"On n'avait jamais imaginé un tel déchaînement de violences"

Publié le par Adriana Evangelizt

"Même si les soldats étaient pour la plupart masqués, on voyait dans leurs yeux qu'ils prenaient plaisir à cette opération" selon les témoignages. Ceci ne nous étonne guère. On connait leur sadisme et la haine qui les taraude. Ils sont dressés pour ça. Quand on voit comment ils traitent les étrangers, hommes, femmes, enfants, nul n'est dupe. Enfin, qui, franchement, peut se conduire ainsi, à part des barbares ?

 

 

 

 

"On n'avait jamais imaginé un tel déchaînement de violences"

 

 

 

 

Visiblement éprouvées, mais toujours aussi motivées à poursuivre leur action contre le blocus de Gaza, les quatre femmes belges ayant participé à la "flottille de la liberté" ont livré vendredi leur récit de l'assaut donné dans la nuit du 30 au 31 mai dernier par la marine israélienne contre le Mavi Marmara, lequel a fait neuf morts et de nombreux blessés.
 
"Nous avions eu des informations sur une intervention des forces israéliennes, mais on n'avait jamais imaginé un tel déchaînement de violences envers des civils", relate Kenza Isnasni, qui voyageait à bord du ferry turc en compagnie de Fatima El Mourabiti. Selon cette dernière, en plus de l'usage de bombes assourdissantes et des gaz lacrymogènes, les soldats israéliens, "qui étaient lourdement armés, " ont ouvert le feu à balles réelles sur le bateau avant même de le prendre d'assaut.
 
Les deux femmes ne nient pas les violences menées par certains passagers envers les militaires israéliens. "Mais nous étions en état de légitime défense. En face d'un soldat lourdement armé, vous perdez tous vos moyens. C'est vraiment effrayant", explique Fatima El Mourabiti. Après la prise de contrôle du Mavi Marmara par la marine israélienne, les deux jeunes femmes ont été menottées et contraintes de rester à genoux "pendant plusieurs heures en présence des morts et des blessés".
 
"Certains ont succombé à leurs blessures" à bord, témoigne Kenza Isnasni, manifestement encore sous le choc des événements. Arrivées dans le port israélien d'Ashdod, puis conduites à la prison de Beer Sheva, les jeunes Belges affirment avoir été interrogées et soumises à une "humiliation sans nom". "Nous étions parties pour une mission humanitaire, et là, on nous considérait comme des criminels! ", dénonce Kenza Isnasni.
 
Griet Deknopper et Inge Neefs, les deux autres Belges, voyageaient, elles, à bord du "Challenger I", le "plus petit des (six) bateaux de la flottille" où se trouvaient 17 personnes seulement. Griet Deknopper, qui était à côté du bastingage au moment de l'assaut, raconte avoir directement pris une balle en caoutchouc en plein visage, "ce qui m'a fait beaucoup saigner".
 
"Même si les soldats étaient pour la plupart masqués, on voyait dans leurs yeux qu'ils prenaient plaisir à cette opération", raconte la jeune femme. Selon son récit, les militaires israéliens n'ont pas usé de balles réelles contre son bateau. De retour au pays depuis une semaine, les quatre jeunes femmes critiquent vivement l'attitude du gouvernement belge face à ces événements.
 
"Nous nous sommes senties vraiment abandonnées", lâche Fatima El Mourabiti, qui n'a toutefois pas perdu espoir de rencontrer prochainement des représentants du gouvernement belge dont elle attend à présent une "position claire" face à la situation de Gaza. Les quatre Belges "exigent" du gouvernement israélien que celui-ci livre à la population de Gaza l'ensemble du matériel humanitaire que transportaient les six bateaux, en ce compris le matériel de construction.
 
Elles attendent enfin qu'une enquête internationale menée par "une organisation indépendante et neutre" soit mise sur pied pour clarifier les circonstances de l'assaut sanglant contre le Mavi Marmara. Malgré cette expérience traumatisante au sein de la "Flottille de la liberté", les jeunes femmes se disent toutes déterminées à poursuivre leur action en faveur du peuple de Gaza, dont elles se sentent aujourd'hui un peu plus proches.
 
"J'ai vu des morts devant moi, des blessés...", analyse Fatima El Mourabiti. "En l'espace de quelques heures, j'ai finalement vécu ce que les Palestiniens vivent au quotidien".

 

 
Sources 7/7
 
Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Turquie-FLOTTILLE

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