ISRAËL EN ACCUSATION
L'envoyé spécial du Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et ONU) pour le Proche-Orient, l'Américain James Wolfensohn, a critiqué, lundi 24 octobre, la lenteur avec laquelle Israël desserre son étau autour de la bande de Gaza après l'évacuation des colonies et le retrait de l'armée. "Du fait de ses grandes préoccupations sur le plan de la sécurité, le gouvernement israélien refuse de relâcher son contrôle et se comporte comme s'il n'y avait pas eu de retrait", écrit l'ancien président de la Banque mondiale, dans une lettre adressée au Quartet. Depuis le départ du dernier soldat israélien, le 12 septembre, la bande de Gaza reste en effet isolée du reste du monde, même si Israël dément vouloir couper ce territoire peuplé de près de 1,5 million de Palestiniens et assure que ses frontières sont ouvertes autant que le permettent les impératifs de sécurité de l'Etat juif.
M. Wolfensohn accuse les autorités israéliennes de "reporter les décisions importantes et préférer se décharger des questions difficiles sur des sous-commissions peu rapides". Il leur reproche notamment de faire traîner les choses concernant l'ouverture d'un passage frontalier, à Rafah, entre Gaza et l'Egypte, estimant que les Palestiniens sont "très désireux de conclure". Il estime qu'un règlement de cette question est absolument indispensable pour relancer l'économie dans le territoire où le taux de chômage est proche de 50 %. Il critique également l'Autorité palestinienne pour n'avoir pas su assurer "un contrôle satisfaisant" , ce qui rendra "très difficile de convaincre des gouvernements ou des investisseurs privés que cela vaut la peine de faire des affaires dans cette région du monde". "Le temps s'amenuise et l'optimisme est une denrée périssable, s'inquiète M. Wolfensohn : si nous tous, Palestiniens, Israéliens, nos amis égyptiens et les donateurs ratent cette occasion, nous aurons à le regretter dans les dix prochaines années."
RAIDS D'HÉLICOPTÈRES
Des hélicoptères d'assaut israéliens ont effectué deux raids, dans la nuit du lundi 24 au mardi 25 octobre, contre des objectifs dans la bande de Gaza. Le premier a visé un bâtiment du Fatah à Beit Hanoun, au nord, et le second l'immeuble d'une association islamique liée au Djihad islamique, à Rafah, au sud. Il y a eu cinq blessés au total. Ces tirs sont une réplique au lancement de deux roquettes artisanales tirées de la bande de Gaza et qui sont tombées à proximité de la clôture, sans faire ni dégât ni victime. L'artillerie israélienne a ouvert le feu et des avions de combat israéliens ont tiré trois missiles air-sol.
Un porte-parole des Brigades Al-Qods, bras armé du Djihad islamique, a revendiqué les tirs de lundi, affirmant qu'il s'agissait de venger la mort de son chef en Cisjordanie, Louaï Saadi, 32 ans, tué à Toulkarem par l'armée israélienne. Selon Tsahal, Louaï Saadi était directement responsable de la mort de 12 Israéliens dans deux attentats, le 25 février à Tel-Aviv et le 12 juillet à Netanya. (AFP, Reuters.)
Sources : LE MONDE
Posté par Adriana Evangelizt