Boycott universitaire et culturel d’Israël : Lettre à Leonard Cohen

Publié le par Adriana Evangelizt




Boycott universitaire et culturel d'Israël : Lettre à Leonard Cohen



Tous les moyens de vous convaincre étant épuisés, PACBI appelle tous les partisans d'une juste paix dans notre région à déserter vos concerts et à ignorer vos CD, ainsi qu'à manifester partout où vous vous présenterez.


Renforcer le boycott universitaire et culturel d’Israël


Le mois dernier, d’éminents universitaires de la Commission britannique pour les universités de Palestine, le
BRICUP, vous demandait instamment de ne pas vous produire en Israël, arguant que :


«  Si vous sortiez de trois semaines de bombardements déchaînés par terre, mer et air, sans un seul endroit où vous cacher et où vous enfuir, avec vos hôpitaux surpeuplés, les eaux usées se déversant dans les rues et du phosphore blanc dévorant vos enfants, et que vous appreniez que le grand musicien canadien, Leonard Cohen, avait décidé de jouer pour vos bourreaux, que diriez-vous ? »


Citant un passagede votre célèbre poème, Questions au Shomrim, où vous vous exclamez : « Et mon peuple bâtira-t-il un nouveau Dachau pour l’appeler amour, sécurité, culture juive, » une lettre que la plupart des militants israéliens qui soutiennent le boycott culturel contre Israël vous ont adressée récemment, vous pressait de ne pas coopérer au « mépris d’Israël pour la justice et la moralité. »


Aujourd’hui, ayant épuisé tous les moyens de vous convaincre de mettre en pratique vos principes humanistes affirmés d’une façon moralement cohérente par le refus d’alimenter l’apartheid israélien et de l’absoudre de ses crimes, crimes tout juste commis, la Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI) appelle tous les partisans d’une juste paix dans notre région à déserter vos concerts et à ignorer vos CD, ainsi qu’à manifester partout où vous vous présenterez. Nous considérons que vos prestations en Israël seront une façon de vous rendre complice d’Israël quand il viole gravement le droit international et bafoue les principes des droits humains.

Votre concert prévu en Israël se déroulerait à quelques mois à peine de son agression militaire sanglante contre la bande de Gaza occupée qui a tué plus de 1 440 Palestiniens dont 431 étaient des enfants, et 5 380 blessés. Un million et demi de Palestiniens dans la bande de Gaza assiégée - la grande majorité d’entre eux étant des réfugiés expulsés de leurs foyers par les troupes sionistes en 1948 - ont été soumis à trois semaines de terrorisme sans relâche par l’Etat israélien, pendant lesquelles les avions israéliens ont systématiquement ciblé les secteurs civils, réduisant en ruines tous les quartiers et une infrastructure civile vitale, détruisant en partie l’université de Gaza et des dizaines d’écoles, dont plusieurs gérées par les Nations unies où des civils avaient cherché refuge. Cette agression criminelle fut lancée après 18 mois d’un siège interminable, paralysant, de la bande de Gaza par Israël, un siège qui a atteint tous les domaines de la vie, et qui a conduit le rapporteur spécial des Nations unies pour les droits humains à parler de « prélude à un génocide ». Les organisations internationales pour les droits humains et les organismes des Nations unies demandent aujourd’hui une enquête pour crimes de guerre sur l’agression militaire israélienne contre la bande de Gaza.


Depuis 41 ans, l’armée israélienne occupe la Cisjordanie dont Jérusalem-Est et la bande de Gaza. En dépit du « processus de paix » engagé il y 16 ans, Israël viole systématiquement les droits humains les plus fondamentaux des Palestiniens, en toute impunité, comme en témoignent les organisations internationales et locales pour les droits humains. Israël assassine extrajudiciairement les dirigeants et militants palestiniens ; garde emprisonnés plus 11 000 Palestiniens, dont de nombreux membres du parlement ; soumet quotidiennement tous les Palestiniens sous occupation à des humiliations, des intimidations et à sa violence militaire ; et continue de construire son mur colonial, jugé illégal par la Cour internationale de Justice de La Haye, le 9 juillet 2004.


Vous prétendez que vous produire en Israël aura quelque part un effet curatif. Votre message de guérison ne peut être plus mal dirigé : ceux qui ont le plus grand besoin de guérison et de solidarité, ce sont les Palestiniens victimes de l’apartheid et du joug colonial d’Israël, qui se battent pour mettre fin à l’oppression et à l’injustice et pour établir une juste paix. En violant le boycott palestinien contre Israël, vous faites resurgir ce honteux souvenir de ces artistes qui ont violé le boycott contre l’Afrique du Sud de l’apartheid, et qui ont insisté pour se produire à Sun City, soulevant condamnation et dégoût chez les gens de conscience du monde entier.


Dès 1984, Enuga S. Reddy, directeur du Centre des Nations unies contre l’Apartheid, a répondu ainsi à l’objection selon laquelle le boycott culturel de l’Afrique du Sud serait une violation de la liberté d’expression :


« Il est plutôt étrange, pour ne pas dire plus, que le régime sud-africain qui nie toutes les libertés... à la majorité africaine... se fasse le défenseur de la liberté des artistes et sportifs du monde. Nous avons une liste de personnes qui se sont produites en Afrique du Sud à cause de leur ignorance de la situation, de leur appât du gain ou bien de leur insouciance devant le racisme. On devrait pouvoir les persuader d’arrêter de soutenir l’apartheid, de profiter de l’argent de l’apartheid, et d’arrêter de servir les buts de la propagande du régime d’apartheid. ».


Nourrir un régime d’apartheid, quel qu’il soit, est moralement répréhensible. Aucun véritable humaniste ne peut l’approuver.


Ramallah, le 17 mai 2009


Campagne palestinienne pour le boycott universitaire et culturel d’Israël (PACBI)

Sources
Info Palestine

Publié dans BOYCOTT

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