Difficiles discussions entre Israël et les Etats-Unis

Publié le par Adriana Evangelizt



Difficiles discussions entre Israël et les Etats-Unis


par Laure Mandeville



La question de l'Iran comme celle de la création d'un État palestinien donnent lieu à des divergences profondes entre Washington et le nouveau gouvernement Nétanyahou.

Ce sont des discussions à la fois cruciales et délicates qui ont commencé mardi entre Américains et Israéliens à l'occasion de la visite du président Shimon Pérès à Washington et de ses entretiens avec Barack Obama, moins de deux semaines avant la venue du nouveau chef du gouvernement israélien Benyamin Nétanyahou.


Alors que l'Administration américaine continue de parier sur un dialogue avec l'Iran, comme l'a rappelé mardi le secrétaire à la Défense Robert Gates, en visite en Égypte, les responsables israéliens accentuent la pression sur les États-Unis, partenaire stratégique et pilier de la sécurité d'Israël, pour qu'ils s'attaquent résolument au problème du nucléaire iranien. Devant l'Aipac (American Israel Public Affairs Committee), puissant groupe de pression américain pro-israélien, dont la conférence a battu son plein à Washington durant trois jours, Shimon Pérès a réaffirmé la préoccupation de son pays. «Dans l'histoire, l'Iran a cherché à enrichir l'humanité. Aujourd'hui, hélas, les dirigeants iraniens veulent enrichir l'uranium. Pour quoi faire ?» La même préoccupation a été exprimée par Benyamin Nétanyahou par liaison satellite. «L'Iran ne peut être autorisé à développer des armes nucléaires», a-t-il dit, parlant d'une préoccupation commune aux pays arabes et à Israël.


Depuis des mois, les responsables israéliens martèlent ce même message. Ils n'excluent pas d'aller frapper les installations nucléaires iraniennes, si l'Iran finit par se doter d'une bombe.


«Grave désaccord bilatéral»


Officiellement, l'Administration Obama affiche avec Israël une vraie identité de vues sur le caractère inacceptable de la menace nucléaire iranienne. Si Robert Gates déclare que «le moment n'est pas venu de retirer la main (tendue, NDLR) de l'Amérique» à Téhéran, il explique aussi que «si nous nous heurtons à un poing fermé... nous réagirons en conséquence» et nie «tout grand marchandage» avec Téhéran dans le dos des alliés arabes de l'Amérique. Mais la plupart des experts américains n'en jugent pas moins qu'une solution militaire, qui ne ferait que reculer provisoirement l'accession de l'Iran à l'arme atomique, aurait des conséquences catastrophiques. «Il existe un risque de profonde divergence entre les États-Unis et Israël sur la façon de gérer un Iran nucléaire», a averti devant l'Aipac le chercheur Robert Satloff. «S'il n'est pas géré correctement», ce problème pourrait provoquer «le désaccord bilatéral le plus grave entre les États-Unis et Israël depuis soixante et un ans», poursuit-il, sous-entendant que les Américains pourraient ne pas donner leur accord pour des frappes, et bloquer l'accès à leurs informations par satellites. Conscient de ces tensions, le président Shimon Pérès a expliqué à CNN que son pays n'avait aucune objection au dialogue entre l'Amérique et l'Iran et souhaitait ardemment qu'une solution militaire soit évitée. «Nous ne sommes pas fous, nous voulons la paix», a-t-il dit.

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La question devait être au cœur de sa rencontre avec le président Obama, de même que le conflit israélo-palestinien. «Israël doit travailler à une solution à deux États», a affirmé mardi le vice-président Joe Biden devant l'Aipac, plaidant aussi pour «le démantèlement» des colonies israéliennes. Mais Benyamin Nétanyahou n'a pas parlé d'État palestinien dans son discours de lundi.

Sources Le Figaro

 

Publié dans CONNEXION ISRAEL USA

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