L'enfer à l'hôpital al-Quds de Gaza, transformé en brasier géant

Publié le par Adriana Evangelizt



L'enfer à l'hôpital al-Quds de Gaza, transformé en brasier géant




L'hôpital al-Quds de Gaza, touché par un obus israélien, s'est transformé jeudi dans la soirée en un brasier géant. Dans la panique la plus totale, des centaines de patients et leurs familles tentent de fuir.


Les flammes dévorant la bâtisse éclairent une partie du quartier d'habitude plongé dans l'obscurité faute d'électricté. Des parents évacuent des malades et des blessés encore allongés sur des lits roulants. Au moins trois bébés prématurés dans des couveuses sont poussés vers la rue pour échapper au brasier.


Des médecins tentent de maintenir en vie un homme, qui était placé en réanimation, en appliquant une pompe à oxygène sur son visage. Autour d'eux, des débris incandescents s'écrasent sur le sol alors que des tirs et des bombardements israéliens retentissent dans la nuit.


Peu après, le toit de l'hôpital s'effondre, projetant dans les airs des milliers de flammèches.


"C'est horrible!", crie un homme de 42 ans, Mohammed Hosni, se couvrant la tête d'une écharpe. "J'ai peur pour ma famille", lance-t-il, accompagné de sa fille de sept ans et de sa femme, en pleurs.


Tous trois étaient venus se réfugier à l'hôpital en début de journée, pour fuir les tirs des chars dans le quartier. Mais ils ont failli être piégés dans les flammes de plusieurs mètres de haut.

Un médecin palestinien montre les restes d'un obus israélien, le 15 janvier 2009 dans l'hôpital al-Quds de Gaza photo : Mehdi Fedouach , AFP


"Où nous emmènent-ils, où on va maintenant? On va se faire tirer dessus", crie une vieille femme en s'agrippant à son fils. Les rues désertes sont survolées par des hélicoptères grondant dans la nuit.

Selon, le docteur Régis Garrigue, un urgentiste français et président de l'ONG Help Doctors, dont une mission se trouve à Gaza, au moins 200 personnes s'étaient réfugiées dans l'hôpital pour fuir les combats.


Un incendie s'était déclaré tôt dans la matinée dans l'établissement, relevant du Croissant Rouge palestinien, et ses bureaux administratifs attenants après qu'ils eurent été touchés par un obus dans une attaque israélienne.


L'incendie dans l'aile abritant les malades avait pu être circonscrit dans un premier temps mais pas celui faisant rage dans le bâtiment administratif.

Mehdi Fedouach AFP :: Un bébé en couveuse dans l'hôpital al-Quds, à Gaza, le 15 janvier 2009  photo : Mehdi Fedouach , AFP


Des responsables de l'établissement ont affirmé que l'incendie avait été provoqué par des "obus au phosphore".


"Les Israéliens bombardent et attaquent partout autour de l'hôpital. On ne peut pas sortir, il y a le feu, on est prisonnier à l'intérieur, l'eau a été coupée", affirme le Dr Garrigue.


"A 22H00 (mercredi), on a commencé à avoir des bombardements excessivement violents tout autour de l'hôpital. Cela a été incessant, une pluie de bombes de 22H00 à 08H00 ou 09H00 du matin" jeudi, précise le médecin.


"Ca se rapprochait vraiment très très fort et à, je crois, 10H45 locale, une bombe est tombée sur l'hôpital", a-t-il encore dit.


"La pharmacie au 2e étage où je me trouve s'est effondrée, ainsi que toute une aile d'un autre bâtiment, avec un mouvement de panique de gens qui étaient dans l'hôpital, notamment les malades, leurs familles, parce que le bâtiment a commencé à prendre feu. Là, je ne vous raconte pas l'horreur", a affirmé le médecin.
Un médecin palestinien équipé d'un extincteur et d'un masque dans l'hôpital al-Quds de Gaza, après un tir israélien, le 15 janvier 2009  photo : Mehdi Fedouach , AFP


Plus tôt dans la journée, l'hôpital avait été pris dans des combats violents. Des combattants du Hamas en treillis bleu et noir couraient dans une rue adjacente. L'un deux a brandi un drapeau vert du mouvement islamiste. Ses camarades tiraient des rafales à l'arme automatique.


Bachar Mourad, un médecin, semble dépassé par les événements.


"J'ai trois corps à 500 m d'ici mais je ne peux pas les ramener. J'ai aussi plusieurs blessés à un kilomètre d'ici, et je ne peux pas me déplacer sans autorisation", se lamente-t-il. Avant de tenter la moindre sortie, les ambulances doivent en effet attendre le feu vert de l'armée israélienne.


Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt  

Publié dans ONU ISRAEL

Commenter cet article