La seconde mort de Yasser Arafat
Les Palestiniens s’entretuent au grand bonheur d’Israël
La seconde mort de Yasser Arafat
Par Abdelkamel K.
“Abou Amar doit se retourner dans sa tombe. Il n’aurait jamais permis que cela arrive”, a déclaré un combattant du Fatah en réaction à la guerre fratricide entre le Hamas et le Fatah, qui détourne les Palestiniens de leur objectif essentiel consistant en la création d’un État au même titre qu’Israël.
Moins de trois années après sa mort physique, dont Israël sera toujours soupçonnée d’en être à l’origine tant que le mystère n’aura pas été résolu, Yasser Arafat a été tué pour la seconde fois par ses propres concitoyens.
Se livrant à une guerre, dans tous les sens du terme, pour le leadership, Hamas et Fatah se sont totalement éloignés du but que leur a assigné le peuple palestinien, à savoir arracher le droit à un État souverain dans la région pour lequel tant de martyrs sont tombés, avec en tête de liste Yasser Arafat.
L’homme qui a défié l’État hébreu pendant plus d’un demi-siècle, y compris quand il a fait l’objet d’un très long siège de la part de l’armée israélienne, n’aurait jamais pensé que les Palestiniens pouvaient un jour faire le jeu d’Israël. Pour bien illustrer la gravité de la situation, un autre militant du Fatah en Cisjordanie dit :
“Ce que le défunt président Yasser Arafat a construit au cours des 20 dernières années, le Hamas l'a anéanti en un an. C'est triste, c'en est fini de notre rêve de libération nationale d'un État en Cisjordanie et à Gaza.”
Anéantir l’œuvre titanesque de Yasser Arafat dans l’unification des rangs palestiniens équivaut effectivement à le tuer une seconde fois parce que cet acte signifie l’éloignement pour ne pas dire l’effondrement total du rêve du peuple palestinien à avoir un État souverain. Pis, c’est le rêve qui se transforme en utopie. En effet, la création d’un État palestinien relève désormais de l’utopie, tant les données sont défavorables aux Palestiniens, plus que jamais aux antipodes les uns des autres.
À cela viennent s’ajouter les conséquences de l'occupation israélienne sur la situation économique, sociale, humanitaire des territoires occupés. Dans un document de quarante-cinq pages, Amnesty International rappelle que la conséquence de l’état de siège imposé par Israël aux Palestiniens est “une économie en ruine et une vie quotidienne rendue impossible par les check points, barrières et autres obstacles qui quadrillent l'espace”.
Un autre rapport du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) indique qu'en raison des multiples restrictions et interdictions imposées par l'occupation, 45,47% de la Cisjordanie sont interdits d'accès pour les Palestiniens ou soumis à un régime de permis de circulation.
Par ailleurs, la Banque mondiale affirme que l'existence de colonies en expansion rapide et l'accumulation des interdictions ou restrictions de circulation imposées aux Palestiniens paralysent toute tentative de réanimation de leur économie.
Cela étant, ces rapports ne laissent planer aucun doute sur le fait que “l'impact dévastateur de la politique israélienne” constitue l’obstacle majeur pour la création d’un État palestinien souverain et viable.
Par leur guerre fratricide, les Palestiniens ont contribué à l’effondrement de leur rêve.
Sources Liberté Algérie
Posté par Adriana Evangelizt