Ces marocains qui commercent avec Israël
Les députés du groupe Justice et développement crient au scandale
Ces Marocains qui commercent avec Israël
Par Abdellatif El Azizi
Elles sont en fait plus d’une centaine d’entreprises israélienne à opérer d’une manière ou d’une autre sur le territoire marocain. Avec une préférence pour le secteur agricole. L’exemple de la société israélienne Netafim reste frappant à cet égard.
Les députés islamistes du groupe Justice et Développement se sont indignés du silence du gouvernement face à la présence des entreprises israéliennes qui opèrent encore au grand jour au Maroc. Pressé de répondre, le ministre de l'Agriculture s’est contenté de rappeler “qu’il n'y aura aucune normalisation avec l'entité usurpatrice, ni avec aucune société détentrice de sa nationalité". Ismail Alaoui a pourtant reconnu qu'il existe effectivement des entreprises marocaines qui importent des produits des Pays-Bas et du Danemark qui relèvent de la technologie de l’État hébreu et que des entreprises israéliennes sont liées à des partenaires marocains.
Elles sont en fait plus d’une centaine d’entreprises israélienne à opérer d’une manière ou d’une autre sur le territoire marocain. Avec une préférence pour le secteur agricole. Selon les islamistes, il y aurait “121 sociétés israéliennes sionistes qui se livrent à des opérations de communication et de coordination et à des visites au Maroc alors que 17 d'entre elles ont pignon sur rue au Maroc".
Privilèges
La presse nationale s’était d’ailleurs plus d’une fois scandalisée du fait que malgré de nombreuses critiques, l'Institut Agricole Marocain continuait à procéder à des échanges avec des chercheurs et des délégations scientifiques sionistes régis par protocoles de recherche scientifique.
L’exemple de la société israélienne Netafim reste frappant à cet égard. Avec sa filiale Regafim située dans le quartier Aïn Sebaa à Casablanca, Netafim fait de juteuses affaires avec les grands propriétaires terriens. L’irrigation au goutte-à-goutte est la coqueluche des nouveaux latifundiaires marocains. Pourtant Netafim n’a jamais caché des ambitions qui sont beaucoup plus diplomatiques qu’économiques. Depuis les années 80 , Netafim avait été chargée de s’implanter en Afrique. Le Maroc étant classé en tête de file.
À titre d’exemple, Netafim avait mis sur pied en Côte d’Ivoire un système d’irrigation pour le compte de la SCB, premier producteur de bananes du pays. Elle a aussi assuré la formation d’une équipe locale. “Nous précédons souvent la reprise des relations diplomatiques. C’est ce que nous avons fait avec la Gambie en 1993, la Mauritanie, le Cap Vert, sans oublier d’autres pays comme le Kenya, le Zimbabwe ou l’Afrique du Sud et le Maroc" avait déclaré à l’époque à la presse Samuel de Pigiiolto chargé par la firme de jouer les missions de bons offices.
L’Etat hébreu, fin connaisseur du talon d’Achile des pays africains a réussi à se tailler une place privilégiée en Afrique, en y cultivant une coopération agricole dynamique.
La réaction des députés du PJD reflète en fait la position de M. tout le monde dans la mesure où la rage de l’homme de la rue marocain face aux tueries à répétition commises par les milices de Sharon appelle forcément au boycott de tout ce qui rappelle Israël. D'ailleurs il est simpliste de dire ou de faire croire que le droit de refuser d’avoir des relations avec son ennemi, ennemi du genre humain de surcroît, est une découverte récente ou une invention quasi magique des islamistes du PJD.
L’État d’Israël tue des bébés sans vergogne, le droit à l’indignation est acquis pour tous. Pourquoi le refuser aux Marocains? Les campagnes de boycott de produits israéliens n’ont rien de racistes. Elles procèdent d’une logique commerciale pure. Les Etats-Unis défenseurs des droits de l’homme nous ont d’ailleurs habitués à la technique, on a bien interdit aux entreprises américaines d’avoir des affaires en Lybie, en Irak ou en Iran.
Indignation
Avec le déclenchement de l’Intifada, des produits comme Pepsi-Cola, Ariel ont été interdits de séjour dans de nombreux pays arabes. Sous le motif que “Pepsi est le diminutif de Pay Every Penny to Save Israel" (payez jusqu'au dernier centime pour sauver Israël) alors que la lessive commercialisée par l'Américain Proctor & Gamble, a été identifiée à Ariel Sharon. La rue arabe a précédé les positions officielles . Au sommet arabe qui s’était tenu à Amman en mars dernier à l'initiative de la Syrie, Ryad avait fermement soutenu un retour au boycott arabe des firmes traitant avec Israël.
L'Arabie saoudite est favorable au rétablissement du boycott arabe des firmes traitant avec Israël avait annoncé son ministre des Affaires étrangères, Saoud al-Fayçal. La proposition syrienne appelait à une action ferme concernant le boycott économique arabe d'Israël. Une réactivation du boycott arabe d'Israël, revendiquée par la Syrie, avait été inscrite à l'ordre du jour du sommet arabe, dans une résolution adoptée par les ministres arabes des Affaires étrangères. Après le lancement du processus de paix, les pays arabes avaient suspendu le boycott des firmes étrangères traitant avec l'Etat hébreu et maintenu celui frappant les compagnies israéliennes. Le Maroc a trop souvent été soupçonné d’être trop mou dans ses condamnations d’Israël.
Le gel du bureau de liaison israélien à Rabat , c’est bien, une réponse officielle claire sur la question des sociétés liées de très près à l’entité sioniste , c’est encore mieux.
Sources : MAROC HEBDO
POsté par Adriana Evangelizt