Israël s'inquiète de l'ouverture américaine à l'égard de Téhéran
Washington montre des signes de flexibilité sur le nucléaire iranien
Israël s'inquiète de l'ouverture américaine à l'égard de Téhéran
Les États-Unis montraient des signes de flexibilité et de patience avec l’Iran, alors que les Israéliens ne cachent pas leur inquiétude face à l’ouverture américaine à l’égard de la République islamique.
Le vice-Premier ministre israélien Shaul Mofaz a fait part de la vive inquiétude suscitée en Israël par la tenue de pourparlers directs entre l’Iran et les États-Unis dans le dossier nucléaire, a rapporté sa porte-parole. Le 19 juillet, le numéro trois du département d’État américain William Burns a participé à une réunion des grandes puissances mondiales à Genève, à laquelle assistait également le représentant iranien Saeed Jalili. Shaul Mofaz, qui compte parmi les « faucons » de l’administration israélienne et fait figure de possible successeur au Premier ministre Ehud Olmert, démissionnaire en septembre, a été reçu jeudi par Burns dans le cadre d’une réunion bilatérale de routine. La porte-parole de Mofaz, Talia Somech, a indiqué qu’il avait mis à profit cette réunion, ainsi que deux autres avec le vice-président Dick Cheney et la secrétaire d’État Condoleezza Rice, pour faire part des objections israéliennes au dialogue entre Washington et Téhéran.
Mofaz « a appelé les Américains à poser des conditions solides, comme l’interdiction pour les Iraniens d’enrichir de l’uranium sur leur territoire, et à affirmer clairement que les échéances doivent être respectées. Les Iraniens ne font que chercher des failles à exploiter », a-t-elle rapporté. À l’issue de la rencontre entre Burns et Mofaz, un communiqué commun a été émis par le département d’État, dans lequel aucune allusion n’est faite à un éventuel recours à la force. « Les États-Unis et Israël partagent une grave inquiétude au sujet du programme nucléaire iranien, et les deux délégations ont évoqué des actions destinées à renforcer les efforts diplomatiques et des mesures financières qui empêcheraient l’Iran d’être en mesure de développer des armes nucléaires », indique le document. Lors de sa visite à Washington, Mofaz a déclaré que « non seulement toutes les options contre l’Iran doivent être envisagées, mais elles doivent être prêtes », a rapporté Talia Somech.
Par ailleurs, M. Mofaz a déclaré hier que l’Iran réussirait d’ici à deux ans une avancée majeure dans son programme nucléaire controversé. « À partir de 2010, (l’Iran) pourra parvenir au stade de (fabrication d’uranium) à des niveaux militaires », a-t-il prédit devant un auditoire à Washington.
Des responsables américains ont expliqué que Washington voulait encourager ceux qui, en Iran, étaient enclins à coopérer avec l’Ouest afin de soulager la pression économique et financière en Iran, déjà frappé par trois trains de sanctions de l’ONU. Selon Gary Sick, un expert de l’Iran, Washington comme Téhéran montrent un plus grand désir de mettre fin à une confrontation qui suscite des craintes de conflit militaire. « Aucune des deux parties ne veut montrer qu’elle perd la face, ou qu’elle cède (devant) l’autre partie, mais les deux cherchent à trouver un moyen de sortir de cette impasse », a-t-il dit devant le Conseil des relations internationales (CFR). Il a estimé qu’un « changement de part et d’autre » est le souhait de Washington, première étape vers la restauration des relations diplomatiques interrompues il y a près de 30 ans. Selon lui, les États-Unis ont admis que leur récente politique visant à isoler l’Iran avec des sanctions toujours plus dures n’était pas parvenue à forcer Téhéran à interrompre son programme d’enrichissement d’uranium.
Sources Lorient le Jour
Posté par Adriana Evangelizt