Lliban : Trois morts dans un double attentat
Ca recommence et ne rêvons pas, vu ce qu'il se passe à la frontière avec l'armée israélienne qui cherche des poux au Hezbollah, il est fort à craindre que la situation va encore se détériorer. Et ce sont bien sûr les Libanais qui en paieront encore le prix.
Liban: trois morts dans un double attentat à la bombe
visant deux bus
Trois personnes ont été tuées dans un double attentat à la bombe qui a soufflé mardi deux bus de transport en commun au nord de Beyrouth, à la veille du deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafic Hariri.
Il s'agit du premier attentat contre des autobus de transport en commun depuis la fin de la guerre civile (1975-1990).
"Selon les premières informations, il s'agit de bombes qui ont explosé à bord des deux bus" dans la région chrétienne résidentielle de Ain Alak, dans la région du Metn Nord, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la police sous le couvert de l'anonymat.
Il a fait état de trois morts, dont un Egyptien, et de 18 blessés.
Un précédent bilan de l'agence officielle ANI faisait état de 12 morts et dix blessés.
Le bouble attentat s'est produit peu après 09H00 (07H00 GMT) à Ain Alak, à deux km de Bickfaya, village natal du ministre de l'Industrie Pierre Gemayel, assassiné le 21 novembre dans une banlieue de Beyrouth, et de son père, l'ex-président Amine Gemayel, chef du parti Kataeb (phalanges).
Les deux bus, d'une capacité totale d'une soixantaine de passagers, circulaient sur une route de montagne très fréquentée. Une explosion a eu lieu à bord du premier véhicule et le deuxième bus, qui roulait à quelques mètres derrière, a été visé par une deuxième explosion peu après, selon l'armée.
Les explosions ont lourdement endommagé les bus qui transportaient des passagers en provenance des localités chrétiennes de Bteghrine, Ain al-Touffaha et Bikfaya. Le toit de l'un d'eux a été totalement soufflé.
"Nous venions de Bteghrine, lorsque nous avons entendu une explosion énorme", a raconté une passagère, Brigitte Murr, encore sous le choc.
Les forces de sécurité ont bouclé le secteur, alors que les ambulances de la Croix Rouge et de la défense civile évacuaient les victimes. Les deux bus appartenaient à des particuliers des familles Saliba et Gemayel.
Le chef de l'Etat Emile Lahoud, proche de la Syrie, a affirmé que cet attentat "visait les tentatives de réconciliation et de médiation" entre l'opposition menée par le puissant Hezbollah, également proche de la Syrie, et le gouvernement de Fouad Siniora appuyé par l'Occident.
"Il s'agit d'une autre tentative terroriste pour contrôler le Liban par le sang et la répression", a déclaré la ministre des Affaires sociales, Nayla Moawad. "C'est un message clair de menace contre tous les Libanais".
Le député Ibrahim Kanaan, du Courant patriotique libre (du général chrétien Michel Aoun, opposition), qui s'est rendu sur place, a affirmé qu'il était "inadmissible de viser des citoyens innocents".
"Sans unité des rangs, nous ne pourrons pas surmonter cette phase", a-t-il dit, ajoutant que "tout le Liban est visé".
La France a aussitôt condamné ce double attentat. Le président Jacques Chirac a exprimé mardi son "horreur" et sa "consternation" dans une lettre au Premier ministre libanais Fouad Siniora.
Ces explosions interviennent à la veille du deuxième anniversaire de l'assassinat de l'ex-Premier ministre Rafic Hariri, tué dans un attentat à Beyrouth le 14 février 2005 au moment où le Liban était sous tutelle syrienne.
Cet assassinat avait été suivi par une série d'attentats au Liban qui ont visé des personnalités antisyriennes et des régions résidentielles en 2005.
Le Liban traverse actuellement une grave crise politique, l'opposition réclamant le départ du gouvernement Siniora, issu de la majorité parlementaire antisyrienne, la formation d'un nouveau cabinet ainsi que des élections anticipées.
Cette majorité, menée par le député Saad Hariri a appelé à un rassemblement massif mercredi dans le centre de Beyrouth pour marquer le 2e anniversaire de l'assassinat de son père.
Dans le même secteur, l'opposition tient un sit-in depuis le 1er décembre face au siège du gouvernement.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt