Le Hamas reconnait implicitement Israël

Publié le par Adriana Evangelizt

Mais Israël va-t-il reconnaître et créer enfin la Palestine ? Voilà la question essentielle. Il n'est pas question que tout tourne dans un sens comme d'habitude...

Volte-face historique du Hamas qui reconnait implicitement Israël

Le mouvement islamiste Hamas, à la tête du gouvernement palestinien, a réalisé une volte-face historique mardi en signant un document reconnaissant implicitement Israël et agréé par les mouvements palestiniens dans le cadre d'un dialogue national.

"Avec la participation des représentants de toutes les forces islamiques et nationales, de la société civile et du secteur privé (...) nous avons conclu un accord d'entente avec des changements" sur quelques points, a affirmé Ibrahim Abou Najja qui est à la tête d'un comité rassemblant tous les groupes, lors d'une conférence de presse à Gaza.

L'accord va être présenté au Premier ministre issu du Hamas Ismaïl Haniyeh et au président Mahmoud Abbas, présent à Gaza au plus fort d'une crise provoquée par l'enlèvement d'un soldat israélien, afin qu'ils signent le document, a-t-il ajouté.

"C'est le début d'une nouvelle ère pour un travail en commun sur toutes les questions politiques, la résistance et la situation intérieure", s'est félicité le porte-parole du gouvernement Hamas, Ghazi Hamad. "Nous pensons que cet accord est un grand succès et un grand cadeau pour le peuple palestinien".

"C'est une bonne nouvelle pour une société palestinienne unie", a dit de son côté Ahmed Al-Bahar, vice-président du Conseil législatif (CLP - Parlement).

Le président Abbas entendait soumettre ce texte à référendum le 26 juillet si les parties n'avaient pas réussi à s'entendre sur sa teneur.

Israël a toutefois qualifié cet accord d'affaire "interne" palestinienne.

"Nous sommes concentrés actuellement sur une seule chose: le sort du soldat Gilad Shalit", a indiqué Mark Regev le porte-parole du gouvernement israélien.

Il faisait référence au militaire israélien enlevé dimanche par des groupes armés palestiniens, dont la branche militaire du Hamas, dans une attaque en territoire israélien.

Cet accord est un tournant historique dans la position du Hamas, vainqueur des législatives de janvier, qui a toujours refusé depuis sa création fin 1987, début 1988 lors de la première Intifada, le droit d'Israël à l'existence.

Le texte, élaboré par des cadres des mouvements emprisonnés en Israël, stipule en effet l'établissement d'un Etat indépendant sur tous les territoires occupés par Israël en 1967 avec Jérusalem comme capitale mais aussi la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Il prévoit aussi de confiner la "résistance" dans les frontières de 1967.

L'accord est intervenu après plus d'un mois de tractations ardues entre les factions palestiniennes, mais surtout le Hamas et le Fatah. Les deux mouvements se livrent à une intense lutte de pouvoir depuis le début de leur cohabitation au pouvoir en février, qui a dégénéré en affrontements armés qui ont fait une quinzaine de morts.

Le dialogue national, lancé le 25 mai, avait pour but de mettre un terme à cette crise politique et tenter de rétablir le versement des aides internationales, suspendues après la prise de fonction du Hamas en mars.

Toutefois, rien n'indique que la communauté internationale va reprendre le versement des aides, dont la suspension a laissé les territoires palestiniens au bord de l'asphixie financière.

La communauté internationale a posé trois conditions au Hamas pour la reprise de ses aides: la reconnaissance du droit à l'existence d'Israël et des accords internationaux signés entre l'Etat hébreu et les Palestiniens ainsi que l'abandon de la lutte armée.

Ibrahim Abou Najja a souligné que les changements apportés au document dit des prisonniers, qualifiés de "petits" par le chef du groupe parlementaire du Fatah Azzam al-Ahmed, concernaient la suprématie de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), qui rassemble les mouvements palestiniens.

Le Hamas et le Jihad islamique, un groupe radical qui a refusé l'accord, n'en font pas partie et rejetaient jusqu'à présent cette autorité suprême.

Des modifications ont également été apportées aux points sur les négociations avec Israël, une compétence exclusive du président Abbas, et la reconnaissance des résolutions internationales. Il n'a toutefois donné aucune indication concernant ces changements.

Sources : AFP

Posté par Adriana Evangelizt

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