Liban: combats meurtriers entre l'armée et un groupe palestinien

Publié le par Adriana Evangelizt

Liban: combats meurtriers entre l'armée et un groupe palestinien

Une vingtaine de personnes ont été tuées dimanche dans le nord du Liban où des combats, les plus violents depuis des années dans cette région, ont éclaté entre forces de l'ordre et militants du groupuscule palestinien Fatah al-Islam, réputé proche d'Al-Qaïda.

D'importants renforts de l'armée libanaise sont arrivés dans la matinée à Tripoli, la grande ville du nord du pays.

Les tirs y avaient cessé dans l'après-midi, mais la situation restait très instable, notamment aux abords du camp de réfugiés palestiniens de Nahr al-Bared, au nord de Tripoli, où les accrochages à l'arme lourde se poursuivaient.

Des échanges de tirs entre combattants islamistes et soldats libanais avaient éclaté dans la nuit à Tripoli ainsi qu'aux abords du camp, où le Fatah al-Islam avait annoncé en novembre 2006 sa création.

Dix-neuf personnes ont été tuées dont onze soldats, sept combattants islamistes et un civil. 19 soldats ont en outre été blessés, selon l'armée.

Sept soldats, a indiqué l'armée, ont péri dans la localité côtière de Qalamoun, à dix kilomètres au sud de Tripoli, deuxième ville du pays, dans une embuscade tendue par des islamistes à leur véhicule.

Quatre autres militaires ont été tués dans les échanges de tirs à Tripoli et près de Nahr al-Bared.

Sept militants islamistes, selon les services de sécurité, ont également été tués dont trois lorsque l'armée a donné l'assaut dimanche à un immeuble de Tripoli où étaient retranchés des hommes du Fatah al-Islam. L'un des militaires a été tué dans l'assaut, ainsi qu'un civil.

A Beyrouth, le Premier ministre Fouad Siniora a accusé le Fatah al-Islam "de vouloir porter atteinte à la paix civile".

"Les coups portés par le Fatah al-Islam contre l'armée libanaise sont un crime prémédité et une tentative dangereuse de déstabilisation", a affirmé M. Siniora.

Le chef de la majorité parlementaire antisyrienne, Saad Hariri, a appelé au calme, soulignant son soutien à l'armée.

Le député du nord du pays, Moustapha Hachem, a accusé la Syrie d'attiser la tension "alors que le Conseil de sécurité de l'ONU se prépare à voter une résolution créant un tribunal spécial pour juger les assassins du dirigeant libanais Rafic Hariri", dans une déclaration à l'AFP.

Nahr al-Bared est le bastion du Fatah al-Islam, un groupuscule composé d'extrémistes palestiniens et d'autres nationalités arabes, dont la création avait suscité les inquiétudes des autorités libanaises.

Aux termes d'accords libano-palestiniens, les forces de l'ordre libanaises ne sont pas autorisées à entrer à l'intérieur des camps palestiniens.

Accusé au Liban d'être proche de Damas, le Fatah al-Islam est issu du mouvement palestinien pro-syrien Fatah Intifada, opposé au Fatah du président palestinien Mahmoud Abbas, le plus influent dans les 12 camps de réfugiés palestiniens que compte le Liban.

Le chef du Fatah au Liban, Sultan Aboul Aynaïn, a apporté dimanche son "soutien à l'armée libanaise", appelant à ne pas faire porter aux Palestiniens la responsabilité des actions du Fatah al-Islam.

Ce groupe reconnaît des liens idéologiques avec le réseau Al-Qaïda, mais pas de liens organisationnels.

Evoquant les causes des violences, le commandement de l'armée a indiqué que des éléments du Fatah al-Islam "ont attaqué des positions de l'armée dans le périmètre du camp de Nahr al-Bared, et dans la banlieue nord de Tripoli lorsqu'une patrouille des FSI a entrepris de prendre d'assaut un immeuble dans Tripoli", où étaient retranchés des islamistes.

En mars, le ministre libanais de l'Intérieur Hassan Sabeh avait accusé le Fatah al-Islam d'un double attentat ayant fait trois morts, des chrétiens, le 13 février au nord-est de Beyrouth et d'être un "instrument des services de renseignement syriens".

Dimanche, la Syrie a fermé deux de ses postes frontière avec le Liban en raison "de la situation sécuritaire" dans le nord de ce pays.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans ISRAEL LIBAN

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