Un ministre israélien démissionne après le rapport sur le Liban

Publié le par Adriana Evangelizt

Israël - Première fissure dans la coalition d'Olmert

Eitan Cabel, ministre sans portefeuille du gouvernement israélien d'Ehud Olmert, a annoncé sa démission, ouvrant ainsi une première brèche dans la coalition gouvernementale après le rapport accablant de la commission Winograd sur la guerre au Liban l'été dernier.

"Je ne peux plus siéger dans un gouvernement dirigé par Ehud Olmert", a expliqué lors d'une conférence de presse le ministre démissionnaire, qui appartient au Parti travailliste, principal partenaire de Kadima, la formation centriste d'Olmert, au sein de la coalition.

Cabel a estimé qu'Olmert "devait démissionner" après la publication lundi du rapport d'étape de la commission Winograd qui a désigné le chef du gouvernement, le ministre de la Défense Amir Peretz et l'ancien chef d'état-major Dan Halutz comme les premiers responsables de l'incapacité d'Israël à vaincre le Hezbollah. Halutz a démissionné en janvier dernier.

L'opposition a également réclamé le départ du Premier ministre.

Mardi, la presse israélienne évoquait en termes très vifs "la corde qui se resserre" autour du cou d'Ehud Olmert, qui aurait selon certains journaux "une arme pointée sur la tête".

En revanche, peu de voix se sont élevées au sein de la coalition gouvernementale, que la perspective d'élections anticipées n'enchante guère, pour demander le départ du Premier ministre. Même ses rivaux au sein de Kadima n'ont pas tenté de tirer parti de la situation.

"Je soutiens l'autorité d'Olmert", a déclaré le ministre de la Sécurité publique, Avi Dichter, issu de Kadima, lors d'une cérémonie pour l'entrée en fonctions du nouveau chef de la police israélienne, à laquelle Olmert était présent.

Le dirigeant israélien a pris la parole lors de cette cérémonie mais n'a pas évoqué le rapport de la commission Winograd. Il est apparu confiant et souriant.

"NOMBREUSES ERREURS"

La commission Winograd a critiqué le gouvernement israélien pour avoir approuvé sans discussions la décision de déclencher le conflit mais elle a estimé que le Premier ministre portait "la responsabilité suprême" d'avoir lancé l'offensive terrestre, maritime et aérienne en juillet dernier sans disposer d'un plan d'opérations à la hauteur de la situation.

Cette commission d'enquête, nommée par Olmert après les vives critiques suscitées par sa conduite du conflit, n'est toutefois pas allée jusqu'à recommander sa démission.

Selon un sondage express réalisé par Radio Israël, 69% des personnes interrogées pensent que le Premier ministre devrait abandonner son poste.

De nombreux Israéliens se disent lassés de leurs hommes politiques, au centre récemment d'une série de scandales, et ils sont nombreux à penser que le rapport de la commission Winograd constitue l'erreur de trop pour Olmert.

Ce dernier a reconnu lundi soir être responsable de "nombreuses erreurs" mais a refusé de démissionner, affirmant que son gouvernement "s'emploierait à corriger les défaillances".

Lors de sa conférence de presse, Cabel a déclaré qu'il allait essayer de convaincre son parti de quitter la coalition. Le Parti travailliste compte 19 sièges au sein de la coalition d'Olmert qui en totalise 78 sur les 120 que compte le parlement.

Un rassemblement censé réclamer la démission d'Olmert et de son gouvernement est prévu jeudi à l'appel d'un ancien général, de réservistes qui ont combattu pendant la guerre de l'été dernier et de parents de soldats tués.

Le Premier ministre pourra à cette occasion mesurer l'ampleur de la contestation.

Cent cinquante-huit Israéliens - 117 soldats et 41 civils - ont péri durant la guerre. Environ 1.200 personnes ont été tuées dans le même temps au Liban, dont environ 270 combattants du Hezbollah.

Sources
Le Point

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Ehud Omert

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