritaires internes. Certains estiment que les résultats des prochaines législatives libanaises pourraient influer aussi fortement sur le tableau régional que sur la scène locale. C’est peut-être exact. Mais ce qui est absolument sûr reste que l’attaque israélienne contre Gaza va, dans un sens ou dans l’autre, modifier en profondeur les donnes au Moyen et au Proche-Orient. Les pôles locaux assument dès lors, tous ensemble, la responsabilité de mettre le Liban à l’abri des dangers que les développements extérieurs peuvent secréter.

Émile Khoury

Sources Lorient le Jour

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans ISRAEL LIBAN

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