La communauté internationale face à la misère palestinienne

Publié le par Adriana Evangelizt

La communauté internationale face à la misère des Palestiniens

par Pierre Barbancey

Alors que le peuple palestinien est asphyxié, le « quartet » (USA, UE, Russie et ONU) examine les conditions du rétablissement d’un soutien. Israël poursuit la construction du mur.

Le « quartet » (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU) créé pour tenter de pallier le blocage des négociations israélo-palestiniennes, et auteur d’une « feuille de route » qui n’existe plus que sur le papier, se réunissait hier, alors que les conditions de vie des Palestiniens se dégradent chaque jour un peu plus. Officiellement, le but de cette réunion à New York était la conduite à tenir face au gouvernement palestinien dirigé par le Hamas, Washington se voyant pressé de revenir sur l’asphyxie financière de l’Autorité palestinienne, incapable de payer ses 160 000 fonctionnaires.

L’administration Bush ne modifie rien

La France a proposé, lors de la visite du président de l’Autorité palestinienne (AP) Mahmoud Abbas en France, d’autoriser la Banque mondiale à virer de l’argent destiné à verser les salaires des fonctionnaires palestiniens. Une proposition intéressante mais soumise au bon vouloir du « quartet ». L’administration Bush a déclaré qu’elle étudierait toutes les options, mais qu’elle ne modifierait pas sa stratégie visant à isoler le Hamas jusqu’à ce qu’il renonce à la lutte armée, qu’il reconnaisse Israël et qu’il se plie aux accords israélo-palestiniens conclus dans le passé. « Pour nous, le principe reste le même. Nous voulons répondre aux besoins humanitaires du peuple palestinien, mais nous n’allons pas fournir de l’argent à une organisation terroriste », a déclaré le porte-parole du département d’État, Sean McCormack.

L’europe pour une solution assouplie

Mais les diplomates de l’Union européenne et de l’ONU, entre autres, souhaitent que Washington adopte une attitude plus pragmatique à l’instar de la Russie, qui est passée outre l’isolement diplomatique total préconisé par les États-Unis en rencontrant directement des responsables du Hamas. « Nous espérons que les États-Unis assoupliront leur position et accepteront la proposition d’un versement des salaires par la Banque mondiale », a déclaré un responsable occidental peu avant la réunion du « quartet ». Selon lui, les difficultés financières de l’Autorité palestinienne risquent d’entraîner un effondrement de l’administration qui compliquera par la suite les efforts de reconstruction des territoires palestiniens. Mahmoud Abbas et le premier ministre (Hamas) Ismaïl Haniyeh ont appelé le « quartet » à revoir la suspension des aides directes à l’Autorité palestinienne.

Après la victoire du Hamas aux élections législatives palestiniennes de janvier et la formation d’un gouvernement dirigé par le mouvement islamiste, en mars, les États-Unis et l’Union européenne ont suspendu leur aide financière directe à l’Autorité palestinienne. Pourtant, la Banque mondiale a averti les pays donateurs que la crise financière que connaît l’Autorité palestinienne était plus profonde qu’on ne l’avait anticipé et pourrait rendre la Cisjordanie et la bande de Gaza ingouvernables. Les Palestiniens ne reçoivent plus aucune aide financière de l’étranger, car les banques, qu’elles soient locales ou internationales, craignent d’essuyer des sanctions de la part des États-Unis.

Les pays arabes sont favorables à la proposition française, ou, à défaut, à un versement des salaires via le cabinet du président Abbas. La Ligue arabe a également élaboré un plan prévoyant le versement direct des salaires des fonctionnaires sur leurs comptes bancaires, mais cette initiative s’est heurtée au veto de Washington. « La position américaine, à ce stade, est trop rigide », a même déclaré Ned Walker, un ancien ambassadeur des États-Unis en Égypte et en Israël. Walker a souligné que Washington ne prendrait probablement aucune décision importante dans ce dossier avant la rencontre prévue ce mois-ci entre George Bush et le premier ministre israélien, Ehud Olmert, que le président américain souhaite consulter au préalable. C’est dire si la réunion du « quartet » ne vaut que par sa convocation. Pour le reste, et surtout pour éviter une crise humanitaire majeure que tout le monde redoute, il s’agit de mettre en place des mécanismes politiques et financiers, avec ou sans l’accord des États-Unis. Dans le même temps, le gouvernement israélien poursuit la construction du mur et annexe toujours plus de terres palestiniennes. Une politique démarrée avant la victoire du Hamas et qui se poursuit aujourd’hui, sans que le « quartet » n’intervienne.

Sources :  L'Humanité

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans PALESTINE EUROPE

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