L'héritage de Sharon en action

Publié le par Adriana Evangelizt

Tanya la Juste... nous savons qu'un autre monde existe et que ta place sera au milieu de la Lumière... toi, qui passas ta vie à combattre et à dénoncer les méfaits de l'Ombre. Que ton âme repose en paix. Nous continuerons -avec d'autres- pour toi...  à nous battre pour cette juste cause qu'est la Palestine. Et nous publions en ta mémoire un premier article... déjà publié d'ailleurs... d'autres suivront... repose en paix dans ton ciel, nous, nous te gardons dans notre coeur.

L’héritage de Sharon en action
 (Reprise d'article)


Le monde occidental semble encore, à l’heure actuelle, sous le charme d’Ariel Sharon qui, à ce qui se dit, a apporté un changement gigantesque dans la politique d’Israël – de l’expansion et occupation à la modération et aux concessions – une situation qui doit être achevée par son successeur Ehud Olmert.  Depuis l’évacuation des colonies de la  Bande de Gaza, la version dominante en occident a été qu’Israël a fait sa part en ce qui concerne la fin de l’occupation et annoncé qu’il était prêt à faire de nouveaux pas en ce sens, et que c’est maintenant au tour des palestiniens de montrer qu’ils sont capables de vivre en paix avec leur voisin bien intentionné.

Plus tard, alors que le monde occidental retenait son souffle une fois de plus, après un an et demi d’attente pour le retrait planifié de Gaza, Sharon fit tout son possible pour faire échouer le président palestinien, Mahmoud Abbas, élu en janvier 2005. Sharon déclara  qu’Abbas n’était pas un partenaire approprié (parce qu’il ne luttait pas contre le terrorisme) et repoussa toutes les nouvelles offres de négociations. La réalité quotidienne des palestiniens dans les Territoires occupés n’a jamais été aussi sombre que pendant la période de Sharon. En Cisjordanie, Sharon avait lancé un projet massif de purification ethnique dans les zones  frontalières avec Israël. Son projet de mur vole la terre des villages palestiniens dans ces zones, emprisonne des villes entières, et laisse ses habitants sans moyens de subsistance. Si le projet se poursuit, parmi les 400.000 palestiniens qu’il aura sinistrés, beaucoup devront partir et chercher à aller gagner leur vie dans les banlieues des villes à l’intérieur de la Cisjordanie, comme c’est déjà le cas pour la ville de Qalqilia au nord de la West Bank.

Le parti travailliste n’a pas été capable d’offrir une alternative. Lors des deux dernières élections israéliennes, le Labor a élu des colombes  comme candidats au poste de premier ministre, Abraham Mitzna en 2003, et Amir Peretzen en 2006. Tous les deux avaient été salués dès le départ dans un grand enthousiame, mais leur parti et les consultants en communication, et l’auto censure qu’ils se sont imposée, les ont rapidement faits taire, les poussant à se situer eux même « au centre de la carte politique ». Du coup,  leur programme ne se différencia plus de celui de Sharon. ¨Peretz a même déclaré que sur des questions de « politique étrangère et de sécurité » il se comporterait exactement comme Sharon, ou Olmert ensuite, et qu’ils ne divergeaient que sur des questions sociales. Ce faisant, ces candidats ont contribué à convaincre les électeurs israéliens que la méthode de Sharon était la méthode juste. Pendant ces dernières années, il n’y a jamais eu une opposition de gauche conséquente à la domination de Sharon et des généraux, puisque après les élections, le parti travailliste entre toujours dans la coalition de gouvernement, apportant aux généraux l’image de colombes dont ils ont besoin pour leur show international.

A la veille des élections israéliennes, Olmert avait dévoilé publiquement le plan, qui devint plus tard le plan officiel du nouveau gouvernement israélien, sous le nom de consolidation, ou convergence. Il proclama que la nouvelle frontière d’Israël correspondrait au tracé du Mur, qui serait terminé avant le début du désengagement. (6) Pour exploiter ce plan, le mur devrait se déplacer encore un peu plus à l’est de son tracé actuel, et Olmert est explicite dans ses explications sur son emplacement idéal. Il est certain pour lui qu’ « Israël maintiendra (les colonies) d’Ariel, Ma’aleh Adoumin, l’enceinte ( envelope) de Jérusalem et Gush Etzion, ainsi que le contrôle d’Israël sur la vallée du Jourdain. (7) Un coup d’œil à la carte révèle que les zones qu’Israël annexerait par ce plan représentent 40 % de la Cisjordanie.

Il y a un an seulement, le monde occidental célébrait l’aube de la démocratie au Moyen –Orient. Après la mort d’Arafat, les Palestiniens étaient engagés dans une vraie campagne électorale. Le Hamas déclara son intention de participer aux élections, et de passer de la lutte armée au travail dans le champ politique. On aurait pu penser que cela apparaîtrait comme un développement positif et encourageant, après les années de bains de sang. En effet, les USA insistaient pour que les élections aient lieu, malgré les objections israéliennes. Mais, hélas, les Palestiniens allaient élire le mauvais parti. Et il a semblé naturel au monde occidental que les Palestiniens devaient subir une punition collective pour ne pas avoir bien compris ce qu’est la démocratie. Les Usa décident, et l’Europe est d’accord pour que tous les palestiniens soient coupés du monde, en les laissant au bord de l’inanition, avec l’écroulement de ce qui reste de leurs  infrastructures et du système sanitaire.

Néanmoins, le fait que la pression soit mise sur Israël même pendant une brève période seulement, montre aussi les limites du pouvoir et de la propagande. Malgré l’apparent succès du lobby pro-israélien pour faire taire toute critique contre la politique israélienne dans le débat politique occidental, la lutte palestinienne pour la justice a pénétré la conscience mondiale. Cela a commencé avec le peuple palestinien  qui a supporté des années d’oppression brutale et, à travers sa résistance et son organisation quotidienne, est arrivé à garder vivante la cause palestinienne, chose que toutes les nations ne sont pas arrivées à faire. Cela continue avec la lutte des mouvements de solidarité qui envoient leurs membres dans les territoires occupés ou font des vigies chez eux, des universitaires qui signent des pétitions de boycott, prenant eux même le risque d’être attaqués, avec certains journalistes courageux qui continuent à raconter la vérité, contre la pression des médias consentants et des lobbies pro israéliens. Cette lutte semble souvent inutile, mais elle a pénétré la conscience mondiale. C’est cette conscience collective qui oblige finalement les USA à exercer des pressions sur Israël pour quelque concession, même limitée. On peut faire taire la cause palestinienne pour quelque temps, comme c’est le cas en ce moment, mais elle renaîtra.

* Tanya Reinhart est enseignante de linguistique à l’université de Tel Aviv et à Utrecht. Elle est l’auteur, récemment, de L’héritage de Sharon. Détruire la Palestine, suite (La fabrique, avril 2006)(15 euros)

http://www.haaretz.com/hasen/pages/ShArt.jhtml?itemNo=416024&contrassID=1&subContrassID=1&
sbSubContrassID=0&listSrc=Y
.


[2]Amir Oren, Ha’aretz, October 19, 2001.


[3] Ora Coren, Israel ranks among most corrupt in West, Ha’aretz, April 8, 2005.


[4] Gil Hoffman, 'National Responsibility' name of PM's new party, Jerusalem Post ,November 23, 2005.


[5] Amnon Dankner and Ben Kaspit, The road blast Sharon’s new initiative, Ma’ariv, January 2 2006 (Hebrew; www.nrg.co.il/online/1/ART1/027/938.html).


[6] Aluf Benn and Yossi Verter, “Olmert to Offer Settlers: Expand blocs, cut outposts,” Ha’aretz, March 3 2006.


[7] Olmert said: “I believe that in four years’ time, Israel will be disengaged from the vast majority of the Palestinian population, within new borders, with the route of the fence - which until now has been a security fence - adjusted to the new line of the permanent borders.”


[7]Ibid.


[8]Ibid.


[9]Ibid.


[10] Yuval Yoaz, Hague fence ruling may lead to sanctions, Ha'aretz, August 19, 2004.


[11] L’Héritage de Sharon, Détruire La Palestine, Suite, La Fabrique, Paris, April 2006. An extended version will appear in English as The Road Map to Nowhere: Israel/Palestine since 2003, Verso, July 2006.


[12] Thomas Fuller, Herald Tribune, October 31 2003.


[13] Aluf Benn, “Leaving Gaza - The Day After,” Ha’aretz, September 12 2005.

http://www.zmag.org/Italy/reinhart-ereditasharon.htm , le 23 mai 2006

et The Electronic Intifada

http://electronicintifada.net/v2/printer4734.shtml

Sources Global Research

Posté par Adriana Evangelizt

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article