Racisme héréditaire

Publié le par Adriana Evangelizt

Là, on voit les racistes. Le Sionisme est raciste de toute façon. Et pourtant, c'est lui qui fait voter les lois contre l'antisémitisme. Franchement, qui est dupe ?

Racisme héréditaire


par Iyad Barghouti

Gilad Sharon, fils de l’ancien Premier ministre Ariel Sharon, a dérogé à la règle du silence par lequel il s’était distingué lors des enquêtes le mettant en cause pour délit de corruption.


Il a décidé de rejoindre le chœur des incitateurs menant campagne contre la minorité palestinienne de l’intérieur, proposant à son tour le retrait de la citoyenneté [1] aux arabes [d’Israël] sans pour autant les déplacer de leur lieu d’habitation.

Dans son article intitulé "Que Taibeh aille à la Palestine " ("Let Taibeh go to Palestine"), publié avant-hier dans le quotidien Haaretz, non seulement il voit "une erreur historique dans le fait que les arabes demeurent dans l’Etat juif" sachant qu’ "ils représentent un problème stratégique", mais il propose de plus de "changer la citoyenneté des arabes d’Umm al Fahm, Taibeh, Jaljulya, Kafr Bara jusqu’à -et y compris- Kafr Qasem."

Sharon Jr. ne limite pas sa proposition du retrait de la citoyenneté aux habitants des deux triangles [2]. "La permutation de citoyenneté sans changement de résidence, écrit-il, pourrait concerner d’autres régions encore.. Les habitants conserveraient leurs demeures et ne perdraient pas un seul dunum de leur terres.. Le changement toucherait uniquement la citoyenneté.. Qui traverse aujourd’hui une de ces localités arabes, n’y rencontre aucun signe distinctif de l’Etat d’Israël. Sur les plans national et culturel, la collectivité arabe appartient à l’autre bord."

Gilad Sharon estime que le leadership israélien doit se concentrer sur les questions d’importance car il ne peut, quelles que soient sa stature, ses aptitudes, et même s’il dispose de ressources humaines exceptionnelles, "disperser ses efforts sur une centaine de fronts."

Il faudrait, selon lui, focaliser sur l’objectif prioritaire, à savoir "Israël et ses citoyens arabes" et "déclarer sans nous gêner ni nous excuser [que] nous voulons vivre dans un Etat démocratique mais qu’aussi nous voulons vivre dans un Etat juif. [Car] Israël a été créé pour être le foyer national du peuple juif [3]... Les guerres, les accords de cessez-le-feu .. ont abouti à la situation présente où le cinquième de la population se trouve être arabe."

Sharon n’est pas une voix isolée ; son opinion, de sinistre augure, reflète les idées racistes qui prédominent dans la culture politique israélienne.

Ce n’est pas que nous attendons de tels fascistes, descendants de criminels, qu’ils confèrent une légitimité à notre présence. Nous soulignons simplement le fait que leurs intentions et desseins expriment ceux des élites au pouvoir. Aurions-nous oublié qui est le Vice-Premier Ministre [4] et qui est le fondateur du parti Kadima au pouvoir ?

De notre point de vue, le problème stratégique tient dans le fait qu’Israël rejette au départ l’existence d’une identité palestinienne indépendante et que la citoyenneté israélienne est fondée sur l’appartenance au judaïsme. Et dans ce contexte, retirer la citoyenneté aux palestiniens de l’intérieur, c’est les priver des droits fondamentaux, consacrer la discrimination raciste et augmenter le nombre des palestiniens sous occupation directe.

Notre communauté palestinienne de l’intérieur est mue par un principe essentiel : demeurer sur sa terre. Et la boussole qui dirige notre action politique est fixée sur une orientation première : œuvrer en vue d’acquérir une citoyenneté nous permettant d’accéder à tous nos droits.

Ni Gilad ni beaucoup de ses semblables ne comprendront le sens d’une citoyenneté démocratique et des droits collectifs des minorités nationales et autochtones ; pas plus qu’ils ne comprendront les principes de justice sociale, d’égalité et de respect de la diversité culturelle, parce qu’ils ne perçoivent la citoyenneté qu’à travers le prisme de l’appartenace religieuse, confessionnelle, ethnique et parce qu’ils se comportent en occupants, qu’ils pratiquent l’oppression et l’exploitation de classe.

Taibeh était palestinienne et le restera Gilad ! Mais toi, rappelle-moi d’où est-ce que ton père a émigré !?

NdT :

[1] On pourrait comprendre qu’il s’agit du retrait de la nationalité, mais le mot plus subtil de citizenship utilisé par G. Sharon suppose une privation plus radicale en ce sens que la citoyenneté implique une participation à la vie collective du pays, une action qui peut influer sur le pouvoir de décision. Le Palestinien d’Israël, pour être admis en tant que citoyen de l’Etat juif doit renoncer aux droits naturels que lui confère son identité culturelle arabe ; en un mot, il ne peut pas être un citoyen arabe d’Israël.

Azmi Bishara a bien expliqué que le rapport citoyenneté-identité culturelle était perçu comme antinomique par l’establishment israélien. Le paradoxe dans lequel a été amené à vivre le palestinien de l’ "intérieur" est infernal dans la mesure où il l’oblige à céder progressivement tous ses droits.

En décembre 2006, le Centre Mossawa (Egalité), association palestinienne de l’intérieur, entre de plain-pied dans le débat constitutionnel en cours dans le pays, en proposant sa " Vision future des arabes palestiniens en Israël" *. Prônant l’égalité des droits, le texte est perçu comme un défi à l’Etat juif : "Les Arabes-Palestiniens, en Israël, devraient se voir garantir une pleine égalité de droits sur base civile-individuelle et nationale-collective.." Deux mois plus tard, Adalah (Justice), le "Centre Juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël" propose à son tour une "Constitution démocratique" destinée à pallier aux lacunes des projets de Constitution avancés par divers groupes israéliens ne se conformant pas à l’esprit de la démocratie.

[2] Région de Galilée à forte densité arabe, le Triangle (Al-Muthallath ) [dans ses deux parties nord et sud], connu également sous le nom de Wadi ’Ara, comprend, outre les importantes agglomérations d’Umm al Fahm et de Taibeh, les villes de Sikhnin, ’Arraba, Deir Hanna ; c’est de là qu’est partie la grande révolte du Jour de la Terre (mars 1976) par suite d’importantes confiscations de terres par les autorités israéliennes qui ont fait intervenir l’armée ; la répression sanglante a meurtri la région. Cette journée a marqué un tournant dans les rapports entre l’Etat juif et la population palestinienne de l’intérieur.

[3] La phrase complète de G. Sharon : "Israël n’a pas été créé pour apporter la démocratie à une région plongée dans les ténèbres de l’ignorance. Israël a été créé pour être le foyer national du peuple juif."

[4] Le vice-Premier ministre israélien, Avigdor Lieberman, est chef de file du parti d’extrême droite Israël Beitenou. Il fait son entrée au gouvernement d’Olmert après la guerre du Liban. Le malaise du Parti travailliste devant cette nouvelle alliance n’a pas été très loin. Un de ses ministres, Ophir Pines Paz, se retire pourtant du gouvernement en expliquant dans sa lettre de démission ne pouvoir s’asseoir « aux côtés d’un ministre qui prêche le racisme ».

* http://www.mossawacenter.org/files/...

Iyad Barghouti - Arabs48
Arabs48.com - 27 avril 2007 - Traduit de l’arabe par M. A.
Sources CCIPPP
Posté par Adriana Evangelizt
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Publié dans RACISME

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