SIONISME : TRANSFERT ET APARTHEID 1ère partie

Publié le par Adriana Evangelizt

Voilà une analyse en plusieurs parties qui explique bien les plans de l'idéologie sioniste. Nous le disons et nous le répétons, il n'y aura jamais d'Etat palestinien parce que les idéologues qui font la politique à Washington en connexion directe avec le gouvernement israélien, veillent précisément à ce que cela ne se fasse pas. Et tous les gouvernements occidentaux sont forcément au courant de ce fait. Alors pourquoi nous mène-t-on en bateau ?

Sionisme : transfert et apartheid

1ère partie


Par Dr. Mahmoud Muharib

Cette étude a pour objet de suivre et d'analyser les attitudes des dirigeants et théoriciens du mouvement sioniste, depuis Herzl jusqu'à Sharon, sur ce que les sionistes appellent "le problème démographique".

 
Dans ce cadre, cette étude se penchera sur les solutions proposées par les dirigeants et théoriciens du sionisme à ce "problème", qui se sont concrétisées par la politique du transfert et sa mise en pratique sur le terrain.


Cette étude nous conduira à étudier les éléments qui ont amené Sharon à adopter l'institution du système de l'apartheid dans les territoires palestiniens.

"Il faut que ce soit clair qu'il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays...
La seule solution est la terre d'Israël, du moins la terre occidentale d'Israël, sans Arabes. Il n'y a pas de solutions médianes, ici.
Il n'y a pas d'autres moyens sinon le transfert (l'expulsion) des Arabes d'ici vers les pays voisins, les transférer tous...
Il faut qu'il ne reste aucun village, aucune tribu, tous doivent être transférés vers l'Irak et la Syrie, et même à l'est du Jourdain. Pour exécuter cet objectif, il nous faut beaucoup d'argent.
Après le transfert, le pays peut intégrer des millions de nos frères et la solution juive trouvera une fin et une solution"
(Yosef Weitz, al-Quds, 9 décembre 1940).

Première partie


Les racines de l'idée de transfert

Les racines de l'idée de chasser le peuple arabe palestinien de sa patrie sont celles du fondement du sionisme. Cette idée est celle du mouvement sioniste, elle a accompagné l'évolution du projet sioniste en Palestine,
dès la fin du siècle dernier (XIXème siècle) jusqu'à aujourd'hui.

Les buts essentiels du sionisme n'auraient pu se réaliser sans l'expulsion massive de tous, ou de la majorité, des Palestiniens, de la Palestine.

La simple présence du peuple palestinien dans sa patrie représente une contradiction fondamentale avec le sionisme et ses buts en Palestine. Pour comprendre cela,
il faut nous arrêter sur les buts du sionisme.

Les chercheurs, qu'ils soient adeptes ou opposés du sionisme, sont d'accord pour dire que les buts essentiels du mouvement sioniste sont représentés dans les points suivants :
d'abord, la négation de ce que les sionistes appelent "l'exil" et le rassemblement de la "diaspora" juive du monde en Palestine et aux alentours; ensuite, la création d'un Etat juif en Palestine et ses alentours; puis, cet Etat devrait être le refuge de la sécurité pour les Juifs.


Si la Palestine avait été une terre inhabitée, ou si les pères du sionisme avaient trouvé une région dans le monde inhabitée,
le mouvement sioniste n'aurait pas fait face à des problèmes entravant son objectif.

Car il aurait été possible, surtout avec la diffusion de l'antisémitisme en Europe, de transporter les Juifs, ou quiconque d'entre eux, vers le pays souhaité.

Mais, comme il était impossible de trouver une région sur cette terre, inhabitée,
le mouvement sioniste a commencé à exécuter ses objectifs en Palestine, tout en instaurant une vision officielle et formelle, secrète ou déclarée, niant la présence des Palestiniens, et essayer, dans les faits et de façon non officielle, de chasser ce peuple "inexistant".


Le principe du refus de l'"exil" et du rassemblement de la "diaspora" est en totale contradiction avec la présence du peuple arabe palestinien dans son pays.
De ce fait, fut adoptée la politique d'expulsion de ceux qui existaient, soit en dispersant les Palestiniens, soit en les arrachant à leur pays.

Tout comme le principe de la formation d'un Etat juif en Palestine et aux alentours fut et est en contradiction avec les aspirations du peuple palestinien à fonder son Etat indépendant en Palestine.

Par conséquent,
le mouvement sioniste s'est appuyé sur la négation du droit des Palestiniens à fonder leur Etat dans leur pays, la Palestine.


Quant au troisième objectif du sionisme, qui est de faire de l'Etat juif un refuge de sécurité pour les Juifs,
il en est résulté la négation d'un lieu de sécurité pour les Palestiniens et la transformation de la majorité des Palestiniens en réfugiés vivant dans une insécurité permanente.


Contrairement aux autres mouvements colonialistes,
le but principal du mouvement sioniste n'était pas d'exploiter la population autochtone en tant que source de main d'oeuvre bon marché et en tant que marché pour ses produits.

Les dirigeants sionistes avaient conclu que l'adoption d'une telle forme de colonialisme n'aboutira pas à un Etat Juif mais à un Etat où les colons juifs seraient une minorité à la tête de la société, alors que
les Palestiniens, qui seraient les couches les plus inférieures de la société, représenteraient la majorité de la population, ce qui constituerait, à long terme, un danger pour le projet sioniste.

C'est pourquoi les dirigeants sionistes ont agi pour
se "débarrasser" des Palestiniens, et les expulser hors de la Palestine.

Il faut rappeler que les sionistes, et notamment les "modérés" d'entre eux, ont évité, la plupart du temps, d'utiliser le terme "expulsion", car il porte les caractéristiques de la sauvagerie et de la violence, le remplaçant par des termes portant la même signification, tout en la rendant acceptable, comme
"transport", "échange de populations", "ré-implantation" et "allègement de la densité de la population".


Opinions des théoriciens sionistes

Tout en traçant les larges lignes du programme sioniste visant à fonder l'Etat en Palestine et ses alentours, le fondateur du mouvement sioniste, Théodore Herzl a écrit en 1897, dans ses mémoires, à propos de l'attitude du mouvement envers les Arabes Palestiniens, disant :
"Nous essayerons de transporter les couches les plus pauvres au-delà des frontières, tranquillement, sans susciter de remous, en leur fournissant du travail dans les Etats où ils seront transportés. Mais nous ne leur accorderons pas du travail dans notre pays" (Oeuvres de Théodore Herzl, (en hébreu), Tel Aviv, 21 juin 1897, premier volume.)


Ce qu'a écrit Herzl, dans son journal, calmement et sans précipitation, sans citer le terme "arabes" ou "palestiniens", a été exprimé avec fougue par Yisrael Zengwill, l'un de ses premiers collaborateurs.

En 1897, Zengwill a visité la Palestine et a observé la situation, remarquant la présence du peuple arabe palestinien. Et, partant de l'idée que la Palestine et ses alentours doivent être un pays pour les Juifs seulement,
il a appelé à l'expulsion des Palestiniens par la force.

Il a indiqué, dans un de ses discours publics, à New York, que la
"terre d'Israël est habitée par les Arabes".

Il a ajouté "
Nous devons nous préparer à les expulser du pays par la force des armes, tout comme l'ont fait nos pères avec les tribus qui y vivaient, sinon, nous nous trouverons face à un problème, représenté par la présence d'une population d'étrangers, nombreuse, à majorité musulmane, qui se sont habitués à nous mépriser depuis des générations.
Aujourd'hui, nous ne représentons que 12% de l'ensemble de la population, et nous ne possédons que 2%, seulement, de la terre
".


L'attitude sioniste hostile et appelant à l'expulsion des Arabes ne s'est pas limitée à Herzl et Zengwill, elle a également été partagée
par le courant sioniste de gauche.

Un an après la fondation du mouvement sioniste, Nahman Sirkin a publié en 1898 un pamphlet portant le titre de "la question juive et l'Etat juif socialiste", qui a posé les fondements du "sionisme socialiste", courant qui a dirigé le mouvement sioniste dans les années trente et qui a
fondé et élargi l'Etat juif par la suite.

Abordant la question des moyens à suivre pour réaliser les objectifs du sionisme et fonder l'Etat juif,
Sirkin propose le transfert des Arabes palestiniens vers les Etats voisins.

Il demande aux sionistes de contacter les peuples soumis au pouvoir turc, de collaborer avec eux pour les libérer de leur oppression.
Et après leur libération du pouvoir turc, "il y aura un échange de population de façon pacifique, en divisant le pays sur la base de nationalités. Et la terre d'Israël qui n'est pas surpeuplée, et où les Juifs constituent près de 10% de la population, doit être vidée pour eux" (Sirkin, oeuvres, en hébreu, tome premier, Tel aviv, 1939).


Borkhov, l'autre axe du courant sioniste de gauche, a partagé avec Sirkin
sa négligence des Palestiniens arabes et sa négation de leurs droits nationaux en Palestine.

En 1906, Borkhov publie quatre articles avec pour titre "notre programme", qui ont contribué à développer les bases théoriques de ce qui fut nommé "le sionisme socialiste".

Si Borkhov ne demandait pas l'expulsion des Palestiniens, comme l'a proposé son collègue,
il a négligé leur présence et les a "évacués" de la Palestine et de leurs droits nationaux.

Les Palestiniens, selon Borkhov, "ne résisteront pas au projet sioniste", car "ils sont dépourvus de toute structure économique ou civilisationnelle indépendante, ils sont divisés et morcelés... ils ne constituent pas un peuple". Plus, "ils savent s'adapter avec une grande facilité, et rapidement, avec une civilisation plus avancée que la leur, qui leur vient de l'extérieur".

Borkhov conclut que "les Palestiniens, avec le temps, seront intégrés, économiquement et civilisationnellement, au sein des colons sionistes, et par conséquent, ne constitueront pas un problème arabe à l'intérieur de l'Etat juif" (Borkhov, Oeuvres, en hébreu, premier volume, 1955).

Tous les dirigeants et théoriciens du mouvement sioniste furent unanimes, et notamment au cours des premières décennies du XXème siècle,
pour ignorer le peuple palestinien, négliger sa présence et ses droits nationaux sur sa patrie.

Cette ignorance et négligence ont atteint un tel point que l'écrivain et penseur juif, Isaac Ipstein a été obligé de lancer un cri d'alarme, ce qui l'a placé en situation minoritaire et l'a exposé à une attaque virulente de la part des dirigeants colons sionistes.


En 1906, Ipstein écrit un article dans un journal hébreu en Palestine, ayant pour titre "la question inconnue"
où il critique violemment la politique et les pratiques du mouvement sioniste envers les Palestiniens, et notamment les moyens d'arracher la terre aux Palestiniens et leur expulsion.

Il a critiqué avec virulence les dirigeants sionistes qui "se préoccupent de questions élevées" alors que "la question de ce qui existe en Palestine, ses ouvriers, ses paysans, ses maîtres réels, n'a pas été soulevée, ni dans la pratique, ni en théorie", et cela parce que les dirigeants sionistes nient qu'il "existe dans ce pays un peuple entier qui s'y accroche depuis des centaines d'années, et qui n'a pas du tout l'intention de s'en aller ailleurs" (Ipstein, la question inconnue, 1907).

La tentative infructueuse d'Ipstein, fut une quête de la conscience égarée et une mise en garde adressée aux colons sionistes de la négligence des Arabes, ce qui conduirait à des résultats dont les conséquences seraient désastreuses, mais elle fut accueillie par la colère des colons, surtout qu'il n'a pas hésité à louer les qualités des Arabes.

Plusieurs écrivains et dirigeants sionistes lui ont répondu,
considérant ses idées comme un danger national, et proclamant de nouveau leur attachement aux objectifs sionistes visant à constituer une majorité juive et une "patrie nationale" en Palestine.

Dans ce climat, Arthur Rubin présente au comité exécutif du mouvement sioniste, suite à un voyage effectué en Palestine en 1907, un plan où il propose la formation d'une majorité juive dans plusieurs régions de la Palestine, puis de les relier entre elles par le biais de la colonisation.



Les conséquences de la déclaration Balfour

La déclaration Balfour, ainsi que la mise en place du mandat britannique, a renforcé la position du mouvement sioniste, notamment celle qui consiste à ignorer la présence palestinienne et à nier leurs droits nationaux.

La déclaration Balfour a fait la promesse de fonder "un Etat national" pour les Juifs en Palestine, ignorant les droits nationaux du peuple arabe palestinien, qui représente la majorité absolue de la population du pays.

Max Nordau, dont l'influence était grande au sein du mouvement sioniste et qui était le bras droit de Herzl, fut le premier à avoir formulé l'attitude du sionisme envers les Arabes Palestiniens, après la déclaration Balfour.

Au cours des trois années suivant la déclaration, Nordau a posé les principes de base que Jabotinsky, fondateur du mouvement révisionniste, a plus tard développé.

Nordau a appelé à renforcer et à développer la colonisation sioniste en Palestine, en s'écartant et en isolant sa population autochtone. Il a distingué entre le niveau pratique que le mouvement sioniste doit appliquer envers les Palestiniens et entre la position de principe sur la souveraineté en Palestine et aux alentours.

Sur le plan pratique, Nordau a essayé de calmer les Palestiniens en les "rassurant" sur le fait que le sionisme ne vise pas à les arracher, pour éviter de les mobiliser contre le projet sioniste.

Quant à la position de principe,
Nordau a insisté très fermement sur le fait que les Juifs avaient un droit historique et la souveraineté sur la Palestine.

Et pour réaliser "ce droit historique", ce qui signifie la souveraineté juive sur la terre palestinienne, il a appelé à apporter plus d'un demi-million de colons juifs, immédiatement, en Palestine, afin que les Juifs deviennent la majorité dans le pays, ajoutant "tant que les Juifs ne constituent pas la majorité, en Palestine et ses alentours, leur "droit historique" et leur souveraineté sur le pays sera toujours l'objet d'interrogation" (les positions de Nordau sont expliquées dans ses oeuvres, tome quatre, al-Quds, 1962).

Sources : ISM

Posté par Adriana Evangelizt

 

Publié dans SIONISME

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article