Des ONG américaines condamnent la barbarie israélienne

Publié le par Adriana Evangelizt

Des ONG américaines condamnent la barbarie israélienne

Le Tsahal poursuit ses agressions contre la bande de Gaza

Plusieurs organisations non-gouvernementales (ONGs) américaines ont condamné jeudi l'invasion par les troupes israéliennes de la Bande de Gaza et qualifient de «crime de guerre» la destruction de ses équipements de base, tels les réseaux d'électricité, d'eau potable et de routes qui aggravent les conditions de vie déjà précaires de 1,4 million de Palestiniens.

Le Comité arabo-américain de lutte contre la discrimination (ADC) dénonce «l'usage démesuré de la force par le gouvernement israélien qui aura indubitablement des conséquences dévastatrices sur les civils palestiniens, spécialement durant les températures torrides de l'été».

«Les actions prises par le gouvernement israélien impose une punition collective injuste pour tous les palestiniens dans la bande de Gaza et viole la loi internationale», indique ADC dans un communiqué.

L'ADC exprime aussi ses profondes préoccupations pour les arrestations des membres élus du conseil législatif palestinien et réclame leur libération.
«C'est inacceptable pour 1,4 million de Palestiniens d'être soumis à une punition collective et pour le monde de demeurer silencieux», s'est indignée la présidente d'ADC, Mary Rose Oakar.

L'ADC appelle la communauté internationale à exercer de fortes pressions sur Israël pour éviter des conséquences désastreuses et inhumaines additionnelles aux Palestiniens vivant dans la Bande de Gaza.

«Il n' y a pas d'autre choix que la paix. Le langage de la guerre, de la violence et de la terreur n'apportera la paix ni à la Palestine ni à Israël», a indiqué, pour sa part, Imad Hamad, directeur régional de l'ADC.

La destruction par Israël des infrastructures civiles des palestiniens est un «crime de guerre» que l'administration Bush devrait condamner, a affirmé le Conseil des relations islamo-américaines (CAIR). «L'Administration Bush devrait condamner ces crimes de guerre et demander à Israël de stopper l'usage des armes financées par les contribuables américains pour mener des attaques qui ne serviraient qu'à l'aggravation de la crise humanitaire à Gaza», a indiqué CAIR dans un communiqué.

Pour sa part, l'Institut arabe-américain (AAI) a condamné l'offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza qui a détruit une centrale électrique et trois ponts occasionnant un manque d'électricité et d'eau pour plus de 1,3 million de Palestiniens démunis.

Le président de l'AAI, James Zogby, a appelé l'Administration Bush à demander à Israël de mettre un terme à la destruction systématique des infrastructures palestiniennes et de permettre à la diplomatie de résoudre la question du soldat israélien capturé.

«L'usage disproportionné de la force dans des actes de punition collective qui affiche un mépris complet pour les souffrances des centaines de milliers d'innocents ne favorisera jamais la paix», a déclaré James Zogby dans un communiqué soulignant que l'attaque par Israël des infrastructures de Gaza ne fait que le jeu des groupes extrémistes.

L'AAI est outragé par la destruction de la centrale d'électricité qui a été construite par des partenaires américains et garantie par la Société des investissements privés étrangers (OPIC), une agence indépendante d'une branche de l'Exécutif américain.

«Les Etats-Unis ne peuvent rester silencieux, alors qu'Israël utilise des armes américaines pour faire des ravages à Gaza», a dit Zogby soulignant que l'assaut israélien en violation de la loi américaine et internationale coûterait 40 millions de dollars aux contribuables puisque la centrale électrique a été financée en partie avec les garanties de l'OPIC.

«La timidité des Etats-Unis ou leur connivence nous mettent dans un grand risque dans une région déjà bouleversée par notre comportement en Irak et par notre négligence historique des droits des palestiniens», a déploré Zogby.
L'Association «Agir Maintenant pour Stopper la Guerre» (ANSWER) a pour sa part qualifié de «crime contre l'humanité» la destruction par Israël des infrastructures de Bande de Gaza en organisant, jeudi, avec d'autres ONGs américaines, un sit-in devant l'ambassade d'Israël aux Etats-Unis.

En réaction à l'invasion israélienne de la Bande de Gaza, le porte-parole de la Maison Blanche s'est contenté de déclarer : «A n'importe quelles actions que le gouvernement israélien pourrait entreprendre, les Etats-Unis demandent la garantie que les civils palestiniens innocents ne soient pas affectés et que la destruction non nécessaire des propriétés et des infrastructures soit évitée».

L'Administration Bush interpellée

Les ONG américaines continuent d'exprimer leurs préoccupations au sujet de l'escalade de la tension au Moyen-Orient et appellent l'Administration Bush à user de son influence auprès de son allié Israélien pour mettre un terme à l'invasion de la Bande de Gaza et aux souffrances du peuple palestinien.

La Coalition des Eglises pour la Paix au Moyen-Orient (CMEP) a incité les hauts diplomates de l'administration américaine à faire tout leur possible pour «calmer la crise» dans la bande de Gaza, qualifiant la destruction par l'armée israélienne d'une centrale électrique et de ponts comme «une punition collective» dont pâtit sévèrement le peuple palestinien.

Le Comité exécutif du CMEP qui regroupe 60 églises orthodoxes, catholiques et protestantes a adressé dans ce sens des lettres à Michael Doran du Conseil national de sécurité et à David Welch, sous secrétaire d'Etat aux affaires du Moyen-Orient, les exhortant à ne ménager aucun effort pour trouver une solution diplomatique à la crise qui sauverait la vie du soldat enlevé Gilad Shalit et épargnerait au peuple palestinien les souffrances engendrées par la destruction des équipements de base.

The American Task Force on Palestine (ATFP) a exprimé, à son tour, ses préoccupations sur la destruction par l'armée israélienne des infrastructures «vitales» du peuple palestinien dans la bande de Gaza, le privant de l'approvisionnent en électricité, en eau potable et en climatisation par un climat estival torride.

ATFP a souligné, dans un communiqué, que des organisations internationales comme la Croix-Rouge Internationale ont lancé un appel à Israël pour fournir d'urgence des provisions alimentaires et médicales au peuple palestinien. AFTP presse Israël à approvisionner immédiatement la bande de Gaza en fuel et à rétablir la connexion de son réseau électrique pour fournir de l'électricités à la région, assurant qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit israélo-palestinien et que la destruction des infrastructures vitales ne fera qu'exacerber les tensions et le cycle de la violence et radicaliser les modérés parmi la population.

De son côté, le Conseil de la Fondation pour l'intérêt national a déploré le refus des Etats-Unis de voir en la réaction israélienne dans la bande de Gaza «une punition collective» qui est interdite par les conventions internationales des Nations unies, estimant que la première priorité pour Israël et les Etats-Unis est «de renverser le gouvernement de Hamas sans saper Mahmoud Abbas».

Faisant état de la politique de deux poids deux mesures des Etats-Unis dans le conflit israélo-arabe, le cycle d'assassinat par Israël des cadres palestiniens et la destruction de la centrale électrique de Gaza privant 700.000 habitants d'eau et de lumière, le Conseil relève qu'une telle crise au Moyen-Orient ne conduira qu'au déclenchement d'une nouvelle Intifada et ne constituera qu'un grand fardeau pour les relations des Etats-Unis avec le monde arabe et musulman.

Et Israël ne bénéficiera aucunement de l'escalade, a indiqué le Conseil. Pour sa part, la Fondation musulmane «MAS Freedom», qui a organisé jeudi un sit-in devant l'ambassade d'Israël à Washington, a lancé un appel pour l'organisation d'une grande manifestation, le 6 juillet, devant le siège de la mission diplomatique de l'Etat hébreu afin de protester contre «l'agression israélienne dans la bande de Gaza et contre le bombardement des infrastructures palestiniennes».

D'autres ONG américaines, telles l'Association nationale des étudiants musulmans, la Coalition d'ANSWER (Agir maintenant pour stopper la guerre) et l'Institut international des femmes pour la justice et la paix ont manifesté devant l'ambassade israélienne en brandissant des pancartes préconisant la fin de l'occupation de la Palestine et stigmatisant l'utilisation de l'argent du contribuable américain pour soutenir l'agression israélienne contre le peuple palestinien.

MAS Freedom a déploré l'utilisation de l'enlèvement du soldat israélien comme prétexte à l'invasion de la bande de Gaza et à l'affaiblissement de l'autorité palestinienne en place, soulignant que la politique à sens unique du gouvernement américain ne sert ni les intérêts des Etats-Unis, ni la paix et la stabilité dans la région.

Amnesty International exprime son «inquiétude»

L'Organisation internationale pour la défense des droits humains, Amnesty International (AI, basée à Londres) a exprimé vendredi son «inquiétude grandissante» pour la sécurité de la population civile dans les territoires palestiniens occupés.

«Les Palestiniens ordinaires, qui n'ont aucune part dans l'escalade actuelle de la tension entre forces israéliennes et groupes armés palestiniens dans la bande de Gaza et ailleurs dans les territoires occupés sont les principales victimes de la confrontation», indique l'Organisation dans un communiqué.

Les forces israéliennes ont de plus en plus recours à la force disproportionnée et dirigent leurs attaques contre des cibles civiles, ce qui a un impact sérieux sur la population palestinienne des territoires occupés, en particulier dans la bande de Gaza, ajoute Amnesty, qui appelle à la libération du soldat israélien, kidnappé par des groupes armés palestiniens.

Après le largage, par l'armée israélienne, de tracts dans le nord de la bande de Gaza avertissant les habitants de raids militaires imminents dans la zone, des dizaines de milliers de Palestiniens ne se sentent plus en sécurité chez eux, déplore l'organisation, rappelant qu'au cours des trois derniers mois, les forces israéliennes ont répliqué aux tirs de quelque 300 roquettes palestiniennes par plus de 8.000 tirs d'artillerie et de très nombreux raids aériens dans la zone, tuant plusieurs palestiniens et en blessant de nombreux autres, dont des enfants.

L'avertissement, donné le 28 juin par l'armée israélienne au moyen de tracts largués par avion incitant les habitants à évacuer le nord de la bande de Gaza, a accru les craintes de la population, depuis longtemps vulnérable aux attaques des forces israéliennes, mais qui ne sait où aller, poursuit AI, soulignant que de très nombreux Palestiniens, dont beaucoup d'enfants, ont été tués ou blessés ces dernières semaines par des missiles lancés par des hélicoptères de combat israéliens sur des zones résidentielles peuplées.

Les attaques délibérées et la destruction par les forces israéliennes de cibles civiles tels les ponts, les centrales électriques, le réseau d'électricité et d'autres infrastructures continuent de faire dégrader la qualité de vie et de restreindre la liberté de mouvement de centaines de milliers d'habitants de la bande de Gaza, aggravant une situation humanitaire déjà alarmante après l'imposition récente de sanctions internationales contre l'Autorité palestinienne dirigée par le Hamas, relève l'organisation.

Amnesty a, d'autre part, réitéré son appel aux autorités et aux forces armées israéliennes pour qu'elles cessent immédiatement de prendre pour cibles des biens civils et des infrastructures et pour qu'elles mettent fin aux pilonnages d'artillerie, raids aériens et autres mesures menaçant de façon disproportionnée la vie des civils palestiniens. Elle a demandé également des éclaircissements sur les circonstances entourant l'arrestation jeudi, par les forces israéliennes, de nombreux ministres de l'Autorité palestinienne, de députés membres du Hamas, de chefs de municipalités et d'autres responsables palestiniens élus.

L'UE apporte son plein soutien au Président palestinien


L'envoyé spécial de l'Union européenne au Proche-Orient, Marc Otte, a affirmé que l'Union européenne apporte son plein soutien au Président palestinien Mahmoud Abbas, soulignant qu'il faisait preuve de «détermination» pour trouver une issue positive à la crise provoquée par l'enlèvement, dimanche, d'un soldat israélien.

«Mahmoud Abbas défend son peuple et préserve aussi le futur. Il fait preuve d'un sens de la direction, de détermination et de fermeté», a déclaré M. Otte lors d'une conférence de presse à Gaza après une rencontre avec M. Abbas.
«Nous espérons que le langage des armes cessera et que celui de la négociation et du respect mutuel reprendra», a-t-il ajouté, précisant que «les développements dans les heures et les jours prochains permettront de lever le siège» de la bande de Gaza.

De son côté, Mohamed Dahlan, député et responsable du Fatah dans la bande de Gaza, a indiqué que le Président Abbas avait «convaincu la communauté internationale de faire pression sur Israël pour empêcher une attaque contre la bande de Gaza».

Il a, également, condamné les arrestations par Israël de ministres du gouvernement Hamas en Cisjordanie, les qualifiant d'«inacceptables».
L'armée israélienne mène une offensive d'envergure dans la bande de Gaza pour récupérer le soldat Gilad Shalit, enlevé lors d'une opération palestinienne dimanche contre une position militaire.

Sources :  Le Matin Ma

Posté par Adriana Evangelizt

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