Israël dans la ligne de mire de l'ONU
Les Européens ont jugé la proposition déséquilibrée en défaveur d'Israël... on aimerait franchement qu'ils se trouvent à la place des palestiniens depuis plus de cinquante ans... qu'ils aient vu leur maison détruite, leur champ d'oliviers saccagés, leurs enfants emprisonnés ou tués... et peut-être comprendraient-ils enfin ce qui est déséquilibré et en défaveur de qui. Nous avons voté NON à la Constitution et sommes fiers de l'avoir fait mais maintenant nous disons aussi NON à l'Europe car il ne fait plus aucun doute qu'elle va dans l'axe israélo-américain et que nous n'avons nulle justice à attendre d'elle.
par Luis Lema
La session spéciale du Conseil est diversement appréciée.
Comment juger la réussite d'un événement diplomatique international ? A ses effets sur le terrain ? Aux propos mesurés des intervenants ? Au «signal» qu'il donne pour de futures réunions ?
Jeudi à Genève, au sortir de deux jours de réunions consacrés à la situation à Gaza, les avis étaient pour le moins partagés. Pour cette première session spéciale du Conseil des droits de l'homme de l'ONU, chacun avait le sentiment de porter une responsabilité particulière. Au-delà de la question israélo-palestinienne en elle-même, c'était en effet une grande part de la crédibilité de la nouvelle institution qui se jouait.
Le résultat: un texte (adopté par 29 voix contre 11) qui s'en prend vivement aux opérations israéliennes à Gaza et décide, notamment, l'envoi d'une mission d'établissement des faits, dirigée par le rapporteur spécial de l'ONU.
«Tenir une session sur les territoires arabes occupés est un très bon début», assurait le représentant de la Syrie, Bachar al-Jaafari. «Nous avons passé notre temps à parler de la résolution qui était sur la table, et non des droits de l'homme. C'est une occasion perdue», semblait lui répondre l'ambassadeur français, Jean-Maurice Ripert, à la sortie de la réunion.
Se montrer suffisamment mordant pour ne pas apparaître comme un organe dépourvu de dents mais, dans le même temps, tâcher de trouver une solution qui éviterait de donner du Conseil l'image d'un terrain où règnent les vains affrontements politiques. Ou, autrement dit, aborder les questions de fond, mais ne pas perdre de vue «l'esprit de consensus»... La Suisse a essayé de trouver la quadrature du cercle en amenant, in extremis, des propositions d'amendements au projet de résolution initial que soutenaient les pays musulmans et arabes.
Propositions suisses
Centrées sur le respect du droit international humanitaire, ces propositions ont été accueillies plutôt froidement par les Occidentaux, Union européenne en tête. Mais elles ont fait un peu leur chemin puisque, en bout de course, elles ont fini par être introduites (sous une forme beaucoup plus édulcorée) dans le texte soumis ensuite au vote.
Après consultation avec la conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey (dont la présence invisible a d'ailleurs été notée par certains intervenants...), la Suisse s'est finalement abstenue lors du vote final. Les Européens, pour leur part, l'ont refusé, comme les Japonais ou les Canadiens, le jugeant clairement déséquilibré en défaveur d'Israël. Enfin, les Etats-Unis, qui n'ont pas pris part aux discussions, se sont aussi dits «déçus» par la teneur du texte.
«La Suisse regrette qu'il n'ait pas été possible de se rallier à un texte consensuel. Cela aurait permis de consolider le Conseil», expliquait un ambassadeur Blaise Godet particulièrement actif. «Nous ne comprenons pas ceux qui ont refusé de voter ce texte et qui donnent ainsi une image brouillée du Conseil», lui répondait le Pakistan. Ah, les délices de la diplomatie...
Sosurces : Le Temps
Posté par Adriana Evangelizt