Note de l'UJFP sur l'agression homophobe à Tel-Aviv

Publié le par Adriana Evangelizt

Les Israéliens vont bientôt comprendre où est la démocratie Sioniste. Ils se servent d'eux, des colons, des religieux pour faire aboutir leur Plan. Point.




La vitrine se fissure









Dans la nuit du samedi 1° aout au dimanche, un inconnu masqué à fait 2 morts et 10 blessés graves dans une boite gay de Tel-Aviv. En 2005, une agression avait déjà eu lieu lors de la LGTB (lesbian gay bi trans) Pride où 3 personnes avaient été poignardées par un juif orthodoxe. Rappelons que la parade avait été interdite en 2006 à Tel-aviv, pour des motifs imprécis, mais la présence importante de drapeaux palestiniens les autres années, n' y étant certainement pas pour rien.


Combien de fois ne l'avons-nous pas entendu: « Israël, seule démocratie du Proche-Orient », seul pays civilisé dans un océan de barbarie ?


L'Etat israélien donne souvent pour preuve de ce caractère démocratique une libéralité de moeurs qui n'existe pas dans les pays voisins notamment vis à vis des homosexuels, illustrée par la tenue de Marche des fiertés dans plusieurs villes dont une de grande ampleur à Tel aviv. Il est vrai qu'il est difficile de faire pire qu'en Egypte où les homosexuels sont systématiquement emprisonnés et pire encore, en Arabie saoudite où la lapidation peut être prononcée. Mais l'espace de liberté relatif restera-t-il encore ouvert ou sera-t-il emporté par l'évolution réactionnaire israélienne ?


Notons tout d'abord que cette tolérance est plutôt récente, car ce n'est qu'en 1988 que l'homosexualité n'est plus passible de sanctions pénales. L'acceptation sociale est quant à elle toute relative, et menace de régresser au fur et à mesure de l'avancée des tendances religieuses intégristes en effet l'homosexualité y est dénoncée comme une « abomination ». Or ces tendances dures contaminent de plus en plus les institutions et toute la société, ceci avec plus d'efficacité qu'elles ont fusionné avec les idéologies d'extrême-droite et repris leur fonds de commerce: l'ultra-nationalisme, le racisme et le militarisme. Le parti Shas, qui ne cesse de grimper dans les scores électoraux (9 % aux dernières législatives), en est l'exemple le plus frappant: il est à la fois ultra-orthodoxe et appelle régulièrement à « l'extermination des palestiniens ».


Israël est une démocratie à deux vitesses, avec un niveau de liberté individuelle comparable aux pays occidentaux pour les Juifs israéliens et une sous-citoyenneté pour ses citoyens arabes. Les « palestiniens de l'intérieur » sont aujourd'hui plus que jamais victimes de violences et de négation de leur existence même: la dernière preuve en date est la suppression des inscriptions en arabe sur les panneaux de signalisation. Mais l'étau se resserre même autour de la première catégorie de citoyens, ainsi nos camarades anticolonialistes et leurs organisations croulent sous les procès et les amendes. Le recul n'est pas seulement étatique, il atteint toute la société: les associations féministes ne cessent de tirer la sonnette d'alarme sur la recrudescence des violences conjugales et des viols qui ont lieu particulièrement dans l'armée. Comment croire qu'un Etat qui repose sur une idéologie d'oppression d'un autre peuple et qui entretient une situation de guerre permanente puisse à long terme ne pas opprimer son propre peuple, et ne pas se changer en entité militaro-théocratique ?

Publié dans LES COLONS EXTREMISTES

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