Washington durcit le ton sur la colonisation

Publié le par Adriana Evangelizt




Washington durcit le ton sur la colonisation




par Ezzedine Said
Agence France-Presse
Washington


L'administration américaine a durci le ton mercredi contre la colonisation juive dans les territoires occupés, à la veille de la première rencontre entre le président Barack Obama et le leader palestinien Mahmoud Abbas.


La secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton, qui doit s'entretenir avec M. Abbas autour d'un dîner, a ainsi affirmé que le président Obama réclamait un gel de la colonisation israélienne, y compris de l'expansion «naturelle» des colonies défendue par le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu.


«Le président a été très clair quand il a rencontré le Premier ministre Netanyahu» il y a dix jours, a déclaré à la presse la chef de la diplomatie américaine.


«Il veut la fin de la colonisation: pas de colonies, pas de postes avancés, pas d'exceptions liées à la croissance naturelle», a ajouté Mme Clinton qui était interrogée au cours d'un point de presse avec son homologue égyptien Ahmed Aboul Gheit sur des propos de M. Netanyahu annonçant qu'il entendait poursuivre l'accroissement des colonies existantes en Cisjordanie.


Mme Clinton a ainsi exprimé la position la plus claire de la nouvelle administration américaine sur la colonisation israélienne depuis l'arrivée au pouvoir de M. Obama en janvier.


Dimanche M. Netanyahu a prévenu qu'il n'avait pas l'intention de geler complètement la colonisation juive.


L'Autorité palestinienne a salué les déclarations de Mme Clinton, rappelant que l'arrêt total de la colonisation était prévu par la Feuille de route, le plan international au coeur des efforts de paix depuis 2003.


«J'espère que les Etats-Unis vont aussi mettre en place un mécanisme pour contraindre le gouvernement israélien de respecter ses engagements prévus par la Feuille de route, notamment l'arrêt total de la colonisation», a déclaré à l'AFP le négociateur palestinien Saëb Erakat.


M. Abbas, arrivé mardi soir à Washington, a rencontré mercredi le président de la Banque Mondiale Robert Zoellick au siège de cette institution qui doit annoncer, jeudi, l'octroi d'une nouvelle aide de 55 millions de dollars à l'Autorité palestinienne, selon des responsables palestiniens.


Il s'est ensuite entretenu avec le sénateur démocrate Carl Levin et devait rencontrer en fin d'après-midi M. Aboul Gheit et le chef des services de renseignements égyptiens Omar Souleimane, présents à Washington pour préparer la visite de M. Obama début juin en Egypte où il prononcera un grand discours à l'adresse du monde musulman.


«Nous nous attendons à une intervention américaine active se traduisant par des pressions américaines sur Israël pour qu'il arrête la colonisation et les provocations et accepte une solution basée sur deux Etats», a déclaré à l'AFP le porte-parole de M. Abbas, Nabil Abou Roudeina.


Après la relance du processus de paix en novembre 2007 sous les auspices de Washington, M. Abbas et l'ancien Premier ministre israélien Ehud Olmert se sont rencontrés une vingtaine de fois mais les négociations, suspendues en décembre, n'ont enregistré aucune percée.


L'entretien à la Maison Blanche interviendra dix jours après celui qui a réuni M. Obama et le nouveau Premier ministre israélien de droite, Benjamin Netanyahu, et au cours duquel les deux hommes ont étalé leurs divergences à propos de l'Etat palestinien que la communauté internationale veut voir aux côtés d'Israël.


M. Abbas sera accompagné à la Maison Blanche par son Premier ministre Salam Fayyad qui a formé la semaine dernière un nouveau cabinet excluant les islamistes du Hamas au pouvoir à Gaza depuis juin 2007, faute d'un accord interpalestinien de réconciliation en dépit de plusieurs sessions de dialogue sous les auspices de l'Egypte.

Sources
Cyberpresse

Publié dans CONNEXION ISRAEL USA

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