Les casques bleus avaient brandi le drapeau blanc

Publié le par Adriana Evangelizt

Les casques bleus avaient brandi le drapeau blanc

par Malorie Beauchemin

La mort mardi de quatre observateurs de l'ONU, dont un Canadien, dans des bombardements de l'armée israélienne, dans le sud du Liban, a créé, hier, une vague de remous diplomatiques.

Le secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, avait affirmé la veille que l'attaque de l'État hébreu semblait délibérée. L'organisation de New York a réitéré cette position, rapport préliminaire en main, en démontrant qu'avant que le poste d'observation de Khiam ne soit touché, l'ONU a appelé 10 fois en six heures l'armée israélienne pour demander l'arrêt des bombardements à proximité du bâtiment.

«Il est inconcevable que l'erreur qui a été faite soit qualifiée par l'ONU d'acte qui semble délibéré», s'est insurgé le premier ministre israélien Ehoud Olmert, en exprimant ses «profonds regrets» pour la mort de ces observateurs.

Les critiques à l'égard d'Israël ont fusé de toutes parts, hier, à l'exception marquée des États-Unis, et plus tard du Canada.

Le premier ministre Stephen Harper a refusé de blâmer l'État hébreu pour la mort du soldat Paeta Hess-von Kruedener, de Kingston, en Ontario, membre du régiment d'infanterie légère Princess Patricia.

M. Harper a plutôt jugé que la mort des quatre observateurs était une «tragédie terrible» et a cherché à savoir pourquoi la mission de l'ONU était toujours active en ces temps de guerre, tout en réitérant son appui à la démonstration de force d'Israël.

En poste depuis neuf mois à Khiam, au sein de la mission de l'organisme des Nations unies chargé de la surveillance de la trêve (ONUST), le major Paeta Hess-von Kruedener connaissait les risques grandissant associés à sa position depuis le début du conflit opposant Israël au Hezbollah libanais. Il en avait même décrit les périls dans une missive adressée à CTV.ca la semaine dernière. Ironie du sort, c'est une de ces bombes israéliennes, qu'il s'appliquait à décrire, qui lui a enlevé la vie, mardi soir, à quelques kilomètres de la frontière entre le pays du Cèdre et l'État hébreu.

Confirmation

Le gouvernement canadien a mis toute la journée d'hier avant de confirmer que le Canadien mort lors du bombardement par Israël d'un poste de l'ONU dans le sud du Liban était vraisemblablement le major Hess-von Kruedener, qui avait 20 ans de service dans les forces canadiennes.

Après avoir été en service à Chypre, au Congo et à deux reprises en Bosnie, le major était maintenant en voie de compléter une mission d'un an, en tant qu'observateur non armé pour l'ONU. Il participait ainsi à l'opération Jade, la contribution du Canada à l'ONUST, chargée d'observer et de maintenir le cessez-le-feu entre Israël, l'Égypte, le Liban, la Jordanie et la Syrie. En tout, sept soldats canadiens sont déployés dans le cadre de cette opération. Hess-von Kruedener était le seul Canadien en poste à Khiam.

Dans un courriel envoyé à la chaîne de télévision, le major raconte son quotidien au sein de la mission de l'ONU. Son travail consistait à rapporter toute violation du cessez-le-feu ou de la sécurité à la frontière libano-israélienne. Depuis qu'Israël avait intensifié ses attaques sur le sud du Liban, disait-il toutefois, il était devenu impossible pour lui et ses collègues Casques bleus d'effectuer les patrouilles d'usage.

«Nous avons vu sur une base quotidienne notre position être la cible directe ou indirecte des feux de l'artillerie autant que de bombes aériennes (...). La bombe aérienne de 1000 livres la plus proche est tombée à 100 mètres de notre base», écrivait le major Hess-von Kruedener le 18 juillet.

Dans cette missive, le major décrit ses collègues onusiens, d'origine australienne, chinoise, finlandaise, autrichienne et irlandaise. Le bombardement de mardi a provoqué la mort de trois autres observateurs de la mission onusienne, un Chinois, un Finlandais et un Autrichien. Ces trois pays ont tous condamné, hier, le raid israélien.

La femme du soldat tué, Cynthia Hess-von Kruedener, n'a pas voulu commenter publiquement cette tragédie. Très apprécié de ses collègues militaires, le major était perçu comme un professionnel qui adorait son travail. L'officier Pete Palmer, du régiment Princess Patricia basé à Edmonton, se rappelle un homme «enthousiaste», d'une «excellente condition physique».

Par ailleurs, le Conseil de sécurité n'a pu se mettre d'accord hier soir sur une déclaration condamnant l'attaque par Israël du poste de l'ONU, essentiellement en raison de l'opposition des États-Unis à toute formulation un tant soit peu ferme, ont indiqué les diplomates.

Le Conseil se réunira de nouveau aujourd'hui sur cette question et tentera de trouver un accord, a indiqué l'ambassadeur de France à l'ONU, Jean-Marc de La Sablière, qui préside le Conseil ce mois-ci.

Avec la collaboration du Toronto Star, de Richard Hétu et de l'AFP.

Sources : Cyberpresse

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans ISRAEL LIBAN

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R
Une attaque terroriste « délibérée »…mais pourquoi ?<br /> Robert Bibeau<br /> 27 juillet 2006<br /> <br /> <br /> Les amis d’Israël sont aux abois. L’obséquieux Secrétaire général des Nations Unies, Kofi Annan a été contraint, mercredi, à l’occasion d’une conférence de presse à Rome de suggérer que l’assassinat de quatre casques bleus de l’ONU au Liban Sud mardi « semblait un geste délibéré de la part de l’armée israélienne ». Les faits sont accablants, mais le docile Secrétaire général n’a pas osé aller au bout de son raisonnement et déclarer qu’il s’agissait d’un acte terroriste de la part de l’armée israélienne.<br /> <br /> Rappelons les faits. Mardi le 25 juillet, au cours d’un bombardement intensif de l’armée israélienne au Liban Sud, un édifice des Nations Unies abritant des observateurs de la FINUL a été bombardé et quatre casques bleus ont été tués dont un observateur canadien. Les bombardements dans cette zone étaient récurrents. Cette séance de bombardement a duré 6 heures, il ne s’agit donc pas d’une bombe perdue ou d’un acte fortuit. L’édifice abritant les observateurs était dûment identifié aux couleurs des Nations Unies. L’édifice était occupé par l’ONU depuis des années au vu et au su de l’armée israélienne et, fait très important, les représentants des Nations Unies ont avisé l’armée israélienne à dix reprises que cet édifice abritait des observateurs de la FINUL et ils ont exigés que les bombardements cesse. Enfin, après le bombardement et l’écrasement d’une partie de l’édifice, les bombardements israéliens se sont poursuivis encore longtemps empêchant les ambulanciers et les secouristes de s’approcher et de porter secours aux casques bleus et ce, malgré de nouvelles protestations des représentants des Nations Unies. <br /> <br /> À la lumière de ces faits accablants que pouvait faire monsieur le Secrétaire général sinon « protester énergiquement » même en présence de la secrétaire d’État américaine ? Le premier ministre du Canada pour sa part refuse toujours de blâmer Israël pour cet assassinat délibéré. Le gouvernement canadien n’a même pas convoqué l’ambassadeur israélien à Ottawa. <br /> <br /> Pourquoi l’armée israélienne a-t-elle pris le risque de s’exposer ainsi à l’ire de ses amis en assassinant quatre observateurs de la FINUL ? C’est qu’une réunion des alliés d’Israël et des représentants de quelques pays du Proche-Orient était convoquée mercredi à Rome afin de discuter d’un cessez-le-feu et de l’intervention d’une force d’interposition sous l’égide des Nations Unies à la frontière libanaise afin de prêter main forte aux troupes israéliennes.<br /> <br /> L’armée israélienne ne veut pas que l’ONU commande cette force « d’interposition ». Les observateurs des Nations Unies ne sont pas de bons auxiliaires de combats, ils ne réagissent pas rapidement et il serait plus difficile qu’avec des forces de l’OTAN de les faire déguerpir en cas de nouvelle agression israélienne comme à Jéricho récemment. L’armée israélienne a voulu ainsi signifier aux représentants des Nations Unies qu’ils ne sont pas les bienvenus dans la région et qu’ils devraient profiter de l’occasion, le mandat de la FINUL se terminant bientôt, pour laisser place aux troupes de l’OTAN. <br /> <br /> L’ensemble de la présente agression israélienne dans le Liban Sud coïncide justement avec la fin du mandat de la FINUL et Israël, tout comme les États-Unis, voudraient voir s’installer des troupes de l’OTAN à la frontière libanaise, derrière un champ de ruine de plusieurs kilomètres. Le ministre de la défense d’Israël a été clair à ce sujet, l’armée israélienne occupera le champ de ruine du Liban Sud tant qu’une force d’interposition amie n’aura pas pris position face au Hezbollah. Simon Perez en remet et demande une force d’intervention « musclée » au Liban. <br /> <br /> Il s’agit bien d’une attaque « délibérée », d’une agression terroriste contre les observateurs de l’ONU de la part de l’armée israélienne. Le Secrétaire général des Nations Unies a-t-il compris le message ? Il semble que oui… « La chaîne de télévision Aljazeera vient de rapporter que le soldats de la FINUL sont en train de chasser les habitants de Nakourra qui se sont réfugiés dans le campement des soldats de l'ONU pour fuir les bombardements israéliens. Aljazeera rapporte que les soldats de la FINUL utilisent des chiens pour faire fuir les réfugiés. Sans doute par peur de subir de nouveau bombardements israéliens, les soldats de la FINUL semblent avoir bien compris le message que l'armée israélienne leur a adressé en les bombardant mardi. »<br />
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