Le marché de dupes d'Annapolis : le gel de la construction des colonies
L'article ci-dessous émanant d'un site sioniste prouve le jeu de dupes que sera Annapolis. Ainsi les Etats-Unis auraient demandé aux Israéliens de faire un geste significatif en "dédommagement" du refus israélien de débattre des questions fondamentales. Et le dédommagement c'est soit le démantèlement des colonies sauvages ou le gel de la construction dans les colonies. Ils ont bien sûr choisi la deuxième solution qui ne les engage à rien, on sait combien ils tiennent leurs promesses. Ce sont les colons qui font la loi en Israël. Quand au second article, il démontre combien les sionistes veulent la paix et combien Sharon prenait les gens pour des cons y compris les juifs d'ailleurs.
Le gel de la construction dans les colonies de Cisjordanie ?
Israël devrait annoncer, avant la conférence d’Annapolis, le gel de la construction dans les colonies de Cisjordanie, rapporte le Haaretz. Selon le journal, cette décision vient en réponse à une demande américaine. Ces dernières semaines en effet, l’administration américaine a demandé à Israël de faire un geste significatif envers les Palestiniens, en « dédommagement » du refus israélien de débattre des questions fondamentales que sont les frontières, le statut de Jérusalem et les réfugiés avant la conférence. Ce geste a pour objectif de signifier aux Palestiniens le caractère provisoire de la présence israélienne dans les territoires palestiniens de Cisjordanie.
Selon des responsables israéliens, les Américains auraient demandé à Israël de faire un choix entre deux mesures : le démantèlement des colonies sauvages ou le gel de la construction dans les colonies. Le gouvernement a choisi la deuxième option, qui est avant tout déclarative et ne mène pas à un affrontement direct avec les colons. L’annonce sur l’arrêt de la construction devrait également aider à convaincre des pays arabes et musulmans tels que l’Arabie Saoudite, les Emirats Arabes Unis et l’Indonésie de participer à la conférence d’Annapolis.
Hier, pour la première fois depuis son entrée en fonctions, Ehud Olmert a reçu une délégation du Conseil de Judée et Samarie, l’organisation représentative des colons de Cisjordanie. Selon le journal, le Premier Ministre s’est peu exprimé lors de cet entretien au cours duquel les colons ont fait part de leur inquiétude face à un gel des constructions qui ne prendrait pas en compte « l’accroissement naturel » dans les colonies.
Toujours selon le Haaretz, la forme et les objectifs des négociations en vue d’un accord permanent entre Israël et les Palestiniens devraient être au centre de la déclaration commune qui sera publiée lors de la conférence d’Annapolis. Cette déclaration devrait se baser sur les décisions du Conseil de sécurité et la Feuille de route, affirmer l’aspiration des deux camps à la résolution du conflit et évoquer les questions fondamentales : les frontières permanentes, Jérusalem, les aménagements destinés à garantir la sécurité, les réfugiés palestiniens et l’approvisionnement en eau. Pour l’heure, les Palestiniens réclament que la déclaration évoque des solutions de principe à ces questions fondamentales tandis que pour Israël l’évocation de ces sujets doit rester globale, sans proposer de solutions.
Le Maariv ajoute que dans le cadre du conseil des ministres de lundi prochain, le gouvernement tiendra son premier débat officiellement consacré à la conférence d’Annapolis. Les ministres devraient également se prononcer sur la proposition d’Ehud Olmert de libérer quatre cents prisonniers palestiniens en vue de la conférence. Selon un sondage réalisé avant-hier par l’institut TNS-Teleseker, seuls 22 des Israéliens sont favorables à la libération de ces prisonniers contre 70 qui s’y opposent.
Sources Israel Valley
La consternante et dangereuse politique d'Israël
par Nessim Cohen-Tanugi
Arouts 7
La politique du gouvernement se veut être dans la continuité de Sharon. Mais c'est une illusion. Celle de Sharon était discutable et risquée, celle d'Olmert est nocive.
Après le retentissant échec de Camp David II et la relance des hostilités par Arafat, Ariel Sharon avait relevé le défi et malgré la pression scandaleuse de l'Europe et la propagande mensongère d'Arafat, il est resté solide et persévérant. Après cinq ans, il pouvait se vanter d'avoir totalement brisé la tentative d'Arafat.
Sharon a cru que la mort d'Arafat allait inaugurer une nouvelle ère.
On a prétendu que Sharon s'était soudain converti à la paix. Ce n'est pas exact. Comme nous l'avions écrit à l'époque, Sharon avait bien choisi de faire la paix, mais une paix très particulière, très paradoxale, en rien comparable à celle d'Olmert. Sa conviction était qu'il n'y avait pas de solution au conflit vu l'absence de partenaire crédible et l'anarchie passionnelle et incontrôlable de la société palestinienne. Son calcul n'était pas une paix visant à une cohabitation entre Israéliens et Palestiniens en vue d'un "mariage", mais exactement l'inverse : en fait une "séparation de corps" d'abord, suivie à court terme par un "divorce".
Tel était le sens de son désengagement de Gaza, conçu comme une opération chirurgicale, non pour faire la paix quand on l'a prétendu mais pour préparer les frontières définitives d'Israël. L'élévation d'une barrière de sécurité devait préparer à ses yeux les futures frontières à l'Est d'Israël, tout en assurant l'étanchéité contre les infiltrations palestiniennes. A la veille de son attaque, il envisageait une troisième étape allant beaucoup plus loin dans la voie du divorce. Ainsi, il avait entamé une réflexion avec l'un de ses conseillers, le démographe della Pergola, pour préparer une nouvelle opération chirurgicale isolant une partie de la Galilée majoritairement arabo-palestinienne, compensée par quelques implantations regroupées autour de Jérusalem. Son but était de réduire au minimum la proportion d'Arabes dans la population israélienne car il craignait que la démographie galopante arabe ne modifie le caractère juif du pays. Avec cohérence, il avait également lancé une campagne tapageuse en faveur d'une aliyah de France ( ce qui avait provoqué quelques remous en chiraquie ). De plus, il a cherché à réduire l'immigration de travailleurs palestiniens au profit d'immigrants d'Asie.
Son "projet de paix" était cohérent mais il ne s'embarrassait d'aucune considération humaine, traumatisant gravement les pionniers de la bande de Gaza, et laissant croire cyniquement aux "idiots utiles" qu'il visait la paix. Il balayait les réticents du Likoud à sa politique, convertissait quelques tièdes par des avantages corrupteurs et "annexait" quelques "éléphants" de gauche comme Pérès.
Sharon était un stratège qui croyait malheureusement que la fin justifie les moyens.
Sa tragique attaque cérébrale a laissé le pouvoir à quelques comparses sans envergure, dirigé par Olmert, politicien obstiné et obtus, secondé par une Tzippi Livni, certes honnête et pleine de bonne volonté mais crédule, ou encore par un Shaoul Mofaz, embarrassé dans ses contradictions, le tout couronné par l'éternel intrigant, Shimon Pérès.
On le voit, son projet de paix était assez différent de celui qu'on nous propose aujourd'hui, qui est au contraire dans la ligne d'Oslo dans l'espoir illusoire d'une paix réelle avec les Palestiniens.
Comme il n'y a plus personne à la barre, cela a laissé les mains libres à une équipe de diplomates américains, des politiciens professionnels au savoir livresque qui tirent impunément et librement les ficelles de la politique israélienne, en vue des seuls intérêts américains et au mépris des intérêt israéliens.
C'est ainsi que Condie Rice a relancé à l'identique l'initiative de paix de Camp David II. Pour la repeindre à neuf, elle l'a rebaptisée d'un nouveau nom, Annapolis, un port touristique très "in", dans le Maryland, proche de Washington.
Le seul avantage d'Israël serait en contrepartie la reconnaissance d'Israël par la quasi-totalité du monde arabe, ce qui n'est pas négligeable certes, mais…
Oui mais les arabes exigent plus qu'une initiative de paix mais la reconnaissance immédiate de l'Etat palestinien, la totalité de Jérusalem Est et, semble-t-il, au moins une certaine part de réfugiés en Israël même.
Mais encore et surtout, la paix, oui, mais une paix de papier. Les questions sont nombreuses et inquiétantes. Des négociations secrètes sont en cours entre Abbas et le 'Hamas. Comment les terroristes palestiniens pourraient-ils être mis à la raison, et par qui ? Par l'armée d'opérette d'Abbas ? Et le Hezbollah ? Et les islamistes d'Al Qaïda déjà installés au Sinaï ? Est-ce la même paix que la parodie offerte par l'Egypte qui répand un antisémitisme virulent, emprisonne les Egyptiens prêts à travailler avec Israël, en mettant à l'index tous ceux qui, de près ou de loin, ont eu des relations avec Israël ?
Que vaut la paix avec des voisins palestiniens en pleine anarchie qui assassinent, violent, et volent impunément ? Que vaut la paix avec une Syrie qui assassine tous le opposants ? Où a-t-on vu des régimes dictatoriaux se transformer en démocratie et en Etat de droit ?
La paix que l'on nous propose est une sinistre parodie. Le projet de Sharon, aussi aventureux qu'il était, valait mieux que cette mascarade.
La vérité est que la classe politique israélienne est corrompue, déjudaïsée et dénuée de tout idéal juif, et que les pacifistes israéliens sont irresponsables et dangereux.
Pour Israël et pour eux-mêmes.
Sources Arouts 7
Posté par Adriana Evangelizt