Rétrospective française sur Gaza

Publié le par Adriana Evangelizt



Rétrospective française sur Gaza

Par Abd Raouf Chouikah


Abd Raouf Chouikha est Maitre de conferences à l'Université Paris 13.



« Ne pas importer chez nous le conflit du Proche Orient » est devenu un leitmotiv répété en chœur par les ministres, les hommes politiques différents, les médias des grands journaux télévisés… arguant bien entendu la complexité du problème et la difficulté à être objectif. Pour ne pas importer le conflit, il faudrait être « neutre » afin de ne pas « heurter les sensibilités » de tout bord ; ce qui signifie pour certains médias renvoyer dos à dos l’agresseur et ses victimes ou à la limite ne pas trop s’étaler sur le sujet et évoquer encore moins le drame humanitaire ni le calvaire quotidien de ces malheureux palestiniens.

Le débat organisé à l’Assemblée nationale sur le conflit à Gaza a réuni moins de quarante députés dans l’hémicycle où les leaders sont restés muets et où seuls trois ministres étaient présents. C’est croire que l’actualité est somme toute terne et banale !

Dans ce débat, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, a assuré que « les contours d’un cessez-le-feu commencent à se dessiner » à Gaza. « Une dynamique est lancée, des contacts se poursuivent quotidiennement… J’ai la conviction que nos efforts vont aboutir… » a insisté l’hôte du Quai d’Orsay. Le ministre a distingué « les manifestations légitimes », qui « témoignent d’une vitalité démocratique » tout en réprouvant les propos et les actes « antisémites » ou « racistes ». Pourtant ce promoteur du « droit d’ingérence » s’était engagé à l’appliquer partout. Après la Somalie et le Kosovo, Bernard Kouchner appelle de toutes ses forces à une intervention au Darfour « aux côtés de ceux qui souffrent ». Mais on ne nous dit pas que ce « droit d’ingérence » a un caractère très sélectif, qu’il ne s’applique qu’en fonction d’intérêts et d’objectifs bien précis… « Je veux mettre en garde contre toute importation du conflit en France », a-t-il conclu.

Au nom des députés socialistes, Jean-Christophe Cambadélis (Paris) a rappelé que « ce n’est pas en proposant au peuple juif le cercueil ou les valises que les Palestiniens obtiendront un État ». Il a toutefois ajouté que le Hamas « croit pouvoir réactiver Septembre noir ».

Martine Billard (Verts, Paris) a eu le courage de qualifier Gaza de « camp d’internement à ciel ouvert » puisque « la population n’a aucune possibilité de fuir l’horreur des bombardements ». Pour l’orateur du groupe (qualifiée de virulente par Le Figaro ) qui réunit les députés communistes et Verts, Israël veut créer des « bantoustans » pour les Palestiniens. Et ces députés ont ajouté dans un communiqué qu’une action judiciaire était possible en France pour sanctionner « les violations du droit humanitaire perpétrées par l’armée israélienne ». Les députés communistes et Verts ont estimé que « les Palestiniens de Gaza de nationalité française ont le droit de saisir un juge français » à cet effet.

Le président de la commission des Affaires étrangères, Axel Poniatowski (UMP, Val d’Oise), a affirmé que « les torts sont incontestablement partagés » entre le Hamas et Israël dans cette crise. Et il a appelé de ses vœux « l’envoi d’une force internationale » à Gaza, comparable à la Finul au Liban. Puis le débat fut clos, et aucune suite ne sera envisagée.

Quant aux journaux, on qualifie souvent de « conflit du Proche Orient », de « crise du Proche Orient » ou pire d’ « opérations israéliennes » pour décrire la situation à Gaza (le nombre de morts et de blessés est rapidement évoqué). Les massacres sont communément étiquetés « dommages collatéraux ». L’information est donnée de manière furtive et bien sûr laconique, afin bien entendu de… « ne pas importer chez nous le conflit du Proche Orient » !

Mais le plus inquiétant, sont les éditoriaux des grands hebdomadaires de cette semaine qui interprètent de manière bien singulière ce leitmotiv en couvrant les exactions et les atrocités commises à Gaza. Ils utilisent, pour justifier l’agression, des arguments racistes puisés dans leur fond de commerce : l’islamophobie.

A vous de juger…

Claude Imbert, dans Le Point du 16/01, avec le titre choquant : « L’horreur et après ? » parle d’un « escadron des sorcières (qui) attise contre Israël un autre peuple errant… Souvenez-vous que l’Autorité palestinienne – celle jadis d’Arafat et qui donna l’espérance fallacieuse d’un pouvoir apte à négocier- s’est trouvée débordée, dévaluée, puis combattue par la dissidence de ses jusqu’au-boutistes. Contre elle, le Hamas … veut la mort d’Israël, … le Hezbollah se rengorge (de lui) avoir résisté en 2006 … Enfin le président iranien Ahmadinejad jette de l’huile sur le feu en appelant, lui aussi, à la fin de l’Etat juif », poursuit l’éditorialiste. « En France, les quartiers sensibles bougent. Des juifs cachent leur kippa et certains, déjà, déménagent. Une foule de plus de cent mille personnes s’exaltait, à Paris, l’autre jour, contre Israël… l’antisionisme se mue en antisémitisme déclaré. Une très sale pente ! »

Jusqu’à quand tous ces mensonges ?

Christophe Barbier, dans l’Express du 16/01, défend Israël qui « a raison de mener cette guerre et (qui) le fait aussi pour notre tranquillité ». « Le Hamas est un mouvement terroriste », explique-t-il. « … le nimber de nationalisme et l’oindre de démocratie, c’est ruser avec le vrai : il n’y a pas de terrorisme légitime … Affirmer que la chute du Hamas laisserait la place à des mouvements plus intégristes encore, et qu’il vaut mieux traiter avec celui-ci qu’affronter ceux-là, c’est raisonner comme un poltron. Au grand jeu de la reculade et du marchandage, l’Occident a perdu trop gros. En matière d’islamisme, si elles acceptent le choléra pour éviter la peste, les démocraties mourront du choléra, tout simplement », prévient-il enfin.

Jean Daniel , dans le Nouvel Observateur, titre pour sa part son éditorial : « La contagion de la haine ». Il dit « L’idée que (la France), pays d’Europe où communautés juives et musulmanes sont les plus importantes, pût rester à l’abri des retombées du conflit au Proche-Orient était tout simplement absurde. Et le fait de n’avoir pas pensé à cette éventualité est simplement irresponsable….. Les représentants des grandes religions, de leur côté, viennent de prendre enfin l’initiative d’inciter ensemble leurs fidèles à renoncer à toute violence. Les intellectuels ont un rôle considérable à jouer dans cette épreuve. Ce rôle est clair : il s’agit de montrer à l’opinion arabe qu’il y a de très nombreux Français juifs hostiles à l’intervention israélienne à Gaza et de montrer à ces derniers qu’il y a de nombreux Français musulmans qui exècrent le Hamas. »

Quant à l’inamovible B.H. Levy, il veut simplement « Libérer les Palestiniens du Hamas » dans le même Le Point. Il dit « Aucun gouvernement au monde, aucun autre pays que cet Israël vilipendé, traîné dans la boue, diabolisé, ne tolérerait de voir des milliers d’obus tomber, pendant des années, sur ses villes : le plus remarquable dans l’affaire, le vrai sujet d’étonnement, ce n’est pas la “brutalité” d’Israël — c’est, à la lettre, sa longue retenue. » Si la longue retenue se limite par un massacre de 1300 gazaouis et de 5500 blessés. Faudrait-t-il en plus remercier Israël que le massacre soit si insignifiant et que le drame humanitaire soit si anodin ? Il poursuit « N’étant pas un expert militaire, je m’abstiendrai de juger si les bombardements israéliens sur Gaza auraient pu être mieux ciblés, moins intenses. » Faut-il vraiment être expert pour constater l’ampleur des dégâts, de dénombrer les morts et blessés et, de voir que les cibles sont essentiellement des civils (habitations, écoles, hôpital, sièges de l’URNWA,…) ? Quel cynisme de la part de ce grand penseur !

Maintenant le sujet tendrait-il à devenir tabou au point que celui qui ose exprimer une opinion différente, dénoncer les crimes atroces commis à Gaza, et au minimum oser s’apitoyer sur le sort des malheureux serait vite accusé d’anathème : « vouloir importer le conflit chez nous » !

En agissant de cette sorte, les valeurs de droits et de justice s’en trouvent aujourd’hui fort altérées.

On est en droit de s’inquiéter : ou est passée la conscience de la patrie des droits de l’homme ? Emile Zola, René Cassin et tous les autres : au secours !



Note ISM

Dans cette liste accablante, qui nous montre combien le mot d'ordre général des médias va être d'oublier très vite cet épisode, malheureux certes, mais que la sécurité d'Israël a rendu nécessaire, il faut remarquer la position très "politiquement incorrecte" et du Mouvement Ecologiste Indépendant.

Ci-joint la dénonciation des médias envoyée par Jean Brière, responsable des relations internationales au MEI.

RADIO-PARIS MENT

Nous ne sommes plus en 40-45, la France n’est pas occupée, mais les médias français surpassent Radio_Paris dans le mensonge et l’ignominie. Le plus gros mensonge est la soi-disant impuissance internationale.

Communiqué du MEI national sur ce sujet :

Il faut avoir vécu un bombardement pour comprendre l’intensité de la terreur infligée aux habitants de Gaza par la communauté internationale ou plus précisément par les USA, l’Europe et la France.

Le plus insupportable de tous les mensonges véhiculés par l’ensemble des médias français est la soi-disant impuissance de la communauté internationale. Il faut avoir perdu tout sens moral et abdiqué toute honnêteté intellectuelle pour taire cette évidence : ce n’est qu’avec l’aval de ses protecteurs que les tueurs de "Tsahal " peuvent commettre leurs forfaits. Comme toute colonisation de peuplement, celle-ci ne peut exister sans l’envoi de colons et le soutien armé, économique et idéologique des métropoles. Que cesse ce soutien et c’est est fini de la colonisation. L’exemple de l’Algérie est là pour nous rappeler cette vérité.

Le deuxième mensonge concerne l’interdiction de pénétrer à Gaza édicté par Israel, qui empêcherait de diffuser les images des massacres perpétrés par les sionistes dans le territoire palestinien. Les images ne manquent pas, Aljazeera en diffuse quotidiennement, mais les médias français ne sont autorisés qu’a diffuser la propagande sioniste.

Le troisième gros mensonge est la violation de la trêve qui aurait été rompue par le Hamas.
Le 19 juin 2008, 2 jours après la signature de la trêve, l’aviation israélienne fait une incursion punitive sur Gaza, jamais Israël n’a levé le blocus ni ouvert les passages prévus. L’Europe, pour contribuer à étouffer Gaza a imposé son embargo. Faut-il rappeler que le Hamas a été démocratiquement élu par les Palestiniens ?

Quatrième mensonge : les gens du Hamas sont des terroristes. Pour la presse sioniste, un bon Palestinien est un Palestinien mort, un Palestinien vivant est un terroriste potentiel. Tous les mouvements de résistance éradiqués par Israël, nationalistes laïques, marxistes et autres ont toujours été qualifiés de terroristes, dans ces conditions la religion devient le dernier rempart de la résistance.

Cinquième mensonge : la paix passe par la création d’un Etat palestinien. Depuis 60 ans, c’est le serpent de mer qu’on agite à chaque progression de la colonisation de la Palestine. Jamais une colonisation de peuplement ne peut coexister avec ceux qu’elle a dépossédé de leur terres. L’objectif affirmé d’Israël a toujours été un état purement juif. Soyons sérieux, un Etat palestinien avec les mêmes prérogatives qu’Israël, aviation, chars, fusées, bombe atomique ? Sur quel territoire ? Vous êtes pour le juste milieu, alors c’est ça le juste milieu.

LE PLUS IMPORTANT DES DROITS EN DEMOCRATIE EST LA LIBERTE D’EXPRESSION ET D’OPINION, ELLE N’EXISTE PAS EN FRANCE.

Des millions de citoyens français antisionistes et notamment 6 millions de citoyens français, dont les parents ou grands-parents ont connu la colonisation française, n’ont pas le droit de dire la vérité sur la colonisation de peuplement de la Palestine.

1) La décision de Staline, l’un des plus grands criminels de l’histoire, et du Maccarthyste Truman atomiseur d’Hiroshima et de Nagasaki, de créer l’Etat d’Israël au dépens des territoires palestiniens, non seulement fut un coup de force perpétré contre le droit des Palestiniens à exister, mais un véritable crime contre ces populations.

2) La colonisation de peuplement soutenue par l’Occident est une vraie purification ethnique doublée d’un génocide lent. Le temps des colonies, c’est fini : au nom de quoi n’aurait-on pas le droit de demander la dissolution d’un Etat véritablement génocidaire ? Bien entendu, nous ne confondons pas Etat et population. La dissolution du Troisième Reich ne peut être confondue avec l’extermination des populations d’Allemagne.

LA PAIX PASSE PAR LA DISSOLUTION DE l’ETAT COLONIAL ISRAELIEN.

Sources
ISM

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LA FRANCE COMPLICE

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RIVIERE Hadria 21/01/2009 15:23

Parfois il arrive, dans de nombreux pays qu'une minorité d'individus qui, refléchissent, d'authentiques humanistes sauvent l'honneur d'un pays, déshonoré par la grande majorité de soumis à l'idéologie néoconservarice evangelo-sioniste.

Il en fut de même au temps de PETAIN, quant la grand majorité collaboré avec les SS, alalnt jusqu'à les surpasser, dans les abominations et les horreurs!!
L'histoire retiendra les noms de ces laquais zélés serviteurs de la pensée unique.

Seulement à l'inverse de nos aïeux au sortir de la deuxième guerre mondiale, il nous faudra BIEN RETENIR les noms de ces assassins et le moment venu exiger des compte et surtout des sanctions pour complicités de crimes de guerre!!!

De GAULLE, a refuse de NETTOYER la France au KARKER, aprés la guerre; de fait les collabos sont resté tapis, attendant un bouc emissaire, une autre victime...Pour remettre en pratique leur politique raciste, xenophobe, obsessés qu'ils sont par la haine de l'Autre - le "différent"
la guerre des classes ne fait que recommencer : les oppresseurs chercheront toujours à exploiter, oppresser, des peuples, des individus !!!

Hadria RIVIERE