Israël arrête un tiers du mouvement Hamas

Publié le par Adriana Evangelizt

Israël arrête un tiers du mouvement Hamas

Jeudi, après 48 heures d’offensive dans une bande de Gaza hermétiquement bouclée et privée d’électricité, l’armée israélienne a arrêté huit ministres du Hamas, ainsi que des dizaines de députés et autres responsables du mouvement islamiste.

Un cran supplémentaire a été franchi jeudi dans l’épreuve de force imposée au Hamas par Israël avec l’arrestation de huit ministres et 20 députés palestiniens, tous appartenant au mouvement islamiste. L’Etat hébreu, qui réoccupe une large part de la Bande de Gaza, intensifie ses pressions pour récupérer le caporal Gilad Shalit enlevé dimanche.

Tandis que des chars pénétraient dans le nord de la Bande de Gaza, un hélicoptère israélien Apache a tiré un missile sur une fabrique d’armes présumée à Khan Younès. Des habitants de Gaza ont quant à eux affirmé que des bulldozers israéliens avaient rasé plusieurs maisons, une information démentie par Tsahal. Des frappes aériennes ont aussi visé deux camps d’entraînement d’activistes palestiniens.

Ajoutant aux tensions, le corps d’Eliahou Asheri, jeune colon israélien de 18 ans, lui aussi enlevé, a été retrouvé enterré près de Ramallah, en Cisjordanie. Il avait été tué d’une balle dans la tête, selon des responsables de la sécurité israélienne.

Un haut gradé israélien a annoncé que plusieurs raids opérés tôt jeudi avaient permis l’arrestation de 64 responsables du Hamas. Parmi eux figurent huit des 23 ministres et 20 des 72 membres du Conseil législatif palestinien, indiquait-on de sources palestiniennes.

Mark Regev, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères, a assuré que les ministres et les parlementaires n’avaient pas été interpellés pour servir de monnaie d’échange, mais parce que l’Etat hébreu tenait le Hamas pour responsable des attaques contre Israël.

"Les arrestations de ces responsables du Hamas (...) entrent dans le cadre d’une campagne contre une organisation terroriste qui a intensifié sa guerre de terreur contre les civils israéliens", a précisé M. Regev.

L’Etat hébreu a fait savoir qu’il ne négocierait pas la libération du militaire avec les activistes palestiniens et a rejeté les demandes de libération des prisonniers palestiniens en échange d’informations sur l’otage.

Une première information faisant état de l’arrestation du vice-Premier ministre palestinien Nasser Chaer a été démentie. En revanche, le président du Parlement palestinien Abdel Aziz Douaik et le ministre des Affaires religieuses Nayef Rajoub, frère de Jibril Rajoub, ex-homme fort du Fatah en Cisjordanie, font partie des officiels interpellés.

Les Palestiniens ont exprimé leur indignation après ces arrestations. "Nous n’avons pas de gouvernement, nous n’avons plus rien. Ils ont tout pris", a dénoncé Saeb Erekat, proche du président Mahmoud Abbas. "C’est absolument inacceptable et nous demandons leur libération immédiate." Un responsable du Hamas, Oussama Hamdan, a refusé de dire si son mouvement souhaitait parvenir à un échange. "Il est prématuré d’évoquer ce sujet", a-t-il déclaré à l’Associated Press. "Si les Israéliens veulent les échanger contre notre soldat, qu’ils le disent franchement et nous réagirons." Ces arrestations constituent un nouveau degré dans les pressions croissantes exercées par Israël sur le Hamas et les autres groupes radicaux palestiniens pour obtenir la libération du caporal Shalit, enlevé en territoire israélien par un commando proche du Mouvement de la résistance islamique.

Devant l’aggravation de la situation, qui remet en question les avancées enregistrées récemment dans le processus de paix, les autorités russes et chinoises ont exhorté le Hamas à libérer sans délai le militaire israélien. Le ministre français des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a pour sa part précisé depuis Moscou que la France condamnait l’usage de la violence, l’arrestation d’hommes politiques, ainsi que les conditions dans lesquelles ces arrestations ont été conduites.

L’aviation israélienne a par ailleurs survolé mercredi la résidence d’été du président syrien Bachar El-Assad, dans le nord-ouest de la Syrie. Il s’agissait de faire comprendre au raïs syrien qu’il était en son pouvoir d’intervenir auprès du Hamas pour obtenir la libération du caporal israélien, selon des responsables de Tsahal.

Une partie de la direction du Hamas vit en exil en Syrie, notamment son chef politique Khaled Mechaal.

-Sources : La Libre be

Posté par Adriana Evangelizt

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article