20 palestiiens tués dont plusieurs femmes et enfants

Publié le par Adriana Evangelizt

Et en plus, des mistarvim (soldats israéliens parlant l'arabe avec l'accent palestinien et opérant en civils) auraient été envoyés dans la bande de Gaza afin de «liquider» les dirigeants du Hamas... vous dire le vice !

A Al-Atarah, combats rue par rue entre milices palestiniennes et soldats israéliens

par Serge Dumont, Gaza-City


Les affrontements sont acharnés dans le nord de la bande de Gaza. Vingt et un morts, dont un soldat israélien.

Moins d'un an après avoir évacué la bande de Gaza, Tsahal (l'armée israélienne) a réinvesti le nord de ce territoire afin d'y créer une «zone de sécurité» de six kilomètres de profondeur. Un no man's land censé empêcher les tirs de roquettes Qassam sur les villes de Sderot et d'Ashkelon qui se sont pourtant poursuivis dans le courant de la journée. L'attaque a été lancée à 3heures du matin et elle n'a surpris personne. Lorsque les colonnes de chars et de transports de troupes soutenues par des hélicoptères de combat se sont approchées des villes palestiniennes de Beit Hanoun et de Beit Lahiya, elles y ont été accueillies par un feu nourri ainsi que par des explosions de mines. Les Israéliens ont répondu par des salves de char et d'artillerie ainsi que par des frappes aériennes (20 Palestiniens tués, dont plusieurs femmes et enfants).

A Beit Lahiya, les unités spéciales de l'Etat hébreu ont réquisitionné des immeubles habités pour les transformer en postes de tir. Mais la ville est relativement calme. En fait, des combats acharnés se déroulent à Al-Atarah, un camp de réfugiés voisin où le Hamas avait installé les rampes de lancement de Qassam. Là, les miliciens palestiniens ont affronté les commandos israéliens rue par rue et maison par maison (un soldat israélien tué et trois autres blessés).

A quelques kilomètres de là, aux entrées des camps de réfugiés de Deir Balah et de Jebalia entourant Gaza-City, les miliciens attendent les chars israéliens derrière des barricades de sable érigées à la hâte. Cagoulés de noir, les militants des Brigades Ezzedine el-Qassam (la branche armée du Hamas), des Brigades Al-Quds (la milice du Djihad islamique), ainsi que des Comités de résistance populaire (une association de groupes autonomes) patrouillent en brandissant leur Kalachnikov ou leur RPG antichar. Ils s'agitent beaucoup et courent dans tous les sens. Certains reçoivent leurs instructions par radio. D'autres prennent leurs consignes grâce aux haut-parleurs des minarets.

Dans le ciel, les drones israéliens (des avions sans pilote reconnaissable à leur bruit de tondeuse à gazon) tournent sans cesse à la recherche de cibles à «liquider». Lorsque le ronflement se rapproche, les miliciens plongent sous les voitures en stationnement ou s'engouffrent dans les maisons dont la porte reste ouverte en raison de la chaleur.

Faute d'électricité - elle fonctionne par intermittence mais pas partout - la plupart des habitants de Gaza-City sont désormais privés de réfrigérateur et de télévision. Dans les bureaux dotés de système d'air conditionné, on sue à grosses gouttes et l'on s'abreuve au mince filet d'eau tiède sortant des robinets quelques heures par jour. Dans les rues, la circulation automobile est devenue plus fluide puisque l'essence est devenue un bien rare et que les gens manquent d'argent pour en acheter. «Israël nous impose une punition collective et ce sont les civils qui souffrent le plus», assène le chroniqueur palestinien Saoud Abou Ramadan. «Qu'espère Olmert (ndrl: le premier ministre israélien)? Que les ravisseurs du caporal Gilad Shalit vont le libérer parce que l'armée israélienne nous assiège? Si c'est le cas, il nous connaît vraiment mal, car notre capacité à encaisser les coups est infinie.»

«Nous ne sommes évidemment pas dupes, poursuit l'analyste politique Achraf Adjami. Pour nous, il est évident qu'Israël ne déploie pas un tel dispositif militaire dans le seul but de libérer Shalit. Nous savons bien qu'Olmert veut faire tomber le gouvernement du Hamas et affaiblir davantage l'Autorité palestinienne afin d'affirmer ensuite qu'il n'a personne avec qui parler. Mais les Palestiniens ne céderont pas, car 10% d'entre eux sont détenus, ont été détenus, ou ont un proche détenu en Israël. Ils s'accrochent donc à l'idée que Shalit doit être échangé contre certains de nos prisonniers. Ils n'en démordront pas.»

Selon les rumeurs circulant dans la rue palestinienne, des mistarvim (soldats israéliens parlant l'arabe avec l'accent palestinien et opérant en civils) auraient été envoyés dans la bande de Gaza afin de «liquider» les dirigeants du Hamas. Dans le souk (marché) de Gaza-City, beaucoup sont en tout cas persuadés qu'Hussein Abou Ajwa, une personnalité du Hamas mystérieusement abattue mercredi soir au volant de sa voiture, aurait été victime de ces commandos. Par mesure de précaution le premier ministre palestinien, Ismaïl Haniyeh, et ses proches ont d'ailleurs abandonné leur maison familiale du camp de réfugiés de Chaati. Les autres membres du gouvernement se sont également volatilisés. La bande de Gaza n'est plus gouvernée par personne.

Sources : Le Temps

Posté par Adriana Evangelizt

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