« Israël ... tu dis ne pas avoir commis de crimes de guerre à Gaza ? »

Publié le par Adriana Evangelizt




« Israël ... tu dis ne pas avoir commis de crimes de guerre à Gaza ? »



par Anoushka Gangji



Un avocat du Vermont qui s'est rendu dans la Bande de Gaza en février pour enquêter sur les allégations de crimes de guerre israéliens, notamment deux tués par balles en relation avec le Middlebury College, a rejeté la récente exonération par Israël de sa propre conduite, disant que l'enquête « manquait de crédibilité ».

James Marc Leas, de South Burlington, visitait Gaza en tant que membre de la délégation de huit personnes de la Guilde Nationale des Juristes (NLG) pour enquêter sur les raisons pour lesquelles l’invasion israélienne a eu un impact tellement dévastateur sur la population civile.


Le 4 novembre, Israël envahissait le territoire contrôlé par les Palestiniens, sous prétexte de la nécessité d’empêcher le Hamas d’attaquer à la roquette des villes et colonies israéliennes proches. Au cours de l’offensive de 22 jours dite « Opération Plomb Durci », plus de 1.400 Palestiniens ont été tués, dont au moins 288 enfants. Plus de 5.300 personnes ont été blessées. Les deux tiers de victimes palestiniennes étaient des non combattants. Treize Israéliens, dont trois civils, sont morts, et 518 autres Israéliens ont été blessés.


Parmi les civils palestiniens abattus il y avait deux frères de Amer Shurrab, diplômé en 2008 de l’université Middlebury College. Le sénateur Patrick Leahy a condamné les meurtres et a réclamé une enquête au gouvernement israélien.


Selon une déclaration du 28 janvier publiée par le sénateur Leahy, le père de Shurrab, Mohammed, et ses deux frères, Kassab, 28 ans et Ibrahim, 18 ans, rentraient chez eux depuis leur ferme familiale le 16 janvier pendant un cessez-le-feu humanitaire de trois heures. Ce répit devait permettre aux civils de se réapprovisionner en nourriture, en eau et autres provisions.


Rien n’indique que la famille Shurrab circulait sur une route considérée comme peu sûre pour les civils. Néanmoins, des membres des Forces de Défense israélienne ont ouvert le feu sur le véhicule de la famille lors d’une attaque sans provocation, blessant ses trois occupants.


Kassab, le frère aîné de Shurrab, paniqué, a bondi du véhicule, et a reçu 18 rafales. Le père de Shurrab et son autre frère, Ibrahim, ont également été blessés mais les soldats israéliens les ont empêchés de recevoir des soins médicaux, alors même qu’il y avait un hôpital à moins d’un mile de là.


« Mohammed a tout tenté pour sauver son fils Ibrahim, qui s’est vidé de son sang sous ses yeux » dit Leahy dans sa déclaration. Le père a appelé sur son téléphone portable le Croissant Rouge palestinien et plusieurs agences de presse, notamment la BBC, pour réclamer de l’aide, mais les soldats israéliens des FDI n’ont pas autorisé d’ambulance avant 22 heures. Au moment où elle est arrivée, Ibrahim était mort.


« Ce cas exige une enquête immédiate, approfondie, crédible et transparente par le gouvernement israélien » a dit Leahy, qui est connu comme un ardent supporter d’Israël au Sénat des Etats-Unis. « Tout individu reconnu avoir violé les lois de guerre devrait être poursuivi et correctement puni ».


Peu de temps après la fusillade, la délégation NLG de Leas s’est rendue à Gaza depuis l’Egypte pour interroger des témoins oculaires. Leas, dont le profil est paru dans l’hebdomadaire « Seven Days » du 18 mars, dit qu’alors que d’autres groupes pour les droits humains avaient visité Gaza et interrogé des survivants, le sien est la seule équipe juridique à avoir tenté de prouver les violations spécifiques du droit international. Leas et son équipe ont interviewé des dizaines de civils palestiniens, notamment le père de Shurrab.


Le rapport de 37 pages de la délégation publié le 2 avril avance des preuves détaillées que les soldats israéliens ont commis « des violations considérables » du droit international. Elles comprennent la prise pour cible délibérée de civils et d’infrastructures civiles, le refus intentionnel de soins médicaux aux blessés, les attaques volontaires de travailleurs médicaux civils et l’abus d’armes, dont certaines manufacturées et fournies par les Etats-Unis.


Depuis, des soldats des FDI qui servaient lors du conflit de Gaza ont témoigné pour corroborer certaines de ces allégations, et ils ont déclaré que les propres enquêtes d’Israël sur de tels incidents n’aboutissent que rarement, voire jamais, à des actions ou réformes disciplinaires.


« Ce que ces soldats ont fait connaître, et ce que nous avons vu sur le terrain, est qu’il s’agissait d’une politique largement répandue » a déclaré Leas. « Telles étaient les règles d’engagement qui ont favorisé les fusillades, les bombardements et le meurtre de civils ».


Le consul général d’Israël en Nouvelle Angleterre, Nadav Tamir, a refusé de commenter le rapport NLG ou le meurtre de la famille de Shurrab. (Le Bureau de Leahy doit encore recevoir une réponse officielle du gouvernement israélien). Cependant, le consulat a publié des remarques écrites sur certains des défis éthiques du combat dans une guerre non conventionnelle.


« Le champ de bataille est un environnement qui est sujet à des erreurs. Pour les FDI, tout dommage collatéral à des civils est problématique et sujet à enquête afin que nous tirions la leçon de nos erreurs et améliorions notre doctrine de combat dans le futur » dit la déclaration. « Pour le Hamas, les dommages collatéraux tant à Israël qu’aux civils palestiniens est un moyen pour atteindre son objectif ».


La délégation NLG prévoit de se rendre à Washington, D.C. - où vit maintenant Amer Shurrab - en mai pour rencontrer des membres du Congrès et des représentants du Département d’Etat. Le Conseil pour les Droits Humains des Nations Unies lance sa propre mission d’enquête sur l’invasion de Gaza, avec à sa tête Richard Goldstone, un juriste sud-africain. Sa mission sera de mener l’enquête sur les crimes de guerre qui auraient été commis par les deux parties au cours du conflit.

Sources
Info Palestine

Publié dans LE MARTYRE DE GAZA

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