« Ramattan », les yeux de Gaza

Publié le par Adriana Evangelizt




« Ramattan », les yeux de Gaza


Rania MASSOUD



Média L’agence de presse palestinienne concurrence directement les plus grands distributeurs d’images de conflits dans le monde.

« Ramattan. » Ce mot n’est désormais plus étranger à tous ceux qui suivent la guerre israélienne contre la bande de Gaza à travers leur écran de télévision où qu’ils soient dans le monde. Depuis le début de l’offensive « Plomb durci », il y a trois semaines, cette agence de presse palestinienne a acquis une notoriété internationale en devenant la principale société de distribution d’images de Gaza, meurtrie par les bombardements et par les raids incessants. Les grandes chaînes de télévision du monde entier, dont CNN, BBC, TF1 et même les chaînes 1, 2 et 10 israéliennes, sont aujourd’hui abonnées à Ramattan et rediffusent ses transmissions directes, dont la plupart sont filmées à partir du toit d’un édifice à Gaza-ville.

La recette de son succès n’est pas un secret. L’absence des médias étrangers dans la bande de Gaza explique en grande partie l’avantage de l’agence, créée il y a tout juste dix ans. L’État hébreu a, depuis le début de son offensive, interdit aux reporters étrangers d’accéder librement au territoire palestinien contrôlé par le Hamas, malgré une décision contraire de la Cour suprême israélienne. Par ailleurs, Ramattan, créée par des journalistes locaux, possède un savoir-faire sur le terrain palestinien qui lui permet de concurrencer directement les plus grands distributeurs d’images de conflits dans le monde, dont Associated Press et Reuters Television. L’agence palestinienne, qui n’était au départ qu’une modeste boîte de production de films documentaires, emploie aujourd’hui plus de 150 personnes à Gaza et à Ramallah et des dizaines d’autres dans ses bureaux en Égypte, au Soudan, au Yémen et aux États-Unis.

Zakaria Abou Harbid, un des responsables de l’agence, avance une troisième explication au succès de Ramattan à travers le monde : « Nous étions préparés à couvrir la guerre », dit-il dans une entrevue accordée au quotidien saoudien Asharq al-Awsat. « Nous avions au moins dix cameramen en stand-by qui attendaient la première frappe israélienne et c’est ainsi que nous avons pu transmettre des images directes du nord au sud de la bande de Gaza dès le début de l’offensive », a poursuivi M. Harbid.

En temps de guerre, le travail de tout reporter est naturellement parsemé de dangers. À Gaza, les journalistes palestiniens sont trop souvent considérés comme des cibles potentielles par l’armée israélienne. Le bombardement jeudi de l’immeuble « al-Shourouq » abritant les bureaux de plusieurs médias arabes et internationaux suffit pour le démontrer. « Le travail des journalistes palestiniens dépasse le simple fait de rapporter des nouvelles, explique M. Harbid. Nous nous transformons en ambulanciers et humanitaires… Notre mission est la même », dit-il. « Les circonstances dans lesquelles nous travaillons paraissent exceptionnelles pour la plupart des professionnels des médias, mais, à nos yeux, elles font partie du quotidien », affirme de son côté Kassem Ali, PDG de Ramattan, à la chaîne qatarie al-Jazira.

C’est en mai 2007 que Ramattan s’est remarquablement illustrée avec notamment la couverture des heurts interpalestiniens dans la bande de Gaza. Par souci d’indépendance et en signe de contestation, l’agence a refusé de couvrir tant les conférences de presse des responsables du Fateh que ceux du Hamas, attirant les critiques virulentes des deux camps. « La vérité est indivisible », tel est le slogan de l’agence dont le nom insinue « l’unification des territoires palestiniens (la Cisjordanie et la bande de Gaza) ». « À Ramattan, nous préférons nous focaliser sur les images d’espoir et de vie plutôt que sur celles reflétant la division et la mort car nous pensons que la vie est beaucoup plus émouvante », se défend M. Harbid.

Sources
Lorient le Jour

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LE MARTYRE DE GAZA

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