Au bord du chaos
Nous avons donc traduit approximativement l'éditorial de Haaretz et vous verrez qu'il n'est pas d'accord avec la politique d'Olmert. A noter aussi que comme Gideon Levy, Haaretz dit que l'arrestation des chefs du Hamas est diligentée par Washington. N'oublions pas que les vrais donneurs d'ordre sont là-bas... et tant pis si ça met les peuples tant israélien que palestinien en danger... ils n'en ont rien à cirer. Haaretz pointe également le doigt sur le fait que Olmert a pris des décisions quasiment tout seul sans en discuter avec le gouvernement et le quotidien en profite pour donner un conseil... "les ministres doivent exiger du premier ministre et du ministre de la Défense qu'ils mettent fin à l'attaque des chefs politiques du Hamas contrel lesquels il n'y a aucune preuve les impliquant dans la planification ou la mise en oeuvre d'actes de terreur."
Au bord du chaos
Editorial du Haaretz
Les efforts pour fixer la libération du soldat capturé Gilad Shalit et d'éviter que les Qassam tombent sur les communautés du Neguev ont évolué au cours des derniers jours dans une campagne globale contre le gouvernement de l'autorité palestinienne.
Pour commencer, l'échelon politique a commandé l'arrestation d'un groupe de ministres et de parlementaires du Hamas. Hier, l'armée de l'air d'Israël a effectué un bombardement sur le bureau du premier ministre Ismail Haniyeh. Et les porte-paroles du gouvernement ont menacé que si le caporal Shalit n'était pas libéré bientôt, des mesures additionnelles seraient prises contre les chefs du Hamas, qui sont considérés comme responsables de l'incident à Kerem Shalom avec ses conséquences.
Les fonctionnaires du ministère de la justice et de l'étranger ont dit que les membres du Hamas n'ont pas été arrêtés afin de servir de négociations dans les entretiens avec les ravisseurs de Shalit mais parce qu'ils sont soupçonnés de délits ayant trait au terrorisme. Néanmoins, la décision d'arrêter des politiciens -qui ont été élus par vote- a eu lieu en raison des pressions venant des Etats-Unis et avec le plein consentement d'Israël qui n'est pas purement une question légale mais plutôt un fait fortement significatif et stratégique.
La victoire du Hamas dans les élections législatives ne présageait rien de bon pour le futur dans les relations entre Israël et les palestiniens et pour la sécurité des civils des deux côtés. Cependant, se débarrasser d'un gouvernement central dans les territoires apporte un désastre encore bien plus grand.
Aux yeux du public palestinien, une garantie israélienne est regardé comme une insigne honneur pour un politicien. Aucun chef politique palestinien doté de bon sens n'oserait braver la puissance des chars israéliens. Même si les bureaucrates du Fatah, sous la conduite de Mahmoud Abbas, décident de considérer l'option et de combler le vide, il est peu susceptible de rester puissant longtemps.
L'éradication officielle du gouvernement palestinien laissera le gouvernement israélien moralement et légalement responsable du bien-être des civils dans la West Bank et la bande de Gaza, aussi. Si le gouvernement d'Israël ne comprend pas que le chaos seul mènera à une escalade, la communauté internationale sera forcée d'arrêter le pourrissement. Aucun miracle à attendre des états voisins, Egypte et Jordanie, surveillant la crise avec un souci croissant.
L'échelon politique, qui fait tout son possible pour régler la libération du soldat, n'a pas le droit de se laisser entraîner dans des mouvements populistes. Le gouvernement doit garder les intérêts globaux de la politique sécuritaire d'Israël au premier rang de ses soucis. Sans se soucier de la crise, ses intérêts ne doivent en aucun cas tomber dans la ligne qui annule un gouvernement voisin et laisse des millions de civils à la merci des milices armées.
Les rapports des médias indiquent qu'en dépit des implications de grande envergure dans le siège du gouvernement du Hamas, la décision d'agir contre les chefs du Hamas a été prise sans discussion avec le gouvernement et pas même avec l'approbation du cabinet politique et sécuritaire. Les ministres, et en particulier ceux du parti travailliste, doivent exiger du premier ministre et du ministre de la défense une fin immédiate de l'attaque des chefs politiques du Hamas, contre lesquels il n'y a aucune preuve indiquant qu'ils sont impliqués dans la planification ou la mise en œuvre d'actes de terreur.
Sources : Haaretz
Posté par Adriana Evangelizt