Elections : Des irrégularités avérées gâchent la grande fête démocratique à Kadima.

Publié le par Adriana Evangelizt

Article écrit avant les élections...




Elections : Des irrégularités avérées gâchent la grande fête démocratique à Kadima.



Des irrégularités dénoncées, il faut le souligner, par les quatre candidats à la présidence du parti. Mais voilà, le mal israélien est bien enraciné, ce mal qui voit des affairistes et des pourvoyeurs de voix intervenir à la moindre élection pour peser sur le résultat final. Avec la demande, souvent non déguisée, d'un renvoi d'ascenseur.

 

Par Mati Ben-Avraham

Binyamin Netanyahou le sait bien qui, tout dernièrement a tenté de revenir à une pratique instaurée par le Mapaï, à savoir la célèbre et décriée” commission des entérinements”. C’était très simple : la commission, composée des meilleurs (au sens politique) barons du parti, dressait la liste des 120 candidats à la députation, classés dans l’ordre voulu, entérinait cette liste, puis la faisait voter par la direction et les instances du parti.

Le Likoud, lui, avait laissé au comité central le soin de faire le tri. C’était ouvrir la porte aux affairistes, ces petits groupes d’anciens, formés au temps de la clandestinité, autant de mini-parlements assoiffés de pouvoir occulte, mais généralement désintéressés. Peu à peu, ils ont laissé la place aux néo-affairistes, qui savaient et tenaient à monnayer leur appui. Puis, vint le temps des “pourvoyeurs de voix”, ces hommes à même de déplacer 10, 50, 100 ou plus votes au sein du comité central en faveur d’un tel ou tel autre. Pour un prix élevé. Qui ne se souvient de cette scène, au comité central, qui vit la ministre Limor Livnat s’écrier : ” Mais pourquoi croyez-vous que nous sommes élus? Pour vous fournir des jobs?” Les “oui” firent trembler les murs!

Binyamin Netanyahou, là aussi, avait perçu le danger. Il instaura les primaires. Idée généreuse. Mais qui, rapidement, a montré ses limites. Pour que ça marche, il eût fallu la mise en place de garde-fous. Les pourvoyeurs de voix ont très vite repéré la faille. Ils traitent en amont, directement avec le candidat aux primaires.

D’où la nouvelle proposition du numéro un du Likoud. Qui s’est fait incendier par les siens. Courageux mais pas téméraire, Binyamin Netanyahou a fait marche arrière.

Pour ces primaires à la présidence de Kadima, les candidats étant inaccessibles, d’autres astuces ont été trouvées pour influer sur le résultat final. Mais là, la politique politicienne a repris tout ses droits. Il y a eu les inscriptions fictives dans les bureaux de poste, où un seul homme faisait enregistrer des dizaines de personnes, sur la foi d’une liste de numéros de cartes d’identité, que nul employé ne s’avisait de contrôler. Ou ces membres du Likoud, des mouvements d’extrême-droite ou du parti travailliste, incités à adhérer à Kadima. Et tout cela pour augmenter les chances du candidat le plus proche de leur ligne idéologique. Des enquêtes ont été ouvertes. Les partis ont été obligés à des vérifications croisées pour exclure les fraudeurs.

Mercredi soir, à 20 heures, le vainqueur de ces primaires sera connu. Si l’on suit le sondage donné lundi soir par la Chaîne 10 de télévision, ce sera Tzipi Livni : 47% des intentions de vote contre 28% à Shaul Mofaz. Il est simplement regrettable que cette fête de la démocratie ait été ternie par des pratiques de type mafieux. Des pratiques qui cadrent mal d’ailleurs avec le dynamisme de la société israélienne dans de nombreux domaines. Ce sera l’un des grands chantiers que Mme Livni (prenons le risque) devra mener à bien au cours de son mandat pour permettre à Israël d’exploiter enfin le formidable potentiel qui est le sien.

Sources
Israel Valley

Posté par Adriana Evangelizt

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