Première visite à Paris du chef de la diplomatie palestinienne

Publié le par Adriana Evangelizt

Première visite à Paris du chef

de la diplomatie palestinienne

Le nouveau chef de la diplomatie palestinienne Ziad Abou Amr effectuera lundi une visite en France, sa première en Occident, et plaidera pour une reprise totale des relations entre son gouvernement d'union nationale et une Europe divisée.

M. Amr, un indépendant, sera reçu lundi par son homologue français Philippe Douste-Blazy puis le lendemain par le Premier ministre Dominique de Villepin.

"Le but de cette visite est d'expliquer à mon homologue français et au gouvernement le type de changements qui se sont produits au sein du gouvernement palestinien, de son programme, et demander la fin du siège et une reprise des relations normales avec l'Autorité palestinienne", a affirmé le ministre à l'AFP.

Paris est la première capitale occidentale à recevoir en visite officielle un ministre du nouveau cabinet palestinien, qui réunit désormais les mouvements rivaux Fatah du président Mahmoud Abbas et islamiste Hamas. Ce dernier est considéré par l'UE et les Etats-Unis comme une organisation terroriste.

M. Amr, gage de respectabilité pour le nouveau cabinet palestinien avec son autre collègue indépendant aux Finances Salam Fayyad, s'est réjoui de la position de la France de renouer les contacts avec les ministres non-Hamas et ses efforts pour une reprise du versement des aides directes au gouvernement.

"Nous apprécions l'attitude et la position de la France car, au final, elles entrent dans le cadre d'un soutien au processus de paix", a assuré M. Amr, saluant un "geste important" en provenance d'un pays "leader de l'Union européenne dont les déclarations ne peuvent pas passer inaperçues".

Le ministre a répété que son gouvernement s'était engagé à respecter les accords signés avec Israël et avait répondu "en substance" aux demandes du Quartette pour le Proche-Orient (Etats-Unis, UE, Onu et Russie), même si le Hamas refuse de reconnaître explicitement Israël.

Paris a perçu les engagements palestiniens comme "un pas important vers l'adhésion pleine et entière du Hamas aux trois principes du Quartette": reconnaissance du droit à l'existence de l'Etat hébreu, des accords passés et renonciation à la violence.

Israël au contraire refuse de traiter avec la nouvelle équipe et voit d'un mauvais oeil les fissures qui apparaissent dans le boycott politique international du gouvernement. Les Etats-Unis ont eux privilégié une ligne attentiste, réclamant un strict respect des conditions du Quartette.

"Il ne faut pas reconnaître le cabinet palestinien, ni ses membres, tant qu'il n'aura pas accepté les principes exigés par la communauté internationale", a indiqué Miri Eisin, la porte-parole du Premier ministre israélien Ehud Olmert.

Face à l'intransigeance israélienne et américaine, le ministre des Affaires étrangères palestinien devrait tenter de jouer sur les divisions des pays membres de l'UE, qui s'est officiellement rangée à la position de Washington.

Evoquant "des vues différentes en Europe", M. Amr a indiqué qu'il tenterait de "rassurer les capitales européennes". "Nous travaillerons dur au cours des prochaines semaines (...) pour supprimer toutes les différences de vues entre le gouvernement palestinien et la communauté internationale", a-t-il dit.

Mais côté Hamas, l'impatience gagne. "Nous avons présenté ce qu'on nous demandait, un accord, un gouvernement d'union et un programme politique basé sur un consensus. Maintenant, nous attendons des autres qu'ils lèvent le siège", a dit vendredi le Premier ministre Ismaïl Haniyeh.

"Si le siège dure encore deux ou trois mois, nous étudierons nos options", a-t-il prévenu, sans donner de précisions.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans LA FRANCE COMPLICE

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