Les Palestiniens, l'Europe et ce que tout le monde sait

Publié le par Adriana Evangelizt

Les Palestiniens, l'Europe et ce que tout le monde sait

par Tarik Ramadan

Qu’est-ce qui a changé ? Rien, absolument rien. La dernière décision de l’Union Européenne de mettre un terme à son aide à l’Autorité Palestinienne n’est ni une surprise ni un revirement politique. L’Europe continue de plier devant les injonctions américaines et sa politique proche orientale reste caractérisée par la peur, la frilosité et l’hypocrisie.

Depuis plus de soixante ans, on manipule, on ment et l’on trompe. On impose aujourd’hui à l’Autorité palestinienne trois conditions au nom de résolutions des Nations Unies ou du droit international que les gouvernements israéliens successifs n’ont eut de cesse de moquer, de négliger et de transgresser. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, tout le monde le sait, tout le monde se tait.

Plus récemment, on est allé jusqu’à faire semblant de croire aux bonnes intentions du gouvernement de Ariel Sharon qui « oeuvrerait pour la paix ». On a admis les grands mensonges qui ont suivi les « accords » de Sharm al-Shaykh avec le « retrait historique » de Gaza et l’engagement unilatéral « pour la paix. » On a fait mine de croire qu’il s’agissait d’accords sans relever la mise en scène uniquement destinée à gagner du temps. Dans la liesse artificielle, et à grands coups de projecteurs et caméras, on a fait mine de penser que Gaza était libérée alors qu’Israël s’accaparait, en installant d’autres colonies ailleurs, deux fois et demi plus de terre qu’elle n’en avait restituées. On a fait mine de croire aux intentions pacifiques du Premier Ministre Ariel Sharon (pour qui les Palestiniens, puis Arafat, puis Abû Mâzen, puis les Palestiniens n’étaient pas des partenaires fiables) qui, avec son nouveau « parti modéré », puis son successeur ont « construits » une paix unilatérale dessinée, ici, par un bantoustan odieux et, là, par un « mur - prison » inhumain sur moins de 19% du territoire palestinien. Belle paix, en vérité. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, on le sait, on se tait.

Rien n’a changé. Le piège de la transparence électorale se referme simplement sur un peuple dont les soixante dernières années d’histoire n’auront fait que mettre en lumière le cynisme infâmant et la peur abyssale de la classe politique européenne. Voilà donc que ce peuple a fait le « mauvais choix démocratique » : il recevra, certes, une aide humanitaire mais rien pour l’Autorité Palestinienne élue qui devra, elle, comprendre et appliquer les résolutions des Nations Unies et le droit international. Qu’importe que le mur israélien se construise en transgressant ce même droit, qu’importe que les assassinats politiques et les exécutions sommaires perpétrés par le gouvernement de Tel Aviv perdurent contre ce même droit, qu’importe enfin la multiplication des colonies de peuplement niant les termes de ce droit... qu’importe ! La démocratie israélienne, qui voit ce pays être dirigé depuis si longtemps par des femmes et des hommes ayant eux-mêmes été des assassins, ou ayant directement aidé à des massacres (comme ce fut le cas pour Sharon à Sabra et Shatila), est digne de respect et ne sera soumise, elle, à aucune condition. Bien au contraire, c’est elle qui impose ses conditions aux Etats-Unis comme à l’Europe. Avec l’arrogance de son bon droit, absolu et souverain. Dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, on le sait, on se tait.

Rien n’a changé. L’Europe a pris hier une décision qui est à l’image de sa politique au cœur du conflit israélo-palestinien et qui est peut-être, exceptionnellement, le seul dossier sur lequel il semble exister le semblant d’ « une politique étrangère européenne ». Mais celle-ci est triste, inquiétante et, au fond, révoltante. La peur qui tétanise les politiciens européens face à l’Etat d’Israël et à la puissance de certains lobbies sionistes est proprement sidérante. L’amour du pouvoir et la peur de le perdre feraient-ils à ce point s’aveugler et se taire les consciences humaines devant les horreurs quotidiennes subies par les Palestiniens ? Qui fera mine de croire à l’existence d’un soupçon d’éthique politique ? Qui sont ceux, et quel courage les distingue, qui ce sont presque excusés de l’opinion majoritaire de leurs peuples, lorsqu’il y a trois ans (dans un sondage forcément anonyme) les Européens affirmaient qu’Israël était le pays qui menaçait le plus la paix du monde ? Alors que tous, dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, le savent et que tous se taisent.

Verra-t-on un jour des politiciens un peu honnêtes, un peu courageux... qui oseront enfin dire ce que le monde sait ? Enfin. Peut-être sera-ce aux peuples de devoir les élire ? Enfin. La route est longue mais en face de l’hypocrisie et du cynisme ambiants et complices, il faut au moins décider de ne pas se taire. Jamais. La dignité des Palestiniens est de résister, la nôtre est de dénoncer. Si nous voulons moins de violence, il faut « unilatéralement » rompre le silence. Cela veut dire dénoncer les peurs autant que les politiques injustes et ignobles qui continuent à laisser tuer et mourir un peuple entier dans des territoires occupés, exsangues, dans des prisons à ciel ouvert, au vu et au su de tous.

A l’heure où j’écris ces lignes, une bombe s’abat, chaque cinq minutes, sur Gaza et elle tue et terrorise des milliers d’enfants, un peuple entier. A moins que ces bombes aient cette vertu pédagogique d’enseigner aux Palestiniens les conséquences palpables des « bons choix démocratiques » d’Israël que les Etats-Unis et les Européens soutiennent au nom d’un droit international sélectif. Belle leçon, bel avenir de paix. Beaux mensonges, belle farce. Colonisé par la peur, conscient et complice de sa démission collective, la classe politique européenne ne cesse de plier face aux diktats américains, à la puissance d’Israël et à ses lobbys agissants. Dans les couloirs des cabinets de Bruxelles, tout le monde le sait, tout le monde se tait.

Les Palestiniens continueront de souffrir. Il ne peut être question de cesser de critiquer chacune des décisions politiques injustes qui font perdurer l’horreur et empêche de parvenir à une paix juste. Car enfin, c’est la majorité des Européens qui, contre une classe politique de plus en plus lâche, a raison : Israël est bien aujourd’hui le pays qui met le plus en danger la paix du monde. Et cela, dans les couloirs des cabinets de Washington ou de Bruxelles, et jusqu’à Tel Aviv, tout le monde le sait.

Sources : MICHEL COLLON

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans PALESTINE EUROPE

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F
Bjr,<br /> Que les colons sionistes français, russes, américains rentrent chez eux et du coup il n’y aurait plus de problème d’état d’Israël et par la même occasion il n’y aurait plus de problème de terrorisme et de guerre dans le monde.<br /> Qu’on ouvre les portes de cette prison (Israel) créée, maintenue et subventionnée par l’occident ! et qu’on laisse ce peuple palestinien colonisée respirer la liberté !<br /> Vive la palestine libre.<br />
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B
A mon sens, il n'y a pas lieu de choisir entre deux terrorrismes, il y a lieu de choisir le droit, la justice et l'équité !<br /> Israel, dans ses frontières reconnues par l'ONU est légal ...par contre la politique israélienne d'occupation des territoires palestiens ne l'est pas : il s'agit donc de réclamer de nos gouvernements et partis nationaux d'exiger l'application du droit international et de sanctionner de façon exemplaire les pays agissant dans une illégalité totale !!!<br /> Voilà le seul choix possible pour des citoyens dignes de ce monde. La responsabilité citoyenne ne saurait se confondre à la collusion avec des états terrorristes ou terrorrisant : les états légalement constitués étant en principe, les garants du respect du droit !
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E
En terme de philosophie du droit, tout Etat est illégitime car ne reposant pas sur la liberté contractuelle de ses habitants.<br /> Un Etat légitime serait celui qui ferait respecter et appliquer le droit (et non la loi) de propriété (et donc de responsabilité) dans une situation de non imposition (car elle n'est autre qu'un vol légalisé).<br /> De facto, aucun Etat à ce jour n'est légitime.<br /> Donc, si les USA soutiennent Israel, ils soutiennent un Etat illégitime tout comme ils pourraient soutenir un "Etat" illégitime comme la Palestine.<br /> Le terrorisme d'Etat n'est pas l'apanage d'Israel mais ce dernier, dans le consensus légal qui règne, est considéré plus légitime que la violence aveugle d'un group armé comme le Hamas.<br /> Hamas et Israel sont tous deux des organismes terroristes.<br /> A chacun selon ses critères moraux de choisir son camp (si cela a un sens). <br />
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B
La légalité internationale cela existe : elle consiste dans les résolutions des nations unies et dans les arrêtés des tribunaux inernationaux tel le tribunal de la haye !<br /> Tout ce qui se fait en dehors de cela au niveau international...c'est juridiquement, purement et simplement illégal et criminel ...et c'est précisément le cas de la politique Israélienne et sioniste en palestine et à jérusalem-est !!!<br /> Donc globalement les stratégies politiques et militaires israéliennes causant des morts notament violentes ...selon la définition de monsieur etiq ci-dessus : c'est bel et bien du terrorrisme d'état. <br /> L'autre question étant comment combattre efficacement un terrorrisme d'état assassin et hypocrite : généralement ce sont les victimes qui sont amenés à répondre à la question, à moins que la communauté internationale ne mette fin au terrorrisme d'état sus-mentionné de sa propre initiative !!!<br /> Voilà le terrorisme proche oriental remis dans la perspective du droit international !!!<br /> Les sionistes et leur état israélien n'ont donc jamais cessé d'être et d'agir en tant que des terrorristes internationaux : voilà de quoi réfléchir à la question palestinienne ! <br /> L'europe et les USA soutenant donc un état terrorriste en toute connaissance de cause... <br /> On comprend ainsi de mieux en mieux la situation des palestiniens !!!
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E
A mes yeux est terroriste une personne qui utilise l'homicide comme moyen pour arriver à ses fins (qu'elles soient légales ou non, louables ou non).<br /> Un militaire, un résistant, un djihadiste commettant un meurtre sont des terroristes à mes yeux (sauf s'il y a eu homicide déclaré venant de la victime car je suis pour la proportion des peines et donc pour la peine de mort).<br /> Voilà un peu pour le sens du 'terroriste' à mes yeux.<br /> La terre est propriétaire du premier occupant qui y fait une activité. Dans le cas de la Palestine, il y a eu des expropriations ; ce n'est pas pour cela qu'il faut tuer pour la récupérer.<br /> Que le Hamas soit le seul mouvement de résistance 'Intègre' soit; mais les moyens qu'il emploie sont disproportionnés.<br />
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