Agression israélienne contre la prison de Jéricho
Ahmed Saadate a été capturé par les barbares.
GUPS, de l'AFPS, de l'UJFP et de la CCIPPP et d'autres associations
L'armée israélienne, appuyée par des chars et des hélicoptères, a investi mardi la prison de Jéricho en Cisjordanie pour capturer des activistes palestiniens, provoquant une série de rapts sans précédent d'étrangers dans les territoires palestiniens.
A l'issue de cette opération, l'activiste palestinien Ahmad Saadat, incarcéré dans la prison de Jéricho, s'est rendu à l'armée israélienne. Il est accusé par Israël d'avoir participé à l'assassinat d'un ministre israélien, Rehavam Zéevi, en octobre 2001. Avec Saadat, des dizaines de Palestiniens de la prison de Jéricho se sont rendus après plusieurs heures de siège de la prison.
Les hommes, parmi lesquels Fouad Choubaki, un responsable du Fatah, le parti de Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, ont été vus sortant du complexe où se trouve la prison, les mains en l'air. Ils ont reçu l'ordre par haut-parleurs d'enlever leurs habits. Plus tôt, deux membres de la sécurité palestinienne à la prison ont été tués et 26 blessés au cours de l'assaut.
Selon le ministre israélien de la Sécurité intérieure Gédeon Ezra, l'opération a été ordonnée par le Premier ministre par intérim Ehud Olmert "dans le cadre de la lutte anti-terroriste. Les assassins du ministre Rehavam Zeevi doivent rester derrière les barreaux".
L'opération a été lancée à la suite d'informations sur un projet du dirigeant palestinien Mahmoud Abbas de libérer Ahmad Saadat.
Les soldats ont pénétré dans le complexe pénitencier, des blindés et plusieurs dizaines de jeeps ont encerclé la prison tandis que des hélicoptères survolaient le site.
Les militaires ont appelé par haut-parleurs les détenus à l'intérieur du bâtiment à se rendre sans discussion. Mais, sans attendre leur réponse, les bulldozers de l'armée sont entrés en action dans un vrombissement de moteurs.
L'armée a ensuite pénétré dans la prison et arrêté des détenus, gardiens et officiers de sécurité, selon un policier. Les personnes arrêtées, certaines en sous-vêtements, ont été rassemblées hors du bâtiment.
Une famille, arrivée sur les lieux, a affirmé qu'un des siens, un adolescent de 15 ans, avait été blessé grièvement par des tirs de soldats alors qu'il jetait des pierres.
Selon un porte-parole de l'armée, 180 Palestiniens ont été arrêtés depuis le début de l'opération. "Mais aucun de ceux que nous sommes venus pour arrêter n'a encore été capturé".
Sur un ton de défi, Ahmad Saadat, élu député lors des récentes législatives, avait affirmé à la chaîne Al-Jazira qu'il ne se rendrait pas. "Nous avons le choix entre la lutte et la mort. Nous ne nous rendrons pas", a-t-il dit, en accusant les gardes britanniques et américains de "collusion avec les Israéliens".
Une porte-parole du consulat britannique à Jérusalem-est a démenti ces accusations, soulignant que la décision de retrait avait été prise dans un souci de sécurité et communiquée aux Palestiniens et Israéliens le 8 mars.
M. Abbas, en tournée en Europe, avait appelé Israël à mettre fin à son opération et critiqué le retrait des gardiens américains et britanniques. Le Hamas, qui doit former le prochain gouvernement palestinien, a appelé à une intervention internationale.
En représailles à l'opération israélienne, des activistes ont enlevé au moins huit personnes, dont sept étrangers dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.
Deux Françaises de l'organisation Médecins du Monde ont été kidnappées à Gaza par un groupe armé proche du FPLP. Leur rapt a été confirmé par Paris.
Un Suisse, chef de la représentation du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Khan Younès, a été enlevé par des hommes armés. Le CICR a confirmé le raid.
Quatre personnes, dont trois étrangers, ont été enlevées dans un hôtel de Gaza par des hommes armés, ont indiqué des témoins en précisant que deux journalistes coréens et leur traducteur figuraient parmi les otages.
A Jénine, en Cisjordanie, un enseignant américain a été enlevé par des hommes armés à l'Université américaine arabe, selon la sécurité palestinienne, avant d'être libéré.
D'autres violences ont eu lieu à Gaza. Un centre culturel britannique, qui a été incendié, et la représentation européenne ont été prises d'assaut par des Palestiniens en colère.
Les Brigades des Martyrs d'al-Aqsa, un groupe lié au Fatah, ont menacé de s'en prendre à des citoyens britanniques et américains s'ils ne quittaient pas les territoires palestiniens "immédiatement". Londres a appelé ses ressortissants à partir.
La police palestinienne a donné l'ordre à ses hommes de tirer à vue contre des Palestiniens qui porteraient atteinte à des intérêts étrangers dans la bande de Gaza, selon le ministère de l'Intérieur.
Sources : AFP
Posté par Adriana Evangelizt