GAZA - Eclairage sur le conflit israélo-palestinien

Publié le par Adriana Evangelizt



GAZA - Eclairage sur le conflit israélo-palestinien



Bernard Flichy, bénévole au Secours Catholique, spécialisé sur les questions concernant Israël et la Palestine, explique "l’imbroglio actuel".



Quelles sont les origines du conflit israélo-palestinien qui dure depuis 60 ans?


Selon moi, le conflit a débuté bien avant la création d’Israël, en 1948. Il faut remonter aux débuts du sionisme et notamment au premier congrès sioniste à Bâle, en août 1897, à l’initiative de Theodor Herzl, journaliste juif viennois qui introduit l’idée d’un état juif. Le sionisme est une idéologie sociopolitique qui part du principe que les juifs ne sont assimilables à aucun état et qui affirme Israël comme un peuple national que les juifs du monde entier doivent rejoindre. C’est ce qu’on appelle l’aliyah, la montée en hébreu. En 1917, le ministre anglais des affaires étrangères, Arthur James Balfour, déclare l’Angleterre favorable à la création en Palestine d’un foyer national pour les juifs. Eux-mêmes avaient été dispersés hors de l’actuelle Israël après la destruction du Temple en 70 après Jésus Christ. Cinq ans plus tard, les Anglais obtiennent un mandat pour contrôler le sol palestinien, au même titre que la France au Liban. Après la deuxième guerre mondiale, le monde entier s’émeut des juifs mais personne n’en veut. Alors en 1947, l’Onu accorde par vote 56 % des terres de Palestine pour la création d’un état juif et 44 % aux arabes alors qu’au départ seulement 6 % des terres étaient détenues par les juifs qui ne représentaient que 30 % de la population en Palestine. La Cisjordanie a été rattachée à la Jordanie et la Bande de Gaza à l’Egypte.

Quelles sont les conséquences immédiates de l’indépendance israélienne ?

Les pays arabes qui l’entourent, le Liban, la Syrie, la Jordanie, l’Egypte et même l’Irak qui ne lui est pas voisin, n’acceptent la situation et sont dès lors entrés dans la guerre d’indépendance. Ils ont très longtemps dit qu’ils ne voulaient pas d’un état israélien et se sont rattachés à la cause palestinienne. D’autant plus qu’à la création d’Israël, les trois quarts de la population arabe se sont enfuis du pays pour se réfugier dans les pays voisins, faisant des Palestiniens des réfugiés. Entre 1949 et 1967, il n’y a eu qu’un armistice mais jamais de vraie paix. En 1967, la guerre des six jours amplifie les tensions. Le monde arabe subit une vraie défaite : la Jordanie perd la Cisjordanie, l’Egypte la Bande de Gaza et la Syrie le Plateau de Golan et Jérusalem Est est annexée. A partir de ce moment, l’occupation et la colonisation israéliennes débutent. Puis il y a la guerre du Kippour lancée par les Egyptiens en 1973. Un nouvel échec pour les pays arabes. Ça n’est que dans les années 80 qu’il existe un semblant de paix lorsque l’Egypte récupère la presqu’ile du Sinaï et que la Jordanie accepte de céder la Cisjordanie.

Alors que les pays arabes ont été des soutiens aux Palestiniens pendant des années, pourquoi n’y a-t-il quasiment aucune réaction de leur part au conflit actuel ?

Les pays arabes sont extrêmement divisés. Et je pense que la raison principale pour laquelle ils ne s’investissent pas dans ce conflit est qu’ils sont “aux ordres des américains“. L’Egypte prouve qu’elle ne fera rien car elle maintient ses frontières fermées. Je pense qu’elle a des réticences car le Hamas, parti au pouvoir dans les territoires palestiniens, est proche idéologiquement des Frères musulmans, le parti d’opposition égyptien. Les Palestiniens sont seuls et, en plus, ils sont mal vus à cause du Hamas.

Comment expliquez-vous l’arrivée au pouvoir du Hamas ?

Le 25 janvier 2006, le Hamas, mouvement islamiste palestinien, gagne démocratiquement les élections législatives. Cette victoire provoque un formidable tollé en Israël qui refuse de reconnaître le mouvement. Si les Palestiniens ont choisi d’élire ce mouvement islamiste, c’est en réponse à l’attentisme qu’ils subissent depuis des années. Grâce à Yasser Arafat, ils ont été reconnus. Les Accords d’Oslo en 1992, ont suscité chez eux un gigantesque espoir mais depuis rien n’a avancé. La colonisation continue, progresse. Il ne se passe toujours rien de favorable aux Palestiniens. On leur promet la lune. Toujours rien, etc. Il a également été reproché à Arafat d’être corrompu et de ne pas être représentatif du peuple palestinien. Alors lorsque le Hamas, de réputation honnête, a promis de faire bouger les choses pour les Palestiniens, ils ont choisi d’essayer et Mahmoud Abbas, du Fatah, qui avait été pris la place d’Arafat à sa mort a du partir. Mais le Hamas a isolé la population palestinienne puisque personne ne souhaite dialoguer avec le mouvement islamiste. La communauté internationale souhaite soutenir les Palestiniens mais seulement avec Mahmoud Abbas. Selon moi, il n’y a aucun espoir d’avancer sans dialogue avec le Hamas. Pourtant la résolution de l’urgence politique entrainerait la résolution de l’urgence humanitaire. Alors préparons l’avenir mais tout de suite, à chaud. Et abordons de face ces problèmes !

Quelle description feriez-vous de la société israélienne ?

Israël est un pays sans frontières et sans constitution. 78 % de sa population est juive et 20 % arabe dont 8 % sont des chrétiens donc 20 % de sa population est israélienne sans l’être réellement puisque l’identité israélienne se définit par le fait d’être juif. La peur et la paranoïa sont un ciment pour Israël. Le gouvernement israélien entretient cette peur et l’instrumentalise. Il utilise l’histoire des juifs occidentaux pour rappeler que les israéliens sont des victimes.

Et la société palestinienne ?

Les Palestiniens sont citoyens de rien du tout. Ils ont besoins de papiers pour tout et quand leurs papiers ne sont pas en règle, ils reçoivent une amende ou sont emprisonnés. En plus des check point aux frontières, les territoires palestiniens en comptent beaucoup d’autres à l’intérieur. Même dans les territoires palestiniens, Israël contrôle l’eau. Tout est fait pour les humilier, leur rendre la vie impossible, leur vie ne vaut rien. La bande de Gaza est une prison. Les Palestiniens n’ont pas le droit de sortir ni par la mer, ni par la voie des airs, ni par la terre. A la limite, le seul moyen de quitter le bande de Gaza est de creuser des tunnels sous terre. A Gaza, le seuil de pauvreté est de 2 dollars par jour. La moitié de la population à moins de 15 ans et les enfants sont les premières victimes conflits. Hormis les enfants tués, blessés ou orphelins, on compte ceux qui sont traumatisés, entre autre par les avions qui passent chaque nuit au dessus de leurs têtes. La population est sous tension permanente.

Sources :
Secours Catholique

Posté par Adriana Evangelizt

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