PLUTÔT LE CONFLIT QUE LE DOUTE

Publié le par Adriana EVANGELIZT

ISRAËL PALESTINE, PLUTÔT LE CONFLIT QUE LE DOUTE

Post-Mortem d'une paix intenable

Le conflit, entre dynamiques sociales et opportunisme politique

A l'origine du conflit, les déficits identitaires de deux nations, une pièce vide sur laquelle s'adosse la politique de l'ennemi, sans cesse jouée et rejouée. C'est en effet dans la structure, sociale d'Israël, politique de la Palestine, que s'enracine le conflit, pas dans leur relation.

Le conflit est l'instrument dont les populations sont les otages volontaires : artifice de gouvernement, artifice d'unité et de fondation. Qui veut souffler la paix à l'intérieur, ne souffle -t-il la guerre à l'extérieur ?

Israël, le Sionisme, en peine

Avec l'avènement d'Israël, sa défense victorieuse lors des guerres israélo-arabes, l'arrivée de l'immigration massive qui a suivi l'effondrement du bloc soviétique, l'obtention d'une suprématie régionale conventionnelle et nucléaire incontestée, le Sionisme historique a pleinement atteint le but qu'il s'était donné : une patrie.

Mais une patrie sans peuple. Comme religion civile et référence commune à l'Etat et aux mythes d'Israël, le Sionisme ne fonctionne pas. Alors que la ligne officielle en reste à l'assimilation, Israël donne plutôt l'image d'une juxtaposition de communautés qui cohabitent plus qu'elles ne vivent ensemble.

D'autant plus que les motivations à l'émigration se sont diversifiées : Peur de l'antisémitisme, perçu ou subi, et recherche de meilleures conditions économiques ont largement relégué les convictions idéologiques, originelles, au second plan.

Abstraction faite de la population arabe-israélienne dont le statut n'est pas réglé, les communautarismes vont croissant, avec de pair des phénomènes de ségrégation et d'auto-ségrégation, (urbaine, linguistique, culturelle, économique) entre migrants et natifs, migrants et migrants, phénomènes qui trouvent volontiers une expression clientéliste dans le système électoral israélien.

Le désaveu le plus éclairant à ce titre est l'introduction dans le cadre de programmes d'aide, par le ministère de l'immigration de critères d'éthnicité (langue, géographie, culture) dans la définition de certaines populations cibles ( Caucase, Asie Centrale, Ethiopie.).

Le service national, institution des institutions en Israël et vecteur d'égalité par excellence, au moins en théorie, n'a pas été épargné par ce processus, puisque de source officielle, en place d'intégration il s'est transformé en facteur de discrimination pour ces populations.

Avec une cohésion nationale plus qu'incertaine, Israël, en tant qu'entité séculière, est en perpétuel balancement Jamais d'ailleurs, entre le religieux et le politique, le dilemme n'a été tranché, puisque reporté dans l'ambiguïté caractérisée par l'absence de constitution formelle. Cette ambiguïté a un prix. . Le dénominateur commun de l'identité israélienne semble se trouver plutôt dans l'expérience quotidienne du conflit, que dans une expression politique du judaïsme, qui serait à la fois particulière et universelle.

Palestine, L'Autorité, sans la légitimité

En Palestine, la problématique est différente, et tient à la nature du capital politique : in fine la légitimité a toujours été issue de la lutte armée. D'où le décalage entre la légalité de l'Autorité, attribuée par les accords de paix, et donc par Israël, et la légitimité populaire, décalage qu'éclipsait un temps la figure charismatique de Yasser Arafat.

L'Autorité, souverain sans souveraineté, n'a pas le monopole de la violence, qu'elle n'a de toute façon pas les moyens d'imposer, ni même celui de la violence légitime auquel les mouvements clandestins, les plus radicaux, peuvent tout aussi bien prétendre : et dans la surenchère sanglante avec Israël, et dans la contestation interne.

Déjà ébranlée dans ses fondements, l'administration palestinienne, ne paraît pas, de surcroît, être capable de faire la démonstration, au jour le jour, de sa crédibilité dans les questions de gestion dite ordinaire : par relative inexpérience, inefficacité bureaucratique, ou simplement corruption.

Autrement dit, au niveau le plus bas comme au plus haut, les institutions palestiniennes sont mal ancrées, parce que mal posées.

Aussi la mobilisation contre Israël assume-t-elle une double fonction. D'abord, et d'une manière très classique, de focalisation de l'opinion, qui ne trouve pas de solution à ses difficultés quotidiennes et de palliatif à l'absence de réel projet social autrement que dans la confrontation avec Israël. Mobiliser pour taire la critique.

Ensuite, et d'égale importance, de re-légitimation et de centralisation. Le discours de réactivation de la lutte, ou sa reprise effective, vise principalement à rétablir un rapport de force favorable au Fatah dans un cadre de violence concurrentielle dont les moyens opérationnels sont probablement la coordination et l'arbitrage, l'appui et le soutien, et finalement la récupération et la neutralisation.

Aussi le conflit israélo-palestinien, de part son articulation structurelle, apparaît-il moins comme le choc de deux jeunes nationalismes porteurs d'avenir, mais comme le choc chronique et indispensable de deux désordres. Le conflit représentant la dernière certitude de l'identité, et la seule issue de l'incertitude. Etre pour ne pas être, en somme.

Sources : INDYMEDIA

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans SIONISME

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