Autoproclamation de l'Etat d'Israël

Publié le par Adriana Evangelizt

Un peuple libre qui en opprime un autre ne peut pas être libre
Karl Marx

AUTOPROCLAMATION DE L’ETAT D’ISRAEL

par Jacques Decourt



    Au moment même où la Grande-Bretagne remettait officiellement ses pouvoirs à l'ONU nouvellement crée, le 14 mai 1948 à minuit, en pleine guerre les Juifs proclamèrent leur indépendance dans le nouvel Etat d'Israël. A quatre heures du matin David Ben Gourion prononçait un discours radiodiffusé alors que retentissait la Hatikvah, l’hymne national. En voici quelques extraits significatifs ( voir annexes...) :


        “ Le Pays d’Israël est le lieu où naquit le peuple juif. C’est de là que se forma son caractère spirituel religieux et national, qu’il acquit son indépendance et créa une civilisation d’importance à la fois nationale, internationale et universelle, qu’il écrivit le Livre des Livres pour en faire cadeau au monde. Aussi les juifs s’efforcèrent à travers les siècles de retourner dans le pays de leurs ancêtres et d’y reconstituer un Etat. L’Hécatombe nazie qui anéantit des millions de juifs en Europe démontra de nouveau l’urgence du rétablissement de l’Etat Juif, seul capable de résoudre le problème du judaïsme apatride.  En vertu du droit naturel  et historique du peuple juif nous proclamons la fondation de l’Etat juif en terre sainte. Cet Etat portera le nom d’Israël. Il respectera la complète égalité sociale et politique de tous les citoyens sans distinctions de religions de races ou de sectes. Il appliquera loyalement la Charte des Nations Unies. Nous invitons les habitants arabes de l’Etat d’Israël à préserver les voies de la paix et à jouer leur rôle dans le développement de l’Etat sur la base d’une citoyenneté égale et complète. [il est convenu que]toutes les restrictions sur l’immigration et l’achat des terres imposées par la Livre Blanc britannique de 1939 étaient abrogées, mais que toutes les autres dispositions du mandats restaient temporairement en vigueur”.


    Israël est reconnu de facto par les Américains, Truman le reconnaît immédiatement (onze minutes plus tard exactement),  dès  le 15 mai et par les Russes de jure. La France et l’Angleterre ne reconnaîtront Israël qu’en Janvier 1949.    La reconnaissance française de jure de l’Etat hébreu n’est intervenue que très tard, après une longue négociation visant à obtenir l’internationalisation de Jérusalem pour assurer la protection des Lieux Saints. C’est dire que la politique française se voulait neutre ou même favorable aux thèses sionistes d’origine socialiste. Plus tard à l’opposé du gouvernement G.Mollet, qui voyait Nasser ravitailleur du FLN, le quai d’Orsay est resté pro-arabe. Ce qui n’empêchera  plus tard pas la France de livrer aux sionistes des Mystères et des Mirages. Israël sera admis aux Nations Unies la même année.


A tel Aviv, le Conseil national provisoire, précurseur de la Knesset, souhaita que dans la Proclamation d’indépendance que l’Etat juif garantisse “ la plus complète égalité sociale et politique à tous ses habitants sans distinctions de races, de races ou de sexes”. S’adressant aux Arabes sur le point de devenir citoyens d’Israël le document déclarait : “ En pleine agression injustifiée, nous appelons aux habitants arabes de l’Etat d’Israël pour qu’ils préservent la paix et participent au développement de l’Etat en jouissant d’une pleine et égale citoyenneté ainsi qu’une représentation équitable dans tous ses corps et institutions, provisoires et permanents”.


Les historiens et chercheurs seront bien en peine de vérifier sur le terrain la réalisation des promesses inscrites dans ces déclarations. Ils peuvent se demander si ces vœux n’étaient que fourberie ou message adressés à l’opinion internationale pour justifier une indépendance unilatérale donc illicite. En réalité les non-juif seront exclus du partage du pouvoir par le simple fait qu’Israël est Etat juif, conçu comme un sanctuaire et un véhicule de la vie juive et représentant l’apogée du pouvoir et de l’indépendance juive. Cet Etat religieux n’a jamais et ne résoudra jamais la contradiction inhérente à la présence d’une population arabe dans un milieu juif.


    Le rapport Peel, qui date de 1937, proposait la partition de la Palestine entre deux Etats, l’un juif, l’autre arabe, tous deux devant accéder à l’indépendance, Jérusalem et sa région restant sous mandat britannique. Il prévoyait un transfert de population, déjà, pour permettre une homogénéité de chacune des entités. Ben Gourion n’hésita pas à se déclarer favorable, mais qu’il ne considérait pas cette évocation comme la solution finale de la question palestinienne. Car ce pays ne peut être divisé parce qu’il constitue une entité unique, pas seulement d’un point de vue historique mais aussi naturel et économique. Les autorités britanniques, par contre, connaissant mieux que les autres nations la complexité du problème juif en Palestine et toujours soucieuses de ménager leurs intérêts dans le monde arabe, ne sont nullement de l'avis de la Commission Peel. Ils jugent le Plan élaboré comme " irréaliste et impraticable ".Néanmoins ce Plan, outrageusement favorable aux sionistes, va devenir par la suite la pierre angulaire de toutes leurs revendications. Cette proposition dont certaines idées furent reprises a été refusée également par les Arabes et pour les mêmes raisons.


    Les Arabes restés en Palestine (environ 160 000) sont frappés de stupeur : ils sont devenus brutalement minoritaires et étrangers dans leur propre pays et hôtes de leurs ennemis... Le gouvernement militaire instauré entrave leur liberté de déplacement tandis qu'un arsenal de lois entraîne rapidement la confiscation de 40 % à 60 % de leurs terres. Alain Dieckhoff précise qu'" une catégorie juridique tout à fait orwellienne apparaît même : celle des présents-absents. Elle concerne environ 20 000 Arabes qui avaient provisoirement quitté leur domicile pour se réfugier dans les pays arabes voisins ou dans les zones sous contrôle des armées arabes avant de s'en retourner quelques semaines vers leur chez-soi, lequel avait été entre-temps confisqué par le gouvernement israélien ".

 Ben Gourion affirmait “Après la formation d’une armée importante il faudra abolir cette partition et s’étendre à l’ensemble de la Palestine”. Il ajoutera en 1947, qu’après avoir accepté le plan de partage de l’Unscop il faudra envisager un découpage qui  donnera une assurance absolue sur le contrôle qui restera dans les mains de la majorité juive. On ne peut pas être plus clair. Cette volonté, sous divers aspect est pérennisée par la politique expansionniste des divers gouvernements qui se sont succédés par la suite. En ce qui concerne les Arabes chassés, Ben Gourion détermina la position de son pays dès le mois de Juin 1948. Il ordonna que les “villages abandonnés” soient immédiatement occupés par des familles juives, il faisait savoir que dans un cadre d’éventuelles négociations Israël accepterait le retour de cent mille Palestiniens conscient de la disproportion démographique future des ethnies.


La sortie du mandat aurait dû se faire selon les modalités du chapitre XII de la Charte de l’ONU et notamment de son article 79 :
 “Les termes du régime de tutelle, pour chacun des territoires à placer sous ce régime, de même que les modifications et amendements qui peuvent y être apportés, feront l'objet d'un accord entre les Etats directement intéressés, y compris la puissance mandataire dans le cas des territoires sous mandat d'un membre des Nations Unies et seront approuvés conformément aux articles 83 et 85."


    Ainsi, la résolution 181, autrement dit, la proposition de partage aurait dû être accompagnée d'une proposition de référendum d'autodétermination et d'une consultation des pays voisins de la Palestine. Les sionistes violèrent cette résolution, qui prévoyait en plus une période de transition de deux ans (jusqu’en septembre 1949) pour mettre en place l’union économique. Ils tuèrent toute occasion de compromis, rien ne laisse penser que toute tentative de négociation était rejetée. Ils refusaient surtout la création d’un Etat palestinien. Ben Gourion avait tout de même négocié une partition de facto avec l’Emir de Jordanie qui lorgnait une partie du territoire et était d’accord avec les sionistes pour écraser la résistance palestinienne. Abdallah fut assassiné par un palestinien le 20 juillet 1951. Dans sa déclaration unilatérale d’indépendance, Israël n’avait pas prévu de  fixer la taille qu’il aurait une fois devenu adulte. Dans le texte de la déclaration d’indépendance de l’Etat juif, il n’est pas fait allusion à la résolution, ni des frontières, ceci dans l’optique de refuser la création d’un Etat palestinien. On peut discuter à l'infini quant à la conformité de la résolution 181 à la Charte des Nations Unies, à la légalité de la proclamation de l'Etat d'Israël sur un territoire sous mandat, à l'entorse faite au principe les Nations Unies qui ont soutenu le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes, c'est essentiellement dans le cadre de la décolonisation et non dans la perspective de l'émancipation de minorités nationales s'érigeant en peuple.


Il est courant de dire que les Pays arabes en pénétrant le lendemain de la déclaration unilatérale de l’Etat d’Israël, or la guerre était déjà commencée. Dès décembre 1947, des affrontements opposent Juifs et Arabes en Palestine, Israël peut alors réaliser la première partie de son rêve : créer un Etat juif. Il se basera sur plusieurs thèses et mythes qui pourront leurrer la plupart des grandes puissances de l’époque et les sionistes soutiendront une cause qui n’est pas forcément agréée par tout le monde. Surtout par ceux qui seront chassés et considérés de plus en plus comme des étrangers sur leurs propres terres. Cette cause est non seulement théorique, mais irrationnelle puisque basée sur une théologie biblique dont l’authenticité est aujourd’hui mise sérieusement en doute au plan historique. Au sens philosophique, elle est, selon l’une analyse politique, indéfendable. Lorsqu'en 1947 les Britanniques renoncent à leur mandat sur la Palestine et saisissent l'Assemblée générale des Nations unies pour organiser la dévolution du territoire, le Conseil du yishouv se transforme le 1er mars 1948 en Conseil du Peuple de 37 membres, puis le 14 mai, alors que l'Etat d'Israël est proclamé, en Conseil Provisoire de l'Etat qui désigne un gouvernement provisoire présidé par David Ben Gourion, le 14 février 1949, la Constituante vote la Loi de Transition que l'on appellera la Petite constitution. Dans le contexte de crise de l'époque, les dirigeants sionistes, laïcs et socialistes, ne pouvaient ouvertement s'opposer aux religieux qui aspiraient à l'établissement d'une quasi-théocratie, la promulgation d'une véritable constitution risquant de rompre un consensus difficilement obtenu. Sur le plan stratégique les autorités sionistes anticipent les réactions arabes et élaborent le plan D destiné à réprimer les troubles.


Le plan Dalet


    En février 1948, trois mois avant la proclamation de l'Etat, les responsables de la Haganah mettent après le plan Gimmel, le plan Dalet, comme la lettre D en hébreu, prévu seulement après le départ des Britanniques, est mis en œuvre par anticipation : il débute la première semaine d'avril. Ce plan prévoit notamment le contrôle total du territoire alloué par l'ONU, la conquête de nombreuses autres portions de territoire considérées comme vitales, la protection des colonies juives implantées dans ce qui aurait dû constituer l'Etat arabe prévu par l'ONU et, nous dit Benny Morris, " le nettoyage du territoire du futur État juif de toutes les forces hostiles ou potentiellement hostiles ". Cette directive militaire prône des “ opérations contre les centres de population ennemie situés au sein de notre système de défense ou à proximité [...]. Ces opérations peuvent être menées de la manière suivante : ou bien en détruisant les villages (en y mettant le feu, en les dynamitant et en déposant des mines dans leurs débris), et spécialement dans le cas de centres de populations difficiles à maîtriser ; ou bien en montant des opérations de ratissage et de contrôles. Si la Haganah, et le Palmach, doivent assurer les opérations stratégiques importantes, l’Irgoun et le groupe Stern sont chargés de faire régner la terreur parmi les habitants arabes dans le but inavoué de les faire fuir. 


 C'est en trois temps que les responsables juifs ont réalisé ce dessein. 
        
    - Le temps d'insertion correspond à la concentration juive en dehors des zones à forte concentration arabe.
     
    - Les implantations sont volontairement établies dans les zones à forte concentration arabe afin de disputer aux Arabes la possession exclusive du territoire, surtout  lorsque celui ci risque d'échapper au contrôle politique des juifs.
   
    - Le temps de la soudure, en effet, est celui de la formation d'une continuité territoriale par la création de réseaux, routes, transports, qui relient les nœuds dispersés en grappes. La large couverture humaine de la période pré-étatique et le maillage du  territoire, ont ainsi relativisé (masqué) la disparité démographique et permis par la suite la création de l'Etat. Ce programme d’expulsion, qui prendra plus tard le terme de transfert sera évoqué plus loin, lorsque Israël sera au pied du mur.

    Il existe depuis un demi-siècle deux théories qui s’affrontent au sujet de l’exode arabe. L’une, historique, prétend que cette fuite n’est pas le fruit d’opérations menées en fonction d’un plan d’épuration ethnique, mais dans le feu de l’action. L’autre démontre au contraire qu’il s’agit d’un projet concocté par les responsables sionistes bien avant l’autoproclamation de leur Etat. Pour Ilan Pappé, dans The Making of the arab-Israeli Conflict 1947-1951, il ne fait aucun doute que les dirigeants du Yichouv ont bien mis en œuvre un plan d'expulsion des Arabes hors des territoires. Aussitôt les idéologues ou historiens classiques tentent de démontrer qu’ils dénaturent les faits. Un autre historien de la nouvelle génération, Benny Morris est également l’une de leur cible. Les champions de la cause israélienne affirment que les arguments employés proviennent par exemple d’une déformation d’un discours de Ben Gourion prononcé en décembre 1947. Les paragraphes cités sont extirpés du contexte de l’allocution, celui où le chef du futur Etat souligne la nécessite de disposer d’une forte majorité juive, mais non pas celui où, explicitant sa pensée, il voit dans l’immigration juive et non dans l’expulsion des Arabes le moyen de parvenir à cette majorité ou insiste sur l’égalité des droits qui doit régner entre majorité juive et minorité arabe. (cité par M.Gurfinkiel)
    Egalité des droits ! Non-expulsion des arabes ! Là aussi il faudrait replacer le discours dans son contexte, celui par exemple du massacre de Deir Yassin. 

Le  Plan Dalet de l'état-major sioniste notamment, prévu pour être mis en place au départ des Britanniques de Palestine et qui fut appliqué en fait dès le début de 1948, comportait l'évacuation des civils et des opérations d'expulsion au besoin manu militari en direction de la frontière la plus proche. Globalement, on peut dire tout d'abord, d'après le compte-rendu de Moshe Sasson, adjoint du Chef du Département arabe des services de renseignements de l'armée juive de juin 1948, compte-rendu qui semble représenter une référence valable, que la fuite vers l'exil à la suite d'attaques sionistes ou par peur de nouvelles attaques a concerné 70 % des Palestiniens. Si l'existence d'un plan concerté au plus haut niveau de l'Organisation sioniste pour éliminer la population non juive de la Palestine est soutenue par certains historiens juifs modernes, cette donnée est néanmoins contestée par d'autres. Tel est le cas de Benny Morris dans The Birth of the Palestinian Refugee Problem 1947-1949. L'historien conteste tout plan d'expulsion globale et systématique : pour lui sur 369 localités arabes abandonnées, 40 seulement ont été délibérément vidées de leur population par l'armée israélienne. Par contre, il contredit et rejette avec force arguments la thèse officielle israélienne selon laquelle les Palestiniens seraient partis de leur plein gré ou à l'appel radiophonique de la Ligue arabe. Pour lui et pour les nouveaux historiens, les Arabes de Palestine ont quitté leurs villes et villages, avant tout sous la contrainte des forces sionistes, en raison des pillages et des atrocités destinés plus ou moins volontairement à créer la panique : les prétendus appels des Etats arabes et de leurs radios invitant les Palestiniens à quitter leur pays sont de purs mensonges. Il affirme avec force : " Il n'y a pas eu d'ordre arabe demandant aux Palestiniens de quitter la Palestine ".

    Par contre pour Uri Ben Eliezer, comme le rapporte Greilsammer, " il y avait la volonté d'expulser, il y avait une idéologie, il y avait une connivence non écrite entre la direction politique et les militaires et pour cela un ordre explicite n'était pas nécessaire. L'ordre tacite d'expulser n'est que la partie visible de l'iceberg, le reflet d'une culture politique datant d'avant 1948 selon laquelle le départ des Arabes de Palestine allait de soi, était normal et inévitable ".Il faut d'ailleurs savoir à ce propos que, bien avant la création de l'État d'Israël, il existait des "Commissions de transfert" des populations non juives, commissions qui, nous dit encore Greilsammer, devaient agir "comme une sorte de lobby auprès du gouvernement et organiser elles-mêmes la destruction de villages abandonnés ". Elles avaient aussi pour but affiché " de faire en sorte que les Arabes qui avaient fui ne puissent pas revenir sur leurs domaines ".


    Israël Zandwill, écrivain juif de Grande-Bretagne et porte-parole du mouvement sioniste écrit en 1920 : " Nous ne pouvons pas permettre aux Arabes de se mettre en travers d'une entreprise de reconstruction historique aussi précieuse. Aussi devons-nous les convaincre gentiment de "prendre la piste". Après tout ils ont l'Arabie avec ses millions de kilomètres carrés, ils n'ont aucune raison de s'accrocher à ces quelques kilomètres carrés. Plier leur tente et disparaître en silence est leur habitude : qu'ils la mettent donc maintenant en pratique ".


    En 1938, Menahem Ussishkin déclara : " Il n'y a pas que le gouvernement britannique qui puisse procéder au déplacement forcé et, à cet effet, deux choses sont nécessaires : de la poigne anglaise et de l'argent juif ". Tandis que pour David Remez, Président du Comité national, secrétaire général de la Histadrut à la même époque : "Il y a des choses délicates dont il n'est pas facile de parler. Néanmoins nous devons dire ces choses en dépit du risque que cela comporte. Nous devons avoir la force de confisquer des terres dans l'État juif pour le développement et la mise en œuvre du plan de colonisation qui est à la base de la structure tout entière ".


    Quant au directeur du "Fonds national juif", Yosef Weitz, il écrivait en 1940 : " Il n'y a pas de place pour deux peuples dans ce pays. Si les Arabes le quittent, cela nous suffira [...] sinon il n'existe pas d'autre moyen que de les déplacer tous ; il ne faut pas laisser un seul village, une seule tribu. Il faut expliquer à Roosevelt, et à tous les chefs d’Etats amis, que la terre d'Israël n'est pas trop petite si tous les Arabes s'en vont, et si les frontières sont un peu repoussées vers le Nord, le long du Litani, et vers l'Est, sur les hauteurs du Golan ". (Journal, Tel-Aviv, 1965). Et en 1941 : " mes réflexions tournaient autour de ce plan auquel nous pensons depuis des années. Le plan  d'évacuation du pays à notre profit, je connais les difficultés[...] mais c'est seulement du transfert des populations que le salut viendra. Il n'y a pas de place pour nous avec nos voisins. Le développement est un processus trop lent. Ils sont trop nombreux et trop enracinés. La seule manière, c'est de les éradiquer d'arracher leurs racines ". Plus tard il explicitait parfaitement ce qui signifiait en pratique « rendre la Palestine "juive"» : dans son Journal : "Nous devons utiliser la terreur, l'assassinat, la confiscation des terres et la suppression de tous les services sociaux pour débarrasser la Galilée de sa population arabe" (Rapport Koenig dans le journal israélien Al Hamishar du 7 septembre 1976).

    Il faut enfin tordre le cou à un mensonge historique, celui selon lequel Israël aurait toujours chercher la paix avec ses voisins, et n’aurait jamais trouvé de partenaires valables. Le roi de Transjordanie voulait une paix immédiate. M.Sharret, ministre des Affaires étrangères, rapporte : “Il veut [la paix] nous répondons, bien sûr, que nous voulons aussi la paix, mais nous ne devons pas courir, seulement marcher” Il est clair qu’Israël n’a pas couru après la paix, bien évidemment rien ne pouvait laisser supposer que les Etats Arabes auraient à cette époque accepté un compromis, mais cette voie n’a jamais été explorée par l’Etat juif. Ben Gourion, encore lui, affirmait : “ Nous ne devons pas courir après la paix. Les accords d’armistices sont suffisants pour nous. Sinon les Arabes en demanderont le prix : ou des territoires, ou le retour des réfugiés, ou les deux. Il vaut mieux attendre quelques années”

 

 

 

 

 

 

Posté par Adriana Evangelizt


Publié dans HISTOIRE-FALSIFICATION

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