Israël: les colons et l'extrême-droite se mobilisent contre Olmert

Publié le par Adriana Evangelizt

Israël: les colons et l'extrême-droite se mobilisent contre Olmert

par Charly Wegman

Les colons et l'extrême-droite ont commencé à se mobiliser contre le premier ministre Ehud Olmert, qui semble décidé à conclure un accord avec les Palestiniens donnant lieu à des concessions territoriales.

A l'appel du Conseil des colons de Judée-Samarie (Cisjordanie) --le représentant des colons qui ne faisait plus parler de lui depuis longtemps--, quelque 2.000 d'entre eux sont descendus dans la rue dimanche à Jérusalem pour protester contre un éventuel partage de la ville sainte avec les Palestiniens.

M. Olmert a insinué le 15 octobre qu'il n'écartait pas cette éventualité, et Haïm Ramon, numéro deux de son cabinet, en est ouvertement l'avocat.

Quelques heures plus tôt, la police avait indiqué avoir découvert sur les murs de Jérusalem des affiches montrant le président de l'État Shimon Peres coiffé du traditionnel keffieh palestinien avec ces mots: «Il libère des terroristes, c'est le Président des Arabes».

Des affiches similaires avec le visage du premier ministre Yitzhak Rabin avaient circulé peu avant son assassinat, en 1995.

Outré, M. Olmert a accusé l'extrême-droite de menacer «les fondements démocratiques» d'Israël, et s'est dit décidé à «lutter avec une tolérance zéro contre les phénomènes d'extrémisme et d'incitation à la violence».

«La liberté d'expression n'a jamais tué personne», a rétorqué Barouch Marzel, chef du Front national de la jeunesse, une organisation d'extrême-droite responsable de cette campagne virulente.

«Les colons et les courants d'extrême-droite sont nerveux à l'approche de la réunion internationale (prévue) fin novembre aux États-Unis, et leur grogne s'amplifiera si des invitations sont ensuite lancées en vue de pourparlers sur un État palestinien», explique à l'AFP le politologue Akiva Eldar.

«Pour l'heure, cette réunion suscite globalement le scepticisme en Israël, mais tous les état-majors politiques saisissent l'occasion pour prendre leurs marques, car ils s'attendent à des élections générales en 2008», ajoute-t-il.

M. Olmert, qui a récemment annoncé souffrir d'un cancer de la prostate, est toujours très impopulaire; notamment en raison de son implication dans de nombreuses «affaires» et les ratés de la guerre au Liban à l'été 2006.

Samedi soir, devant 150 000 personnes rassemblées à Tel-Aviv pour commémorer le meurtre de Yitzhak Rabin il y a 12 ans par Yigal Amir, un extrémiste juif, M. Peres avait déclaré: «Vous êtes les héritiers de Rabin. Ne flanchez pas et continuez d'aller dans la voie qu'il a tracée, celle de la paix et de la sécurité».

Signe des déchirements qui se profilent: avant un match de football, au lieu de marquer une minute de silence à la mémoire de Rabin, des centaines de supporteurs de l'équipe du Bétar Jérusalem ont conspué son nom, criant «honte», «ordure», et applaudissant au contraire celui d'Amir.

La mouvance de droite et les colons craignent qu'Israël libère de nouveaux contingents de prisonniers palestiniens, sur les 10 500 qu'il détient, pour renforcer le président palestinien Mahmoud Abbas face à ses rivaux du Hamas islamique.

L'opposition de droite nationaliste et religieuse craint en outre que le cabinet Olmert, conformément à des engagements pris auprès des États-Unis, évacue dans le proche avenir des dizaines de colonies sauvages en Cisjordanie.

Elle agite aussi le spectre d'une prise de contrôle de la Cisjordanie par le Hamas qui exposerait le centre d'Israël à des tirs de roquettes.

Faute de mieux, un groupe de huit rabbins ultra-nationalistes israéliens a sommé cette semaine le président américain George W. Bush de renoncer à la réunion internationale, pour épargner à son pays de nouveaux cataclysmes.

Sources Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt



Publié dans Ehud Omert

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