Ehud n 'est pas Saddam

Publié le par Adriana Evangelizt

Ehud n'est pas Saddam

par A. Merad

 

La télé nationale algérienne s’est beaucoup investie, pas à titre de solidarité seulement, dans le traitement informatif et analytique de la tragédie que vit actuellement le Liban. En plus des JT de 20 h qui consacrent une bonne partie du temps à décortiquer l’événement, avec la participation sur le plateau de spécialistes qui apportent des éclairages pertinents sur les motivations politiques et stratégiques qui ont conduit Israël à commettre ce genre de barbarie, l’Unique a renforcé son travail par des éditions spéciales et des flashs en direct pour rester à l’écoute des derniers développements de la situation. Tout en regrettant le fait qu’il a manqué à la télévision algérienne, à l’instar des grandes chaînes d’information arabes, un correspondant sur place ou un envoyé spécial pour avoir ses propres images et sa propre vision des faits, on relèvera les efforts méritoires fournis par son service politique pour donner, sur la base d’une objectivité non simulée, un son de cloche différent de celui livré par la grande majorité des chaînes occidentales captées en Algérie. C’est sa manière à elle d’essayer de contrebalancer, avec les moyens dont elle dispose, le redoutable réseau d’information mondial contrôlé par le lobby juif à travers notamment les médias lourds européens qui, dans le contexte du drame libanais, font ouvertement dans la désinformation la plus pernicieuse qui soit.

Les télés occidentales, en effet, font tout pour minimiser l’agression israélienne. Pas une parmi elles, au quinzième jour d’un plan de destruction systématique planifié depuis longtemps et qui laisse derrière lui cendres et désolation au pays du Cèdre, n’a osé qualifier la folie des faucons sionistes par les termes qui lui conviennent, à savoir génocide à ciel ouvert ou crime contre l’humanité. Dans les commentaires, les mots ont une importance capitale et, malgré la flagrance des actes qui apparaissent dans toute leur nudité, il y a toujours cette retenue pour éviter de montrer Israël sous son véritable visage. Quand la secrétaire d’Etat américaine, dans sa pseudo recherche d’une solution à cette crise, parle cyniquement de... violence, on aura compris que, quoi qu’il fasse contre les Arabes en violation des droits humanitaires les plus élémentaires, l’Etat hébreu sera assuré d’une couverture et d’une protection indéfectible de la part de ses parrains. Quand le Premier ministre israélien déclare sans pudeur que son intention n’est pas de faire la guerre au peuple libanais alors que des centaines de Libanais précisément périssent sous le déluge de feu des faucons de Tel-Aviv, il y a de quoi ressentir un puissant sentiment de révolte intérieure face au silence des médias occidentaux qui acceptent froidement l’argument sans le soumettre, comme ils ont l’habitude de le faire, à la critique. Cela nous renvoie à l’épisode de la tentative d’annexion du Koweït par l’Irak, à l’époque dirigé par Saddam Hussein, et à la levée de boucliers américano-européens contre le leader irakien, présenté comme un dictateur fou qu’il fallait à tout prix neutraliser. Face à cette opération somme toute aventureuse menée par l’armée irakienne, il y a eu front uni des médias occidentaux pour orchestrer la curée anti-Saddam et faire respecter le droit international. La suite, on la connaît... mais la question de fond revient à la surface : pourquoi, quand il s’est agi de l’Irak entraîné par Saddam dans le bourbier koweïtien, la mobilisation internationale et le passage à l’acte ne se sont pas fait attendre et qu’avec la barbarie israélienne contre le Liban les faiseurs d’opinions empruntent l’attitude des trois singes ? Deux poids, deux mesures pour un scénario identique, encore que l’acte israélien est mille fois supérieur par son atrocité. Mais il est vrai qu’Ehud Olmert n’est pas Saddam, il n’a rien d’un tyran... c’est un paisible dirigeant qui ne cherche qu’à protéger son pays contre une agression extérieure.

Sources : El Watan

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Ehud Omert

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