L'armée israélienne mise en cause par l'ONU et le CICR

Publié le par Adriana Evangelizt



L'armée israélienne mise en cause par l'ONU et le CICR


par Michel Bôle-Richard
Le Monde


Déjà catastrophique, la situation humanitaire dans la bande de Gaza risque encore de s'aggraver après la décision, jeudi 8 janvier, de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) de suspendre ses activités : 750 000 personnes, soit la moitié de la population, dépendent pour leur survie de la nourriture fournie par cet organisme.

Cette suspension a été décidée après le bombardement d'un convoi par des obus israéliens, causant la mort d'une personne et en blessant deux. Le convoi était clairement identifié. "Nous maintiendrons cette suspension tant que les autorités israéliennes ne garantiront pas la sécurité de nos équipes", a déclaré Chris Gunness, porte-parole de l'agence. Ce dernier a estimé que la situation était "critique et qu'elle empirait d'heure en heure".


L'UNRWA a également demandé que l'interruption des combats pendant trois heures chaque jour, instaurée par Tsahal, soit élargie, car il est impossible, dans un délai aussi court, de procéder aux distributions de vivres. "Cela me fend le coeur d'avoir à prendre cette décision mais nous n'avons aucune confiance, même pendant la trêve de trois heures", a souligné
John Ging, responsable de l'UNRWA à Gaza, déplorant l'insécurité alors que les déplacements de l'agence sont théoriquement coordonnés avec les autorités israéliennes.


Toute la journée, la population se terre par crainte des bombardements. Quand l'heure de la trêve arrive, elle se précipite dehors pour se rendre dans les hôpitaux, chercher de la nourriture, de l'eau, constater les dégâts, prendre l'air. "Juste une petite respiration pour voir si nos voisins sont toujours là", raconte un Palestinien de la ville de Gaza, Yasser, joint par téléphone, Israël interdisant toujours l'accès à la presse internationale.


Un million de personnes n'ont plus d'électricité et 750 000 habitants vivent sans eau, a indiqué Chris Gunness, précisant que certaines zones de la bande de Gaza étaient totalement isolées et qu'il était impossible de les approvisionner. Les hôpitaux sont surchargés, les médecins débordés et épuisés après deux semaines de travail incessant. Vingt et un d'entre eux ont été tués et une trentaine d'autres blessés en tentant de porter secours aux victimes.


Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a accusé, jeudi, l'armée israélienne d'avoir interdit d'accéder à des blessés. "Elle n'a pas respecté ses obligations requises par le droit international humanitaire. Le retard dans l'autorisation d'accès aux services de secours est intolérable", a indiqué l'organisation humanitaire. "Nous avons trouvé quatre enfants à côté de leur mère morte dans une maison de Zeitoun (périphérie de la ville de Gaza). Ils étaient trop faibles pour se tenir sur leurs jambes. Un homme était également incapable de se tenir debout. Il y avait au total douze corps sur des matelas. Dans une autre maison, nous avons trouvé quinze survivants et trois morts. Les soldats israéliens étaient en position à 80 mètres et ils ont demandé à notre équipe de partir, ce qu'elle a refusé de faire", indique un communiqué. "C'est un incident choquant", a déploré
Pierre Wettach, directeur du CICR pour Israël et les territoires occupés. "Les Israéliens devaient avoir connaissance de la situation et ils n'ont pas porté secours aux blessés." Ceux-ci ont dû être évacués sur une charrette en raison de butées de terre érigées pour protéger les positions de Tsahal et qui interdisent aux ambulances d'approcher. Le CICR signale qu'il a fallu cinq jours après la demande d'accès pour pouvoir sauver ces victimes. Le répit de trois heures accordé par Tsahal a permis par ailleurs de découvrir 35 corps, ce qui porte le bilan provisoire à près de 800 morts.


"Nous avons évacué 90 personnes encore en vie, dont de nombreux enfants qui avaient été cloîtrés dans leur maison à Zeitoun. Ils n'avaient ni mangé ni bu depuis des jours"
, raconte un ambulancier cité par Reuters.


Le Hamas a rejeté jeudi la proposition de trêve égyptienne estimant qu'elle ne reposait pas sur "une base valable". "Nous ne hisserons jamais le drapeau blanc, a déclaré
Mohammed Nazal, membre du bureau politique à Damas.

Sources
Le Monde

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE MARTYRE DE GAZA

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