Le Conseil des droits de l'homme devait débattre de la Palestine Mercredi

Publié le par Adriana Evangelizt

En urgence, le Conseil des droits de l'homme débattra de la Palestine
GENEVE. Au vu de la situation, une session spéciale va se tenir mercredi.
A la demande de 21 membres de la nouvelle entité onusienne, le Conseil des droits de l'homme tiendra une session spéciale mercredi à Genève consacrée à la dégradation de la situation en Palestine. Les statuts du Conseil prévoient précisément la convocation d'une telle session en cas de violations massives des droits de l'homme dans tel ou tel pays. Cette session spéciale recèle pourtant plusieurs dangers. Ne pas réagir aux derniers développements dans les territoires palestiniens offrait le flanc à la critique. Tenir session divise toutefois les spécialistes onusiens. Pour les uns, le Conseil doit d'abord se construire avant de se saisir des questions urgentes. Pour les autres, ne pas se réunir serait faillir. Sous l'impulsion de la Conférence islamique, plusieurs pays arabes sont à l'origine de cette démarche auprès du Conseil des droits de l'homme. A New York lundi, l'Algérie a demandé une réunion urgente du Conseil de sécurité de l'ONU.

Sur le terrain, les ravisseurs palestiniens d'un soldat israélien ont lancé lundi un ultimatum de moins de 24 heures au gouvernement israélien pour libérer des prisonniers. La mise en demeure a été immédiatement rejetée par l'Etat hébreu qui poursuit son offensive anti-Hamas.

Sources : Le Temps
 
«C'est un pas important du Conseil»
par Luis Lema
ONU. La première session spéciale sera consacrée à Gaza. L'avis de John Dugard, rapporteur du Conseil des droits de l'homme.
Ce sera le conflit israélo-palestinien! Le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a décidé de tenir, mercredi prochain, sa première session spéciale, qui sera consacrée à la dégradation de la situation à Gaza.

Un dangereux saut à pieds joints dans le bourbier proche-oriental, pour cette institution des Nations unies qui vient tout juste de naître? Au contraire, juge John Dugard, le rapporteur spécial sur la situation des droits de l'homme dans les territoires occupés palestiniens: «C'est un pas très important dans la bonne direction, estime-t-il. Le Conseil doit s'occuper de ce type de questions. C'est là son rôle même. Il s'agit d'une crise d'importance qui menace la paix.»

L'ONU associée au boycott

Mais le rapporteur, qui revient d'une récente visite dans les territoires palestiniens, voit aussi une autre nécessité à ce que les Nations unies empoignent ce dossier: «La réputation de l'ONU est en miettes auprès des Palestiniens. Pour eux, elle participe aux sanctions qui sapent non seulement l'Autorité palestinienne, mais aussi l'homme et la femme de la rue. Ils la jugent coupable de leur imposer une punition collective.»

A travers le Quartet (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Nations unies), l'ONU est en effet associée au boycott international mis en place après l'arrivée au pouvoir du Hamas, en janvier dernier. Ressortissant d'Afrique du Sud, John Dugard s'étonne. A l'époque de l'apartheid, la communauté internationale avait refusé d'utiliser l'arme des sanctions contre Pretoria au motif que cela serait dommageable aux Noirs sud-africains. Or la population palestinienne est soumise, note-t-il, à l'un des régimes de sanctions «parmi les plus rigoureux des temps modernes». Au moyen notamment du blocage des fonds bancaires, ce n'est pas seulement l'Autorité palestinienne, mais aussi les employés et les Organisations d'aide qui ne reçoivent plus d'argent. Ce qui a «de graves conséquences, par exemple, sur les fournitures médicales.»

Bien plus, note le rapporteur: en conservant sa place au sein du Quartet, les Nations unies (comme l'Union européenne) se voient privées de tout rôle de médiation entre Israël et les Palestiniens. A l'heure de progresser dans l'affaire du soldat israélien enlevé à Gaza, c'est aux Egyptiens que l'on a eu recours, note-t-il à ce propos. «L'ONU pourrait jouer un rôle dans une éventuelle libération de prisonniers. Mais en aucun cas ce ne sera le rôle du Quartet.»

Une session spéciale, certes, mais à quoi servira-t-elle? «C'est le vrai problème, répond John Dugard: «Le Conseil peut exprimer de manière très forte ses opinions, mais il n'a pas le pouvoir de prendre des décisions importantes.» La session pourrait déboucher sur la création d'une commission d'enquête et, peut-être, sur l'envoi dans la région du haut-commissaire aux droits de l'homme. «Cela peut aussi avoir un effet de modération sur le terrain de part et d'autre», explique le rapporteur dont le mandat, comme celui de ses collègues, vient d'être prolongé d'un an par le Conseil.

«Diplomatie créative»

A ceux qui lui reprochent d'outrepasser son rôle, John Dugard répond: «La situation économique est devenue si mauvaise que toute une série de droits élémentaires en souffre. Or, insiste-t-il, cette situation découle directement de l'action d'Israël ainsi que du Quartet.»

John Dugard, dont le mandat n'est pas reconnu par Israël et qui ne peut donc rencontrer d'officiels israéliens, prône l'établissement d'une «diplomatie créative», basée par exemple sur le «document des prisonniers», ce texte par lequel le Hamas vient de reconnaître de manière implicite l'existence de l'Etat d'Israël. A l'en croire, il s'agit là d'un accord «qui pourrait fournir une base pour une négociation future avec Israël.

Dans l'immédiat, même s'il affirme comprendre les préoccupations israéliennes au sujet du soldat enlevé, le rapporteur spécial voit une «disproportion» dans la réponse de l'armée israélienne à Gaza.

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Session spéciale pour le Conseil des droits de l'homme
par Stéphane Bussard
Au vu de la dégradation de la situation à Gaza, trois heures de débat auront lieu mercredi.
Le Conseil des droits de l'homme des Nations unies va tenir mercredi une session spéciale consacrée à la Palestine. A l'origine de la demande, une lettre cosignée par 21 Etats membres de la nouvelle institution onusienne qui vient d'achever vendredi la première session de sa jeune existence. Sous l'impulsion de l'Organisation de la conférence islamique, ce sont avant tout des pays arabes qui ont pris l'initiative de la démarche. Les statuts du Conseil prévoient précisément la convocation d'une telle session en cas de violations massives des droits de l'homme dans tel ou tel pays.

Le bureau du Conseil des droits de l'homme a dû toutefois attendre lundi pour trouver une date qui convienne. De lundi à mercredi, c'est le Conseil économique et social qui monopolise l'espace au Palais des Nations avec trois journées de niveau ministériel.

La convocation de cette session spéciale ne va pas sans susciter quelques réactions. Au cours de la session de ces deux dernières semaines, le président du Conseil, Luis Alfonso De Alba, s'était habilement appliqué à ne pas aborder frontalement les cas les plus criants de violations des droits humains pour se focaliser sur la mise en œuvre des mécanismes et des procédures du nouveau Conseil.

Deux philosophies

Deux philosophies guident en réalité les débuts du Conseil. Pour les uns, celui-ci doit se construire avant de se consacrer aux situations des pays. Pour d'autres, sa crédibilité à venir se mesurera à sa capacité de se saisir d'une situation d'urgence. Directeur exécutif de l'organisation non gouvernementale UN Watch, Hillel Neuer défend la première. «Je suis très déçu par la tenue de cette session sur la Palestine. Je pense qu'on devrait construire le Conseil en développant ses mécanismes de protection avant de traiter de cas particuliers. Et les situations urgentes, il y en a beaucoup. Il n'y a pas qu'Israël. Je crains qu'on ne retombe dans les travers de l'ex-Commission des droits de l'homme.»

Rapporteur spécial de l'ONU sur le droit à l'alimentation, Jean Ziegler ne partage pas cet avis. Pour lui, cette session spéciale prouve que le Conseil est capable de réagir rapidement à une situation grave. «Si elle n'avait pas été convoquée, on aurait perdu l'opinion publique musulmane pour des années. Le Conseil aurait perdu toute crédibilité dans les pays du Sud. On ne peut pas renoncer à s'intéresser à un cas comme les Territoires occupés sous prétexte qu'il y en a d'autres ailleurs.»
Sources : Le Temps
Posté par Adriana Evangelizt
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Publié dans ONU ISRAEL

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